Windlab Amiens : Christophe Porquier accuse la Région de vouloir fermer le centre de formation à l'éolien

La plateforme Windlab, basée à Amiens, propose depuis 2014 une formation au métier de technicien de maintenance des éoliennes. / © J. Arrignon/FTV
La plateforme Windlab, basée à Amiens, propose depuis 2014 une formation au métier de technicien de maintenance des éoliennes. / © J. Arrignon/FTV

Le candidat à la mairie d'Amiens Christophe Porquier accuse la Région Hauts-de-France de chercher à fermer Windlab, centre de formation à l'entretien des éoliennes basé à Amiens. De son côté, cette dernière nie en bloc et assure maintenir le budget nécessaire au fonctionnement du site. 
 

Par MCP avec VP

Tout est parti d’une série de messages publiés par Christophe Porquier le 10 octobre dernier sur les réseaux sociaux. Candidat à la mairie d’Amiens, il accuse la Région Hauts-de-France de saborder Windlab, un centre de formation à l’entretien des éoliennes.
 

En 2013, l’ex vice-président de la région Picardie avait lui-même encouragé la création de cet équipement de formation à la maintenance des éoliennes, sur un territoire où la filière représente près de 2000 emplois. 
 

 Depuis l’arrivée de Xavier Bertrand à la tête de la région, connu pour son désamour des éoliennes, Christophe Porquier dénonce un désengagement pour la filière et notamment pour Windlab. "Déjà fragilisé l’an passé par le retard de paiement d’une certification professionnelle, cet équipement est à nouveau menacé par la région Hauts-de-France qui créé toutes les conditions pour qu’il ne puisse plus former de nouveaux stagiaires pourtant prêts à débuter leurs stages avant d’entrer dans l’emploi" déclare-t-il dans un communiqué envoyé à différents médias picards.
 

Selon lui, la position anti-éolienne de Xavier Bertrand expliquerait la baisse de crédits alloués à la formation : "On a une occasion en or de combiner transition énergétique et emploi local et on détruit l’outil capable de le faire, assène-t-il. C’est un non-sens, on marche sur la tête".
 

Les professionnels de la filière inquiets


Cécile Farineau, déléguée régionale pour France Energie Eolienne, reconnaît avoir été alertée l’année dernière par des stagiaires de la formation. "Ils avaient bien effectués leur formation dans les règles mais ils n’avaient pas reçu leur certification en fin de parcours, raconte-t-elle. Tout cela parce que la Région n’avait pas payé la personne chargée de délivrer les certifications. Sous pression et critiquée, la Région avait fini par régler la facture".

Après ce couac des certifications, la session censée débuter le 21 octobre a été reportée car le responsable chargé de la sécurité sur le centre de formation a quitté son poste et n’a pas été remplacé. Autant de signaux qui inquiètent les professionnels de la filière éolienne, qui ont déjà du mal à recruter des agents de maintenance.
 

De son côté, la Région réfute toute volonté de fermer Windlab. "Il s’agit d’une fake news, répond un proche de Xavier Bertrand. En 2019, le budget de la région pour cette formation est de 199 000 euros pour 20 stagiaires. En 2017, le budget était de 223 000 euros pour 24 stagiaires. La somme engagée pour Windlab évolue simplement en fonction du nombre de personnes inscrites dans la formation, c’est tout".

Concernant l’annulation de la session d’octobre dénoncée par Christophe Porquier, la Région assure que cette formation a simplement été reportée au 18 novembre.

Malentendus ou bras de fer politique : la question de l’énergie éolienne continue de diviser dans les Hauts-de-France.  
 

Le centre Windlab en chiffres

Créé en 2013 et inauguré en 2014, le centre de formation Windlab basé à Amiens se vente d'avoir formé plus de 160 stagiaires à la maintenance des éoliennes. Cette plateforme technique, unique en France, est équipée d'un mât d'exercice de 30 mètres de haut, de trois nacelles, d'un atelier d'électromécanique et d'une cabine pour travaux sur matériaux composites. Selon les chiffres du centre de formation, 78% des stagiaires formés auraient signé un CDI à leur sortie. Parmi les diplômés, 80% sont issus de la région Hauts-de-France et 75% restent dans la région pour travailler. 
 

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