Après deux renvois, le procès des dirigeants du centre d'appels Call Expert d'Abbeville s'ouvre enfin à Amiens

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Écrit par Eline Erzilbengoa
Palais de justice d'Amiens
Palais de justice d'Amiens © FTV

Le procès de neuf cadres du centre d'appels abbevillois Call Expert, dont l'ancien PDG Bertrand Delamarre poursuivi notamment pour faux, usage de faux et escroquerie s'ouvre enfin devant le tribunal correctionnel d'Amiens après avoir été renvoyé deux fois.

C'est un procès attendu par les salariés depuis plusieurs années déjà. Il s'ouvre enfin devant le tribunal correctionnel d'Amiens mardi 29 juin après avoir été renvoyé en mai puis en novembre 2020.

Lors du premier renvoi déjà, l'un des salariés, partie civile au procès, ne cachait pas son impatience. "J'ai tourné la page, mais j'aimerais que ce soit clôturé. Pour qu'il n'y ait plus de rappels, comme le jour de mon anniversaire il y a deux ans, quand on m'a contacté pour venir faire une déposition au commissariat de police. Ça traîne en longueur", confiait David Bachimont, ancien délégué CGT sur le site d'Abbeville. 

Une ascension fulgurante

Tout commence en 2001, lorsque Bertrand Delamarre installe un centre d'appels rue de l'Isle à Abbeville. L'entreprise nommée Ad Marketing à l'époque est spécialisée dans les relations client pour de grandes sociétés. À partir de 2006, la société rebaptisée Call Expert connaît une croissance fulgurante : +20% par an et un chiffre d'affaires de 24 millions d'euros atteint en 2012. La société emploie alors 600 personnes en France dont 490 à Abbeville où se trouve le siège de l'entreprise. 

Face à ce succès, la municipalité n'hésite pas à financer pour 410 000 euros de travaux pour permettre à la société d'installer 90 nouveaux postes de travail. Elle décroche ainsi de nouveaux contrats et obtient des aides publiques pour pouvoir embaucher du personnel. 

Ceci étant, la situation commence à s'envenimer. Selon les salariés, les salaires et les primes d'intéressement sont versés en retard, voire pas du tout. 

Une dette de 18 millions d'euros

En juillet 2013, le tribunal de commerce de Nîmes prononce la liquidation judiciaire de la filiale située à Saint-Christol-lès-Alès dans le Gard (elle employait 107 salariés). Trois mois plus tard, Bertrand Delamarre est interpellé par la brigade financière et mis en examen pour faux et usage de faux, présentation de faux bilans et abus de biens sociaux. Le président fondateur de Call Expert est même brièvement incarcéré, avant d'être placé sous bracelet électronique.

Les salariés découvrent alors que leur patron doit plus de deux millions d'arriérés au fisc et à l'Urssaf. Le groupe a ainsi accumulé une dette colossale estimée à 18 millions d'euros. Le tribunal de commerce place l'entreprise en redressement judiciaire pour une durée de six mois. Le 26 février 2014, le projet de reprise du site d'Abbeville proposé par la société Relaytion est validé par la justice : 330 employés sont licenciés et seuls 160 postes sont conservés,

Outre Bertrand Delamarre, huit cadres sont finalement mis en examen dans cette affaire, à des degrés divers. Le procès doit se tenir devant le tribunal correctionnel d'Amiens jusqu'à jeudi.

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