Coronavirus : peu demandeuses, seules 6% des entreprises des Hauts-de-France ont obtenu un prêt garanti par l'État

Une très faible minorité des établissements de la région ont demandé et obtenu un prêt bancaire garanti par l'État pour faire face au confinement. "Les entreprises ne saisissent pas la balle au bond", regrette la CPME de la Somme.

Moins d'un commerçant sur dix a saisi l'opportunité proposée par le gouvernement.
Moins d'un commerçant sur dix a saisi l'opportunité proposée par le gouvernement. © THIERRY THOREL / MAXPPP
Près de deux milliards et demi d'euros (2,472) de prêts bancaires garantis par l'État (PGE) ont été pré-accordés aux entreprises des Hauts-de-France, pour survivre malgré la crise économique liée au Covid-19. Le ministère de l'Économie et des Finances l'a annoncé jeudi 24 avril, inaugurant un point hebdomadaire national et régional sur ce dispositif.

89% des prêts ont été accordés à des TPE, précisément 14753 très petites entreprises de moins de 10 salariés. Celles-ci ont touché 56% des montants prêtés. 37% l'ont été par des entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 5000 salariés), pourtant moins nombreuses (5% des bénéficiaires).

Au classement des régions ayant obtenu le plus de PGE, les Hauts-de-France ne sont que 7e, en montants... comme en nombre d'entreprises bénéficiaires : 16225, soit 6% des établissements de la région.
 
 

6% des commerçants, 13% des hôtels et restaurants


3980 commerces régionaux ont obtenu un prêt garanti par l'État (PGE). Ce n'est que 6% des professionnels du secteur, mais les commerçants sont si nombreux à la base que ces quelques "élus" constituent un quart (24%) des bénéficiaires du PGE. C'est le secteur d'activité le plus représenté.

Viennent ensuite, à parts égales (16%) : la construction et l’immobilier (2634 bénéficiaires soit 8% des établissements du BTP) et l’hébergement-restauration (2629 entreprises soit 13% professionnels du secteur).

L'industrie ne représente que 7% des entreprises ayant obtenu un PGE.
 
 

Des montants très différents selon le secteur d'activité


En fonction du secteur d'activité, les besoins financiers ne sont pas les mêmes. Les montants des prêts varient donc du simple au triple.

Les prêts accordés aux hôtels et restaurants s'élèvent en moyenne à 72.000 euros. Alors qu'on a vu qu'ils représentantaient 16% des bénéficiaires, en termes de montants, ils n'ont touché que 8% de l'enveloppe globale.

On retrouve ensuite les commerçants. Ils représentent 24% des bénéficiaires : ils ont touché 29% des sommes, soit 181000 euros chacun en moyenne. Les établissements du BTP ont eu accès des prêts à peine plus importants : 195000 euros en moyenne (au total 19% des sommes prêtées sont pour eux).

Dans l'industrie enfin, les bénéficiaires ont beau être rares, les prêts obtenus sont très importants : 356000 euros en moyenne, si bien que le secteur a perçu 17% des sommes prêtées aux entreprises de la région.
 
 

La CPME encourage les entreprises à faire la demande


Alors que les prêts bancaires garantis par l'État sont une aubaine pour des entreprises très majoritairement en difficulté, pourquoi sont-elles si peu nombreuses à les obtenir ?

Pas parce qu'on leur refuse : "il n'y a que 15% de refus", selon le président de la CPME de la Somme, Sébastien Horemans. La raison serait tout simplement... qu'elles n'osent pas faire la demande. 

"Les entreprises ne saisissent pas la balle au bond, regrette le syndicat patronal. Les gens ont le réflexe de se dire 'on ne va pas s'endetter', mais c'est un mauvais calcul : avoir de la trésorerie devient essentiel et, au pire, si d'ici 10 mois ils n'ont pas utilisé cette réserve, il suffira de la rembourser avec moins d'1% de frais."

"On les pousse, poursuit Sébastien Horemans. Une bonne partie de nos adhérents y vont... mais on préconise beaucoup plus de PGE !"

Sur 300 milliards d'euros budgétés par le gouvernement pour ce PGE, moins de 43 ont aujourd'hui été accordés.

 
Au moins 172 entreprises auront du mal à rembourser
Dans son tableau de bord, le ministère de l'Économie précise la "cote de crédit" de quelques entreprises bénéficiaires du PGE, c'est-à-dire une estimation de leur solvabilité. On notera que 172 (1%) en ont une très mauvaise. Elles ont déjà eu un incident de paiement, sont considérées comme "menacées" ou "compromises", voire sont déjà en procédure collective.
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