L'Amiénoise Erika Sauzeau en route pour les Jeux paralympiques de Tokyo : "j'ai du mal à réaliser ce qui m'arrive"

Licenciée au Sport Nautique d’Amiens, Erika Sauzeau a assuré sa qualification pour les Jeux paralympiques de Tokyo, en décrochant 2 médailles d’or les 5 et 6 juin derniers en Italie. Un exploit puisqu'elle ne pratique ce sport que depuis un an et demi. 

Licenciée au Sport Nautique d’Amiens, Erika Sauzeau a assuré sa qualification pour les Jeux paralympiques de Tokyo, en décrochant 2 médailles d’or les 5 et 6 juin derniers en Italie.
Licenciée au Sport Nautique d’Amiens, Erika Sauzeau a assuré sa qualification pour les Jeux paralympiques de Tokyo, en décrochant 2 médailles d’or les 5 et 6 juin derniers en Italie. © FTV

"C'est hallucinant ! J'ai du mal à réaliser ce qui m'arrive. C'est une aventure folle". Erika Sauzeau a de quoi se réjouir. En à peine un an et demi, la rameuse handisport se hisse au plus haut niveau sportif.

Licenciée au Sport Nautique d'Amiens, elle a décroché le week-end dernier 2 médailles d'or à Gavirate en Italie.

"On a fait 2 régates internationales. C'est la seule fois à ce niveau où il y a deux courses. Ça nous permet de tester les équipages puisqu'on peut les changer d'une course à l'autre. On avait un objectif sur la première régate, c'était de confirmer notre supériorité sur les Italiens. Ce qu'on a réussi puisqu'on est passé sous la barre des 7'. On a fait 6'58''86. On obtient le 2e record mondial. puis on a enchaîné la 2e régate l'après-midi avec des conditions météo difficiles. On a encore confirmé notre supériorité par rapport aux Italiens avec un chrono de 7'00''99". 

Déjà en avril dernier, la jeune femme gagnait une médaille d'argent aux championnats d'Europe. Un palmarès exceptionnel qui lui assure, même si ce n'est pas encore officiel, sa participation aux Jeux paralympiques de Tokyo en Quatre barreur PR3 mixte. Le comité paralympique doit se réunir le 14 juin.

"C’est une proposition du directeur sportif du comité paralympique et sportif français qui m’a fait cette proposition d’essayer l’aviron puisqu’une athlète s’est désengagée c’est-à-dire que la coque est qualifiée pour Tokyo mais il leur manquait  une athlète dans le bateau donc il m’a proposé de tenter l’aventure et ça a matché".

Et pourtant, la vie de cette jeune femme de 39 ans n'a pas été un long fleuve tranquille.

"C’est le sport qui m’a permis de me raccrocher à quelque chose"

Originaire de Beauval, au nord d'Amiens, Erika se fait renverser par un bus alors qu'elle se trouve sur un passage piéton : "C'était il y a une vingtaine d'années. L'accident a occasionné 5 opérations au niveau du genou gauche et reconstruction. Tout s’est bien passé puisque j’étais monitrice de sport dans l’armée de l’air, preuve que ça roulait pour moi". Malheureusement le sort s'acharne, Erika subit un 2e accident fin 2013. "Un accident de travail. Je ne vous cache pas que j'étais au fond du trou. J'ai développé des douleurs importantes. Je suis restée sous morphine pendant 5 ans avec des phases d'hospitalisation. C’est le sport qui m’a permis de me raccrocher à quelque chose et de nouveau pouvoir me dépenser sur un terrain de sport". 

Tennis, basket fauteuil, c'est finalement le rameur qui remporte la palme. À l'approche des JO, l'intensité monte. L'athlète est à l'entraînement avec Bastien, un sparring-partner de son club amiénois. elle suit une préparation spécifique, adaptée à son sport et son handicap. En trois tours de quinze ateliers, Elle soulève plus de 10 tonnes de fonte !

"70 tirages rowing, ça pique"

"Pour moi par rapport à la jambe, effectivement lorsqu’il s’agit de faire des squats ou de la presse, ma position se reporte beaucoup sur la jambe droite tout en essayant de garder le buste droit pour faire mes flexions, ce qui n’est pas forcément évident. Mais j’aime bien ça, sinon, je ne le ferais pas du tout, qu’on soit bien d’accord. Maintenant quand j’arrive dans le dur, sur la fin des répétitions, quand on enchaine 70 tirages rowing, ça pique. Les 10 dernières sont difficiles à passer. On se dit que 'c’est quand on est dans le dur qu’on travaille le mieux' . Il faut vraiment être dans la technique parce qu’en course, quand on est à bout de force, il faut quand même rester lucide et envoyer du lourd".

Envoyer du lourd tout en composant avec la douleur du handicap, toujours présente. "Oui, à chaque sortie. Mais on fait abstraction sinon on ne rame plus. Maintenant il faut savoir aussi écouter son corps et lever le pied quand c’est nécessaire. les barrières on les met toute seule. Il faut accepter son handicap et ses douleurs. Dans le sport, tout est accessible, il faut juste adapter".

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