Les mathématiques font leur retour au lycée, "c’est la preuve que la réforme Blanquer était mal préparée"

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Écrit par Sylvia Bouhadra .

Le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye l’a annoncé dimanche 13 novembre : les mathématiques feront leur retour au lycée à la rentrée 2023, pour tous les lycéens en filière générale, dès la classe de première. Pour le syndicat Upsen-CGT Éduc'action, il s'agit d'un désaveu de la réforme Blanquer.

La réforme Blanquer les avait retirés du tronc commun en 2019. En 2023, les mathématiques feront leur retour. La matière sera obligatoire pour tous les lycéens en filière générale, en première et terminale, a annoncé dimanche 13 novembre Pap Ndiaye le ministre de l’Éducation nationale.

Les élèves auront obligatoirement une heure et demie de mathématiques par semaine, quelle que soit leur spécialité. Cette annonce solde l'une des mesures les plus controversées de la réforme Blanquer, qui rappelons-le avait notamment entraîné la disparition des séries L, ES et L au profit d’une dizaine de spécialités.

Une réforme Blanquer mal préparée ?

Pour Benoit Drouart, secrétaire général Upsen-CGT Éduc’action de Picardie, cette annonce est un désaveu : "C’est la preuve que la réforme Blanquer était mal préparée", constate-t-il.

"À l’époque, la matière a été supprimée, car il n’y avait pas assez de profs. Et maintenant que l’on constate que le niveau en mathématiques n’est pas bon, on la remet. Ils font les choses en catastrophe", poursuit le syndicaliste. "Les réformes Blanquer étaient imposées avec autoritarisme, mais elles n’étaient pas réfléchies", ajoute-t-il.

Un manque de professeurs

Dans un contexte de crise au sein de l’Éducation nationale, face à cette nouvelle réforme, l’inquiétude du syndicat porte principalement sur la question du recrutement : "Nous sommes dans une période où il y a des démissions et où les profs restants font entre 40 et 50 heures par semaine. Comment ça va se passer ? Est-ce que cela va se traduire par des heures supplémentaires ?", s’interroge Benoit Drouart.

"Les choses sont mal préparées, on ne s’inquiète jamais de comment on va les mettre en place sur le terrain", fustige le syndicaliste. Pour le secrétaire général Upsen-CGT Educ’action de Picardie, "embaucher des profs de maths convenablement payés et qui trouvent de l’épanouissement dans leur travail" serait la seule solution.

Le directeur de Sciences Po Lille, Pierre Mathiot, reconnaît aussi sur Franceinfo que les élèves doués en mathématiques ne sont pas assez nombreux et que les filles ne sont pas assez représentées. 

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