Maltraitance animale : les abattoirs de Montdidier écopent de 31 000 euros d'amende

Des militants de l'association 269 Life libération animale en septembre 2017, devant les abattoirs de la Talaudière, près de Saint-Étienne. / © Celik Erkul/MaxPPP
Des militants de l'association 269 Life libération animale en septembre 2017, devant les abattoirs de la Talaudière, près de Saint-Étienne. / © Celik Erkul/MaxPPP

Accusés de "risques sur la santé publique", les abattoirs de Montdidier ont été condamnés à 31 000 euros d'amende, mercredi 17 janvier. L'entreprise s'est retrouvée dans le collimateur de la justice et d'associations pour la cause animale après la publication d'une vidéo compromettante en mai 2017.

Par V.P.

La comparution devant la justice du directeur de l'abattoir de Montdidier (Somme) était attendue. Celle-ci n'aura finalement jamais lieu en public : le prévenu et les juges ont préféré plier l'affaire entre eux, à huis-clos. L'entreprise avait accepté le principe du plaider-coupable lors de son audience, le 17 janvier.

France 3 Hauts-de-France s'est procuré la décision de justice. La société nouvelle d'abattage de Montdidier a été condamnée sur toute la ligne et récolte sept amendes, pour un montant s'élevant à plus de 31 000, dont trois quarts avec sursis. Les faits reprochés à l'entreprise sont graves : l'entreprise samarienne est accusée de maltraitance animale, de détention de denrées toxiques ou encore de menaces sur la santé publique. Contactée par nos soins, elle n'a pas souhaité s'exprimer.

Un lanceur d'alerte inconnu


En mai 2017, un homme s'était invité de nuit dans l'abattoir afin, expliquait-il dans une vidéo de médiocre qualité, d'"inspecter si les cochons étaient bien entretenus". La captation et l'intrusion s'agirait d'une initiative individuelle, mais depuis des mois, Montdidier est dans la ligne de mire des militants de la cause animale, notamment de l'association 269 Life libération animale. Ces derniers réfutent être les auteurs ou les instigateurs de la vidéo.



Les militants de la cause animale avaient organisé deux nuits d'occupation des lieux en septembre 2017. Une opposition pacifiste à l'extérieur, insuffisante pour savoir ce qu'il se passe à l'intérieur du bâtiment.

De nombreux contrôles et rappels à l'ordre


En principe, l'État est censé veiller en permanence sur les conditions sanitaires de l'entreprise. Un vétérinaire et quatre agents des services de la préfecture inspectent chaque jour chaque bête, de l'arrivée à la découpe. Et ces représentants de l'Etat peuvent sévir. "Si les agneaux sont malade, ils seront pas abattus et n'iront pas sur la chaîne de consommation. Cela entraîne aussi des poursuites pénales administratives contre cleui qui a amené l'animal mais aussi l'abattoir car il a accepté qu'un animal malade rentre dans sa structure", signale Luc Challemel du Rozier, directeur départemental protection des populations.

Avant d'en arriver à une condamnation au tribunal, ces entreprises d'abattage font l'objet d'une série d'avertissements. Visiblement, le dirigeant de l'abattoir y est resté sourd. Et il préfère aussi rester muet lorsqu'on lui demande d'expliquer ces condamnations embarrassantes. Il n'a pas souhaité nous répondre malgré nos nombreuses sollicitations.

►Notre reportage à Montdidier (Somme)

Suites de la condamnation du directeur des abattoirs de Montdidier
Intervenant : Luc Challemel du Rozier, sirecteur départemental protection des populations. - France 3 Hauts-de-France - Reportage : Pierre-Guillaume Creignou et Thomas Porlon. Montage : Pierre-Olivier Pappini.

 

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