Dans la Somme, la sécheresse met à mal la production de pommes de terre

Le manque de précipitations en cette année 2018 inquiète les grands producteurs picards de pommes de terre : leurs tubercules, moins nombreux et plus petits, seront moins prisés par les industriels. Rencontré par France Culture, un agriculteur samarien recommande la création de nouvelles variétés.
Une parcelle de pommes de terre dans la Somme (photo d'illustration).
Une parcelle de pommes de terre dans la Somme (photo d'illustration). © Christian Watier/Max PPP
L'année 2018 a été, dans la Somme comme dans de nombreux départements français, une année avare en précipitation. Ici, il faut remonter à 1976 pour retrouver une période sèche aussi longue. Au Plessier-Rozainville (Somme), Jean-Michel Damay scrute chaque jour les relevés pluviométriques.

"Depuis janvier, nous n'avons eu que 250, voire 300 millimètres [de pluie], soit deux fois moins que d'habitude, explique à France Culture ce producteur de pommes de terre. Celles-ci, souligne-t-il, "ont besoin de 200 millimètres d'eau" pour être correctes.
 

Moins de chips et des frites moins longues

Pour pallier le problème, Jean-Michel Damay a recours à l'irrigation, ce qui lui coûte tout de même 20 à 30 centimes par pomme de terre. Ce n'est pas tout : ses rendements vont diminuer de 15 à 20% cette année. "Le rendement est une chose, mais il faut savoir que la qualité du tubercule est aussi quelque chose de primordial pour les industriels. Lorsque'une pomme de terre ne peut pas être exploitée pour faire de la chips, il y a très peu de destination."

"Pour les frites,
poursuit-il, on est obligé de les raccourcir - le consommateur pourra le percevoir - car les pommes de terre sont plus petites cette année. Et pour les industriels, ce sont forcément des processus plus difficiles à mettre en oeuvre."

Selon cet exploitant, il faudrait que les agriculteurs se basent davantage sur la recherche. "On exploite des variétés qui ont plus de 20 ou 30 ans, et qui ont été conçues sur des principes de température et de pluviométrie normales. Il est clair que certaines variétés sont vouées à disparaître. Mais la recherche variétale nous permet aujourd'hui d'aborder de nouvelles variétés plus productives et moins exigeantes en eau." Le hic ? La recherche met 10 ans à trouver une nouvelle variété, auquel il faut ajouter 5 ans d'adaptation pour l'industriel.
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