Rentrée scolaire 2023 : nombre de professeurs, accompagnement des élèves, quels moyens dans l'académie d'Amiens ?

Il y aura moins de professeurs dans l'académie d'Amiens en raison de la baisse démographique. Pour autant, tous les postes seront pourvus à la rentrée promet le nouveau recteur Pierre Moya qui incite les enseignants à accepter de prendre des missions complémentaires.

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La traditionnelle conférence de presse de l'académie d'Amiens pour la rentrée 2023 a eu lieu jeudi 31 août à Ailly-sur-Somme. L'occasion pour le nouveau recteur Pierre Moya de présenter les priorités fixées par le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, et de les décliner au niveau local. 

Dans l'académie d'Amiens, 346 000 écoliers, collégiens et lycéens vont bientôt reprendre le chemin de l'école. C'est moins que les années précédentes et cela explique la baisse du nombre de professeurs.

Dans le premier degré par exemple, on compte 3 800 élèves en moins par rapport à l'an dernier, ce qui correspond à une baisse de 77 équivalents temps plein (ETP). Même scénario dans le second degré avec 600 élèves en moins et 65 ETP supprimés.

Malgré cette baisse démographique, le recteur assure que toutes les classes seront assurées. "Nous avons recruté des contractuels dans les mêmes niveaux que l'année dernière, explique Pierre Moya. La plupart qui seront présents à la rentrée étaient déjà présents l'année dernière.

Mais ce qui préoccupe surtout à la veille de cette nouvelle rentrée, c'est la reconnaissance du métier et l'avenir.

Une revalorisation salariale pour les professeurs

Dans une étude réalisée par l'UNSA, qui représente un peu plus de 1 000 personnes des métiers de l'éducation interrogées dans l'académie, quand près de 41% répondaient oui à la question de savoir s'il recommanderait son métier à un jeune en 2016, en mars 2023, ils n'étaient plus que 17%.

Dans ses priorités, l'Éducation nationale insiste sur la reconnaissance par le salaire. Tous les enseignants bénéficieront d'une revalorisation salariale. "À la rentrée, tous les professeurs toucheront 125 à 250€ net de plus par mois", précise Pierre Moya. À cela s'ajoute le pacte enseignant, qui doit en priorité entraîner le remplacement "systématique" des enseignants absents, grâce à des missions rémunérées qui s'ajoutent au temps de service, sur la base du volontariat. "Le pacte, c'est la reconnaissance des enseignants qui acceptent de prendre des missions complémentaires que l'on rémunère davantage ou des missions qu'ils exerçaient autrefois sans être rémunérés. On souhaite les valoriser et on organise des emplois du temps pour cela."

Déjà au lendemain des annonces de Gabriel Attal, les syndicats émettaient un doute sur ce pacte. "C'est le miroir aux alouettes, réagissait Franck Davion, représentant du syndicat FO lycées et collèges dans la Somme. C'est une pseudo-revalorisation, contre beaucoup de travail en plus et un suivi de ce travail. Ce n'est pas ça qui va répondre à nos besoins." 

"La revalorisation touchera une partie des enseignants et pas tous, notamment ceux qui sont en début de carrière", complétait Sylvia Marié, secrétaire académique adjointe du syndicat SGEN-CFDT. "La revalorisation sera basée sur le volontariat des enseignants. S'ils ne veulent pas participer à ce pacte, ils ne seront pas revalorisés." Guillaume Ancelet, secrétaire départemental FSU de la Somme, réclamait quant à lui une revalorisation "sans contrepartie".

"Élever le niveau des élèves"

Une autre priorité pour cette année est "d'élever le niveau des élèves", lance le recteur. "Les mesures mises en place, notamment les dédoublements de classe, ont clairement porté leurs fruits. On le voit dans les évaluations internationales. Pour la première fois, la France a inversé la tendance. Et on le voit dans les évaluations académiques, j'ai pu regarder notamment les évaluations en REP+ qui montrent une réduction des écarts par rapport aux autres élèves. Donc, il faut continuer."

Pour cela, de nouvelles évaluations académiques auront lieu en classe de CM1. L'idée est de "repérer les difficultés des élèves et on va davantage être en situation de remédier aux difficultés", insiste le recteur. Ainsi, dès l'école primaire, deux heures seront consacrées chaque jour à l'apprentissage et la pratique de la lecture au CP. Lancé à titre expérimental en 2022 dans 17 écoles de la Somme, ce plan d'action se généralise en 2023 à l'ensemble de la circonscription. Plus d'une trentaine d'écoles sont engagées. Quant aux élèves de CM2, ils devront produire "au moins un texte écrit" chaque semaine, comme l'avait annoncé le nouveau ministre de l'Éducation nationale.

Par ailleurs, au collège, tous les élèves de 6e bénéficieront d'une heure de soutien en français et en mathématiques. Le dispositif "devoirs faits" sera également généralisé. 32,6% des collégiens de l'académie en ont bénéficié l'an dernier avec une moyenne de presque 2h par semaine. Des données qui placent l'académie au-dessus de la moyenne nationale (29% de bénéficiaires en France).

Mais cet objectif d'élévation du niveau des élèves inquiète les professeurs qui devront, selon eux, en assumer la responsabilité. "Si on lit entre les lignes, on n'a l'impression que le ministre, et le recteur par conséquence, attribue la responsabilité de l'élévation du niveau des élèves au fait que les enseignants signent le pacte donc on n'a l'impression que potentiellement si on ne signe pas le pacte, c'est qu'on ne souhaite pas améliorer le niveau général des élèves ou alors qu'on nous fera le reproche dans deux ans ou dans trois ans si on est encore à la ramasse dans les évaluations internationales. On n'a l'impression que ça va leur retomber dessus alors que les enseignants n'ont pas demandé d'avoir des missions complémentaires", souligne Guillaume Ancelet, secrétaire départemental FSU de la Somme. 

280 postes supplémentaires d'AESH

Dans cette continuité éducative, une expérimentation va aussi être mise en place. Certains établissements resteront ouverts entre 8h et 18h. Un à Saint-Quentin, un autre à Soissons, un à Amiens et un dernier dans l'Oise. Ces quatre collèges montent à quinze, le nombre de cités éducatives.

En ce qui concerne la scolarisation des élèves en situation de handicap, 6500 postes supplémentaires sont créés. Le nombre de ces élèves augmente régulièrement depuis plusieurs années. +65% en moins de dix ans. Pour une meilleure prise en charge, l'académie ouvre 280 postes supplémentaires d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) en cette rentrée 2023.

Pour la prise en charge des enfants atteints de troubles autistiques, trois nouvelles unités ouvrent, une dans chacun des trois départements, ce qui porte à trois le nombre d'unités autisme dans l'académie.