Restauré pendant 3 ans, le moulin de Stavèle fait son grand retour à la Cité souterraine de Naours dans la Somme

En 2017, le moulin de Stavèle a été démonté en raison de son mauvais état. Désormais restauré, il fait son retour à la Cité souterraine de Naours dans la Somme.
Le grutage du moulin a débuté le 16 juin. Le 23 juin, les équipes ont procédé au posage de la tête.
Le grutage du moulin a débuté le 16 juin. Le 23 juin, les équipes ont procédé au posage de la tête. © France Télévisions / JEAN-PIERRE Clément

Avec son voisin le moulin du Belcan, le moulin de Stavèle est l'emblème de la Cité souterraine de Naours dans la Somme. Avant son démontage en 2017, il surplombait le site. Abîmé par le temps et les intempéries, le monument a été restauré par des charpentiers de l’Aube. Depuis le 16 juin, les pièces qui le composent sont en train d’être remontées.

"C’était important de le restaurer d’abord parce que ces moulins sont à Naours depuis 1960 donc en voir disparaître un, c’était juste impossible", raconte Monique Lefer, de l’association Norpatrimoine, initiatrice du projet de restauration.

Un moulin daté du XVIIe siècle

Construit en 1662 à Stavèle (d’où son appellation la plus courante), le moulin de Westmolen de son vrai nom était à l’origine exploité en Belgique par la famille Butaye. Comme tant d’autres jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale, ce moulin à vent sur pivot permettait de nourrir les humains et les animaux.

En 1963, le moulin de Stavèle a été ramené à Naours depuis la Belgique par Raymond Martin, propriétaire des Grottes de Naours. À cette époque, l’industrialisation l’a contraint à l’inactivité comme les autres moulins à vent. Sa fonction n’était alors plus que décorative.

Pourtant classé à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, les intempéries ne l’ont pas épargné et il menaçait de s’effondrer.

Plus de 4 500 heures de travail pour sa restauration

En 2014, le projet de restauration du moulin débute. L’association Norpatrimoine missionne Erwin Schriever, charpentier venu des Pays-Bas, le pays des moulins à vent, à la réalisation du chantier.

Trois ans plus tard, le démontage débute. Le piédestal et les bois démontés furent stockés sous abri en attendant le remontage. Dans leur atelier de l'Aube, il aura fallu à l'artisan et ses collègues… Plus de 4 500 heures de travail.

Il faut savoir que c’est une vieille dame qu’il faut restaurer avec délicatesse parce qu’elle date du XVIIe et il y a des pièces très anciennes. On essaye d’en garder au maximum pour respecter le monument historique tel quel.

Erwin Schriever

Coût de l'opération : 518 000€, financés en grande partie par la Fondation du patrimoine.

En cette fin mai, les pièces sont revenues. Les opérations d’assemblage puis de remontage des divers éléments s’enchaînent et les ailes tourneront à nouveau au cours de l’été.

Une vocation pédagogique

"Quand on a initié le projet, finalement, on s’est vite aperçu que mettre ce moulin sur pied et en le faisant fonctionner, ça pouvait apporter beaucoup de choses", explique Monique Lefer. Car une fois remonté, le moulin de Stavèle aura en effet une vocation pédagogique. Visites, ateliers autour de la farine, du vent ou encore des engrenages, seront organisés.

"Au niveau économique, ça donne une plus-value extraordinaire et un rayonnement fantastique pour le nord de l’Amiénois", explique Jean-Michel Bouchy, le Maire de Naours. "C’est une offre supplémentaire qui s’ajoutera à la Cité souterraine et qui va être extrêmement pédagogique".

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