130 hectares partis en fumée dans la Somme en juillet, les pompiers en alerte face aux fortes chaleurs des prochains jours

Publié le Mis à jour le
Écrit par Anas Daif avec Camille Di Crescenzo et Madeleine Le Page

Pas moins de 130 hectares de champs ont brûlé en juillet dans la Somme à cause des fortes chaleurs et de la sécheresse. Les pompiers du département se préparent aux prochains jours où les températures devraient atteindre les 40 degrés par endroits.

"On part du feu de blé, au feu de chaume, au feu de marais, aux feux d'espaces naturels". Pas de répit pour les sapeurs-pompiers de la Somme en cette période estivale. Depuis le 1er juillet, ils recensent 132 interventions, 130 hectares brûlés, et 945 sapeurs-pompiers mobilisés. Sur la journée du 13 juillet seulement, près de 65 hectares ont été brûlés. 

Ce samedi également, plusieurs feux de culture ont éclaté à cause des fortes chaleurs et de la sécheresse. Rien qu'hier, 11 hectares de champs ont brûlé entre Allaines, Moreuil, Vignacourt et Lamotte-Brebière. Les soldats du feu ont réussi à en préserver 37. Pas moins de 6 interventions ont été recensées et 133 sapeurs-pompiers ont été dépêchés sur place. Aujourd'hui, plus d'une dizaine de feux ont été combattus. 

Partout en France, les casernes et centres de pilotage sont sur-sollicités. Ils risquent de l'être encore plus dans les jours qui viennent. Ce mardi, on attend des températures qui devraient atteindre les 40 degrés dans la région. Elles pourraient faciliter les départs de feu.

Les pompiers de la Somme sur le qui-vive

Les sapeurs-pompiers sont donc sur le qui-vive. Pour lundi, la situation risque d'être difficile "compte tenu des indicateurs en notre possession, avec des indices de sécheresse élevés, une météo défavorable avec une forte chaleur, un taux d'hydrométrie assez bas, et des indicateurs qui nous placent dans des situations assez tendues", indique le Lieutenant-colonel Lionel Tabary, chef de site départemental.

La journée de demain et celle d'après demain sont à craindre.

Lionel Tabary, chef de site départemental Somme

Pour mener à bien leur travail, ils disposent de cartes transmises par Météo France qui "permettent de prendre en compte la situation et de décider de notre renforcement sur le territoire." Et au regard des différents indices et de la situation, cela "permet de renforcer notre dispositif sur les centres de secours, à savoir la mise en place de gardes postés dans les centres de secours qui disposent d'un moyen d'incendie hors chemin et hors route". 

Autrement dit, "pour la journée de demain, par exemple, une vingtaine de centres vont être renforcés avec du personnel posté prêt à intervenir immédiatement." Le lieutenant-colonel ajoute que "les indices d'éclosion des incendies de végétation morte demain sont quasiment au maximum", même chose pour les "indices de sécheresse des végétaux vivants". La réponse est donc renforcée.

Du matériel spécifique pour faire face aux départs de feu

Camion citerne rural, camion citerne feux de forêt, drone... Les pompiers mettent les bouchées doubles pour répondre efficacement et rapidement aux incendies.

D'abord, il y a le camion citerne rural, "qui sert autant pour l'urbain que pour le milieu rural pour éteindre des feux en espaces agricoles avec des capacités de franchissement limitées", explique Olivier Devin, sapeur-pompier volontaire du SDIS 80. 

Ensuite, on retrouve le camion citerne feux de forêt "qui a une garde au sol beaucoup plus élevée et qui permet des franchissements beaucoup plus aisés dans des milieux boisés, marécageux ou maritimes."

Pour les deux véhicules, on peut ajouter une lance qui se met sur le toit "et qui va permettre au conducteur avec son poste de pilotage" de l'actionner. "Le chef d'agrès qui est sur la gauche avec une télécommande va pouvoir l'actionner et diriger le jet de la lance" sans que les troupes ne sortent et se mettent en danger. 

Enfin, le drone pourra donner "une vue globale de l'intervention et ainsi fixer les priorités par rapport aux zones sensibles à défendre", précise Quentin Goffart, sapeur-pompier volontaire.

Les soldats du feu peuvent aussi compter "sur les cultivateurs qui nous donnent d'énormes coups de main sur l'extinction en participant activement avec leur matériel pour déchaumer et pour nous aider à éteindre plus rapidement les incendies".

Ces journées seront cruciales pour savoir si nos capacités opérationnelles pourront absorber le flux d'interventions, qui risque d'être mis à jour pendant ces deux prochaines journées.

Quentin Goffart, sapeur-pompier volontaire du SDIS 80

L'Oise se prépare aussi

Dans l'Oise aussi, les autorités et les pompiers se préparent à des départs de feu. Dans le sud du département, on compte pas moins de 3000 hectares sous surveillance : la forêt d'Ermenonville abrite le Pin sylvestre, une espèce particulièrement inflammable qui peut causer d'importants feux de forêt. 

Depuis le début de l'été, 204 hectares, principalement de la culture, ont été brûlés lors d'incendies. "On est comme en région méditerranéenne maintenant avec une période estivale qui va jusqu'au 15 septembre dans laquelle on est exposé à un risque sur lequel on a tous les critères de vigilance qui sont allumés", analyse Pierre Bouillon, responsable de l'Office national des forêts de l'Oise.

De son côté, Fabrice Anselme du SDIS 60 remarque de plus en plus de "feux de broussaille, des feux de végétaux, de culture, de chaume, qui se propagent à l'orée des bois et à l'intérieur des bois." Le risque de départs de feu "augmente globalement, c'est quelque chose qu'on observe de manière objective". 

Depuis 2019, le SDIS a investi pour augmenter sa flotte. "L'investissement continue pour les années futures. Il faudra nécessairement, comme tout le monde, qu'on s'adapte au changement climatique et à la récurrence de ces feux dans un futur plus ou moins proche", conclut Quentin Goffart.

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