VIDÉO. Se souvenir des femmes oubliées de l'histoire, l'engagement de Lucile Decormeille : "Entre l'art et le féminisme, je pense avoir trouvé mon équilibre"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Marie Sicaud .
durée de la vidéo : 13min 00
Lucile Decormeille, invitée dans Hauts féminin le lundi 26 septembre ©France Télévisions

Avec ses deux sœurs, Lucile Decormeille a fondé une association pour mettre à l'honneur les femmes qui ont laissé leur empreinte dans l'Art et dans l'Histoire, mais que l'on a effacées de nos mémoires. Engagée, elle s'investit notamment au sein du collectif Collage féminicides Amiens et du planning familial.

"J'ai toujours été très sensible à l'art des femmes", explique Lucile Decormeille. Passionnée de cinéma et de littérature, elle a choisi de se nourrir exclusivement d'autrices depuis deux ans. Les livres de Annie Ernaux et Toni Morrison sont sur sa table de chevet. Agnès Varda et Sofia Coppola sont parmi ses réalisatrices préférées. Avec ses deux sœurs, Lili et Fanny elles ont une mission. Dans les musées, elles recherchent les œuvres d'artistes féminines. Le constat est toujours le même : elles sont largement sous-représentées.

C'est le point de départ de la création de Maison Cormeille. Une association imaginée par ces trois sœurs avec l'envie de mettre à l'honneur les femmes trop souvent oubliées. L'occasion aussi d'allier leurs talents d'illustration et d'écriture dans un même projet.

Il en résulte le carnet Elles n'en font qu'à leur tête, des portraits réalisés à l'encre bleue accompagnés de textes biographiques : Bessie Coleman, la première femme noire aviatrice, Rosetta Tharpe, à l'origine de l'invention du rock'n'roll, ou encore, Nellie Bly, première journaliste à utiliser le reportage clandestin, et bien d'autres. Toutes des pionnières dans leurs domaines.

Élevée avec deux sœurs, et en grande partie par sa maman et sa grand-mère, Lucile Decormeille se dit qu'elle a toujours été féministe. "Pour moi un monde où la femme est au centre, c'était la normalité". C'est en arrivant dans les études qu'elle constate le déséquilibre. À la fac d'Art, les hommes prennent toute la place dans les modèles étudiés.

"Avec notre colle et nos pinceaux, on se réapproprie la rue"

Se souvenir des femmes, c'est aussi préserver la mémoire des anonymes qui perdent la vie sous les coups de leur conjoint ou d'un ex-compagnon, 83 depuis le début de l'année 2022, à l'heure où nous écrivons ces lignes. Depuis 3 ans, elle fait partie du collectif Collage féminicides Amiens. "On colle des messages la nuit dans les rues d'Amiens pour faire réagir les gens. Je me suis rendue compte que j'avais peur la nuit et que lorsqu'on débarque à dix, avec notre colle et nos pinceaux, on se réapproprie la rue."

La jeune femme soutien aussi le planning familial. "Il faut toujours rester vigilante", répond-elle, sur la nécessité de défendre le droit à l'avortement, "surtout quand on voit que certains états d'Amérique l'interdisent aujourd'hui, ou que, plus près de chez nous, la Hongrie impose d'écouter le cœur du bébé avant de pouvoir mettre fin à une grossesse non désirée".

L'avortement sera, d'ailleurs, le sujet du prochain carnet publié par Maison Cormeille. Avant cela les illustrations du livret Elles n'en font qu'à leur tête seront exposées à Lyon et Lucile assistera à l'avant première du film Riposte Féministe de Marie Perennès et Simon Depardon, le 4 octobre prochain au Ciné Saint-Leu et dans lequel figurent des membres des colleuses amiénoises.

La jeune femme rêve de travailler dans la médiation culturelle et d'allier Art et féminisme, deux engagements qui font sont équilibre.

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