Téléthon : perturbée par l'épidémie de Covid-19, la collecte s'adapte en Picardie

À cause de la Covid-19, les bénévoles picards du Téléthon estiment que les recettes de cette édition 2020 "ne seront pas formidables". Ils s'adaptent néanmoins en développant les collectes virtuelles, qui attirent des organisateurs et donateurs plus jeunes. Une bonne nouvelle pour 2021.
Une urne pour le Téléthon, vendredi 6 décembre 2019 à Compiègne.
Une urne pour le Téléthon, vendredi 6 décembre 2019 à Compiègne. © Francetv / C. Jean-Pierre
Coordinatrice locale du Téléthon dans l'ouest de l'Oise depuis cinq ans, Catherine Courtois a tout connu pendant "son quinquennat". "On a eu les Gilets jaunes, la mort de Johnny, mais là c'est le bouquet !" ironise-t-elle. Dans la moitié de l'Oise qu'elle coordonne pour l'association française contre les myopathies (AFM), "beaucoup d'organisateurs avec qui nous travaillons sont des personnes à la retraite, sont considérées donc comme personnes à risques. Certains ne souhaitent pas sortir de chez eux."

À cause de la frilosité de certains bénévoles et de maires qui interdisent les manifestations en raison de l'épidémie de Covid-19, Catherine Courtois estime qu'un tiers des animations prévues ne se tiendront pas dans l'Oise.

Annulé, le marché de Noël de Beauvais permettait à AFM de percevoir chaque année sur son stand des dons importants. À défaut de collectes où c'est interdit, les urnes se sont multipliées chez les commerçants partenaires. Dans la Somme, Régine Muller, qui récoltait près de 500 000 euros à chaque édition, considère que "100 000 euros cette année, ce serait déjà merveilleux" 

Du virtuel et du "click & collect"

Dans l'Aisne, Vincent Fradin reste positif : "je m'attendais à bien pire vu le contexte actuel," avoue celui qui gère les organisateurs de collecte pour le Téléthon dans la moitié nord du département. Pour sa première année en poste, il dénombre une soixantaine d'animations subsistantes. "On essaye de s'adapter, de se réinventer. Au lieu d'organiser des repas en salle, de nombreux traiteurs ont anticipé et proposé du drive," observe-t-il.

C'est le cas à Itancourt dans l'Aisne, à Angy et à l'école hôtelière de Chantilly dans l'Oise, où des professionnels ont pris des commandes de repas depuis trois semaines. À Boves dans la Somme, le gérant du kebab O'Coin a rejoint le mouvement cette année. Il a livré près de 170 repas en drive au bénéfice du Téléthon.

Car si les dons s'annoncent moins nombreux cette année, il apparaît que beaucoup d'organisateurs de collecte sont nouveaux, à l'image de ce restaurateur.

"On touche une nouvelle population d'organisateurs, plus jeunes, qui utilisent davantage les réseaux sociaux. On touche aussi des populations qui ne donnaient pas forcément avant. Ça peut être un tremplin pour mieux rebondir l'année prochaine !

Régime Muller, coordonnatrice d'AFM dans la Somme



"D'habitude, on galère pour trouver des nouveaux organisateurs. Cette année, ce sont eux qui sont venus à nous. Ils sont une dizaine dans l'Oise, surtout des jeunes," se réjouit Catherine Courtois. L'investissement des organisateurs a permis le lancement de collectes en ligne. "On essaie de rester positifs, confie Vincent Fradin. Les familles ont besoin de notre aide, donc il faut être présent quoiqu'il arrive."

Pratique : vous pouvez retrouver les animations maintenues sur le site de l'AFM. L'association française contre les myopathies fédère les collectes du Téléthon. Celles-ci sont réalisées grâce à des organisateurs, sous contrat avec l'AFM. Ces organisateurs se sont manifestés auprès des coordinateurs locaux, comme ceux de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne interrogés dans cet article.
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