VIDEO. Ma vie de sportive confinée : Johanne Gomis, basketteuse de l’ESBVA

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EPISODE 11. La suite de notre série sur les sportifs confinés dans le Nord et le Pas-de-Calais. Ce mardi, avec la basketteuse Johanne Gomis

Par Céline Rousseaux

Quand on a Jo Gomis au téléphone, il est 15 heures et la basketteuse de Villeneuve-d’Ascq s’apprête seulement à déjeuner. Elle en rit. Patates douces, crevettes, asperges, voilà le plat concocté ce midi, bien plus tard qu’à l’accoutumée.

 

Deux heures de sport quotidiennes


"Moi qui suis d’habitude calée au millimètre sur les horaires ! En temps normal, à midi j’ai faim, à 16 heures c’est l’heure du café, le soir je dîne pile à 19h45 en revenant de l’entraînement". Là, tout a volé en éclat. Plus de fil directeur. Lever plus tardif, à l’heure où d’habitude elle enchaîne les paniers avec son équipe sur le parquet du Palacium. 

La seule discipline à laquelle elle ne déroge pas, ce sont ses deux heures de sport quotidiennes ! "Je fais une séance par jour, un peu de musculation, un peu de cardio, j’ai acheté un medecine ball [ballon lesté pour le renforcement musculaire] et j’ai commandé un vélo d’appartement, il devrait arriver cette semaine !".
 
Coronavirus - Confinement : une message de Johanne Gomis, basketteuse de l'ESBVA

Son terrain de jeu ? La grande terrasse de son appartement en rez-de-chaussée dans une résidence de Lille-Moulins. Elle pourrait aisément accueillir un panier de basket. "J’habite ici depuis sept ans, je n’en ai jamais eu l’utilité comme j’allais à la salle tous les jours, mais là je le regrette !"

Depuis le 12 mars et le dernier entraînement de l’ESBVA, ça commence à faire long sans échanger une balle avec ses coéquipières. Les filles sont reparties chez elles, aux États-Unis, en Suède, dans le centre de la France… Une équipe aux quatre coins du monde qui ne sait pas quand elle se reverra : la Ligue de basket en décidera le 10 avril.
 

Il restait 6 matches dans le championnat de Ligue féminine avant le début des play off. En attendant, les Guerrières restent en contact via les réseaux sociaux.

 

"Dans ma résidence, on ne s'était jamais autant parlé"


Le point positif de ce confinement à la maison ? La capitaine de ESBVA découvre ses voisins : "dans ma résidence, on ne s’était jamais autant parlé. Le premier jour de confinement, j’ai lavé ma terrasse au karcher. La voisine du dessus m'a demandé que je lui prête. On se met à discuter via les balcons, les fenêtres... "

"Et à 20 heures il faut voir, c’est super sympa, au moment de rendre hommage aux soignants, entre le bruit des casseroles, ceux qui applaudissent, ceux qui mettent la musique... Il y a une ambiance qui se crée, voilà ce qu’on ressortira de positif de cet épisode : le contact, la proximité, le retour de l’entraide... On a créé un groupe whatsapp entre voisins, pour mutualiser des courses, se prêter des choses, même des puzzles !"

Les voisins, apportent un peu de dialogue mais la famille installée autour de Creil, un des épicentres du virus, lui manque, "d'autant que ma sœur vient d’accoucher et je ne pourrai pas voir tout de suite mon petit neveu".

 

Cuisine, informations, lecture...


Pour s’occuper, Jo cuisine. Mais après une brioche ratée, un gâteau au chocolat raté, elle s’arrêtera là. "Je tente, mais je ne suis pas douée en pâtisserie ! " Elle regarde également les infos, par "besoin de me tenir informée, et si je rate le JT car je fais mon sport en même temps, je mets le replay mais je ne sais pas si je vais continuer longtemps, c’est tellement déprimant, on n’entend que du négatif."

Et après s’être replongé dans l’univers de Joël Dicker, la championne de France et d’Europe vient de lire Virginie Grimaldi. "Il est grand temps de rallumer les étoiles", dit le titre. 
 

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