Karachi : les avocats de Takieddine demandent le non-lieu

Ziad Takieddine
Ziad Takieddine

Les avocats de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine ont annoncé lundi avoir demandé aux juges chargés d'enquêter sur le volet financier de l'affaire Karachi de prononcer un non-lieu pour leur client mis en examen dans ce dossier.

Par Ronan Tésorière


Les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire travaillent sur l'hypothèse de commissions versées en marge de contrats d'armement, qui auraient donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur en 1995.

Ziad Takieddine est soupçonné d'avoir été imposé, avec un autre intermédiaire, à la dernière minute par le cabinet de François Léotard, alors ministre de la Défense, dans la conclusion de contrats d'armements avec le Pakistan (Agosta) et l'Arabie saoudite (Sawari II) en 1995.


Il a été mis en examen, notamment pour recel d'abus de biens sociaux aggravé, par les juges qui cherchent à savoir si les commissions versées dans le cadre de ces contrats ont pu alimenter, via des rétrocommissions, la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

Les avocats de M. Takieddine, Me Dominique Penin et Francis Vuillemin, estiment dans un communiqué qu'"aucun abus de bien sociaux" n'a été commis au préjudice des sociétés d'armements qui sont intervenues dans ces contrats, ce constat "viciant" selon eux l'intégralité de l'instruction.


Pour les avocats de M. Takieddine, cette demande constitue l'occasion "de dénoncer une nouvelle fois l'artifice total d'une instruction qui, loin de s'intéresser aux victimes de l'attentat de Karachi, se contente d'entretenir la rumeur sur le financement d'une campagne électorale".

Le 17 septembre, la cour d'appel de Paris a validé l'enquête sur le volet financier  de l'affaire Karachi, qui était notamment contestée par Ziad Takieddine.
Dans une enquête parallèle, le juge antiterroriste Marc Trévidic soupçonne que l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 (15 morts, dont onze salariés français de la Direction des Constructions navales, DCN) est lié à ces commissions en marge du contrat Agosta.

avec AFP

Sur le même sujet

Les + Lus