Abattoirs AIM: l'inquiétude des salariés et des habitants de Sainte-Cécile (50)

Après l'annonce du dépôt de bilan,quelques salariés des abattoirs AIM ont repris le chemin du travail. Les difficultés financières du groupe mettent en péril toute l'économie d'un territoire. Dans le village de Sainte-Cécile, les habitants sont particulièrement inquiets. 

Ce mercredi matin, certains salariés des abattoirs AIM, à Sainte-Cécile dans la Manche, ont pris leur service. Mais après l'annonce du dépôt de bilan de l'entreprise en janvier, l'ambiance était morose.

La société spécialisée dans l'abattage de porcs compte 600 salariés, répartis sur trois sites : Ste-Cécile (Manche), siège du groupe, Vire (Calvados) et Antrain (Ille et-Vilaine). Il s'agit du dernier abattoir en Basse-Normandie.

Depuis de longs mois, AIM se bat pour surmonter les difficultés financières auxquelles elle doit faire face depuis 2012.

Dans un Comité Central d'Entreprise hier, les raisons de ce dépôt de bilan ont été détaillées.

Concurrence forte sur l'approvisionnement, guerre des prix dans la grande distribution, dumping social de l'Allemagne et de l'Espagne, désintérêt des industriels pour la viande française, difficultées d'exportation vers l'Asie l'été dernier, et pour couronner le tout, embargo sur la Russie ces derniers mois.

A la veille de Noël, les salariés du groupe ne toucheront pas l'intégralité de leur salaire, même s'ils bénéficieront d'un fond d'urgence mise en place par les collectivités territoriales.

Inquiétude à Sainte-Cécile

A Sainte-Cécile, l'émoi est encore plus important. Des familles entières travaillent dans cet abattoir créé il y a plus de 50 ans. Le budget de cette ville, qui compte seulement 850 habitants, repose pour 1/3 sur l'argent versé par AIM. Chaque année la ville touche 100 000 euros de taxe.

Plus largement, c'est toute la filière porcine d'une région qui est mise en danger. De l'abattage à la commercialisation en passant par la transformation et le transport, on compte près de 1500 emplois susceptibles d'être fragilisés. 

150 éleveurs bas-normand dépendent directement de l'abattoir. Les salariés ont d'ailleurs appelé ces derniers à ne pas les lâcher. Sous peine d'être dans l'incapacité de trouver un repreneur.

Le reportage de Franck Besnier et Carine Mordrelle:




Les intervenants du reportage:

François Dufour, Vice-président du Conseil régional de Basse-Normandie (EELV)

Isabelle Corn, commerçante
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