Les abattoirs AIM : la direction confirme la piste d'un repreneur potentiel

Ca n'est pas vraiment une surprise mais la décision de la direction des AIM a été confirmée ce lundi de rentrée au Comité Centrale d'Entreprise : la mise en liquidation judiciaire sera demandé demain au tribunal de Coutances. Avec dans le dossier, la piste sérieuse d'un repreneur potentiel.

La direction des abattoirs normands AIM, qui emploient plus de 600 personnes dans la Manche, l'Ille et villaine et le Calvados, a confirmé lundi qu'elle demanderait un redressement judiciaire de la société mardi avec l'espoir de trouver un repreneur.
C'est ce qu'ont annoncé les syndicats lundi à l'issue d'un comité central d'entreprise au siège des Abattoirs industriels de la Manche (AIM) basé à Sainte-Cécile.
Une chargé de communication de la direction a confirmé à l'AFP qu'une audience en ce sens était prévue mardi à 11h00 devant le tribunal de commerce
de Coutances.
"Il y a des discussions approfondies en cours" avec des repreneurs potentiels, a-t-elle ajouté sans pouvoir en dire plus à ce stade. La direction espère toujours boucler son tour de table dans les "premiers mois" de 2015. AIM emploie 591 personnes selon la direction, 616 selon la CFDT, principalement
à Sainte-Cécile et à Antrain (179 salariés) en Ille-et-Vilaine.

Quel genre de repreneur ?

"Un repreneur oui, mais à quelles conditions? Nous ce qu'on ne veut pas, c'est un petit Gad"
, l'abattoir breton en difficulté qui a trouvé un repreneur mais a perdu plus d'une millier d'emploi depuis 2013, a déclaré Johnny Poisnel délégué CFDT d'AIM.
"L'écrémage qu'il peut y avoir au niveau salarial nous fait très très peur (à nous syndicalistes ndlr). Mais (la plupart) des salariés ne réalisent pas", a ajouté Aurélie Balleroy, délégué CGT (majoritaire)
"Les gens ont l'impression que tout le monde va être réembauché comme en 2003 lorsqu'on a été repris par notre actionnaire principal actuel CAP 50", a renchéri Sébastien Lafon (CFE-CGC).

Mais en 2003, le changement d'actionnaire était dû au départ à la retraite des propriétaires et non à des difficultés financières, selon les syndicats.
Selon la direction, AIM est détenu à 64% par la coopérative Cap 50, son principal fournisseur, et à 34% par le groupe d'aliments pour bétail JDIS.

AIM a été placée en cessation de paiement le 24 décembre, selon la CGT. Les salariés ont passé Noël en n'ayant perçu en décembre que 800 euros au lieu des 3.000 (salaire de décembre plus 13e mois) qu'ils auraient dû recevoir en moyenne, selon les syndicats.

Cela a été partiellement compensé pour la plupart des salariés manchois par un don de 500 euros chacun du conseil général de la Manche.
Créée dans les années 1960, AIM a réalisé un chiffre d'affaires de 246,7 millions d'euros en 2013.

Les producteurs inquiets

les producteurs de la Manche et du secteur de Viledieu-les-Poeles sont très inquiets des conséquences pour leurs exploitations.

Le reportage de Sylvain Rouil et Franck Boderau avec Christophe Couillard, éleveur  et Pascal Férey, Président de la chambre d'agriculture de la Manche :