EPR de Flamanville : le patron d'EDF "espère" encore une ouverture en 2017

Publié le Mis à jour le

Jean-Bernard Levy qui s'exprimait ce matin sur Europe 1 pense que le calendrier peut encore être tenu malgré les derniers déboires rencontrés sur le chantier du nouveau réacteur. Mais il n'exclut pas totalement un nouveau retard : "on en dira plus quand on en saura plus".

Depuis les révélations de l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) concernant la cuve de l'EPR, de sérieux doutes pèsent sur la fiabilité de ce réacteur, sur le calendrier annoncé l'année dernière par EDF, ainsi que sur l'avenir de ce chantier qui accuse déjà trois années de retard. Alors, le patron de l'entreprise cherche à dédramatiser, à rassurer. Peut-être aussi parce que "le monde entier regarde Flamanville". Les enjeux économiques sont en effet énormes pour EDF et AREVA : "l'Egypte, l'Inde et la Chine disent qu'ils sont intéressés par l'EPR. Il faut transformer l'essai"

"Le monde entier regarde Flamanville"


Or, l'anomalie constatée sur l'acier qui compose la cuve oblige aujourd'hui le fabriquant AREVA à mener une nouvelle et fastidieuse campagne de tests afin de convaincre l'ASN, le gendarme du nucléaire, que le réacteur est sûr. "Nous avons fait des calculs. Nous allons faire des tests. Et nous pensons que ces tests permettront de démontrer qu'il n'y a pas de risques, assure Jean-Bernard Levy qui souligne que la cuve a été livrée "conformément aux normes. Mais entre temps, les normes ont changé. Donc nous allons faire des tests et démontrer qu'il n'y a pas de problème".

L'objectif est d'ouvrir le plus tôt possible et je l'espère, dès 2017.


Mais ce nouveau contre-temps rencontré sur ce chantier qui n'en a pas manqué risque encore de différer la mise en service du réacteur. Face à Jean-Pierre Elkabbach qui évoque un possible nouveau retard, le patron d'EDF maintient la date annoncée l'année dernière : "2017 !". Avant de relativiser : "l'objectif [c'est d'ouvrir] le plus tôt possible et je l'espère, dès 2017. Mais on en dira plus quand on en saura plus"...

L'entretien de Jean-Bernard Levy accordé à Europe 1 :

Lévy : "EDF va proposer d'acheter l'activité... par Europe1fr


AREVA dans le viseur d'EDF


Dans les studios d'Europe 1, Jean-Bernard Levy a aussi confirmé les intentions dévoilées dans les colonnes du Figaro : EDF, veut proposer de racheter l'activité réacteur du groupe nucléaire Areva à un "prix juste" qui soit aussi un "prix de marché", a-t-il déclaré ce mardi. Dans un entretien au Figaro, M. Levy défend "la logique industrielle" d'une prise de contrôle majoritaire de cette activité par EDF. "Aujourd'hui, Areva est dans une situation fragile, et il faut accepter de tout remettre à plat", explique M. Lévy. "Nous y avons intérêt parce qu'EDF a besoin d'un Areva fort, sur l'ensemble des prestations, et parce que le gouvernement nous en a, logiquement, fait la demande." 

Au micro d'Europe 1, le patron de EDF a précisé n'avoir pas terminé les calculs. Mais "le moment venu", a priori "dans quelques jours", EDF proposera "un prix juste, mais aussi un prix de marché", a-t-il souligné. "Nous devons aux actionnaires d'EDF, nous devons à l'ensemble des Français, de payer le prix juste pour ces activités si le gouvernement décide qu'en effet en France les réacteurs, c'est EDF." Dans le quotidien, il défend l'intérêt d'une reprise par EDF des réacteurs. "Il y a un domaine d'Areva que nous connaissons très bien, c'est celui des réacteurs : nous sommes le premier exploitant au monde par la capacité installée", relève-t-il,estimant qu'il "y a donc une logique industrielle à ce qu'EDF prenne le contrôle de cette activité réacteurs, qui correspond au périmètre de l'ancien Framatome". Areva NP regroupe la conception, la fabrication et la maintenance des réacteurs nucléaires. "L'alliance EDF-FRamatome, il y a 20 ans, a apporté à la France ses plus grands succès à l'exportation", rappelle-t'il. "En revanche, s'agissant des autres métiers d'Areva, n'étant ni exploitants miniers, ni géologues, ni chimistes, nous n'avons par de rôle industriel à jouer."

EDF ne semble pas être intéressée par l'activité retraitement


"La transaction ne peut se faire qu'à un prix de marché. Et elle doit prévoir des garanties pour qu'EDF ne soit pas exposé aux risques liés au passé d'Areva, notamment en Finlande", juge-t-il. "La proposition ambitieuse d'EDF respecte et préserve les compétences techniques de l'activité réacteurs d'Areva, et ouvre la voie à des alliances avec des tiers, des partenaires industriels, français ou étrangers", précise-t'il encore.

Alors que le groupe Areva, détenu à près de 87% par des capitaux publics, a annoncé le 7 mai la suppression de 5.000 à 6.000 emplois dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France, dans le cadre d'un plan de redressement, M. Lévy formule également "une proposition alternative" : "le rapatriement chez EDF des 1.200 ingénieurs qui sont au quotidien les partenaires des ingénieurs d'EDF concernant la conception et les calculs de sûreté des réacteurs français."

"C'est à l'Etat, actionnaire majoritaire d'EDF, et à Areva de décider", conclut-il. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui doit recevoir les syndicats du groupe nucléaire le 22 mai, a estimé dans une interview à l'Usine nouvelle mise en ligne lundi que "l'organisation la plus efficace" de la filière nucléaire française passe par "de nouveaux liens commerciaux entre EDF et Areva". Il a également assuré qu'aucun licenciement n'était envisagé en France au sein du groupe nucléaire.