SNCF : bientôt le bout du tunnel pour les usagers du train en Normandie ?

Depuis son arrivée à la tête de la Région, Hervé Morin a fait du rail son cheval de bataille. Mais, entre les retards de livraison des rames et les retards en gare, le quotidien des usagers reste duraille. Des améliorations seraient en vue sur ces deux fronts. 
A bord du train Caen-Paris
A bord du train Caen-Paris © FTV/ E. Flahaut
"Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille", avait déclaré un jour un ancien président de la République. La bataille du rail dans laquelle s'est engagé Hervé Morin en arrivant à la tête de la Région Normandie est semée d'embûches et menée sur plusieurs fronts, le matériel et le réseau. Or cette année, les difficultés se sont accumulées sur ces deux volets.

Au coeur de l'été, le président de la Normandie a tapé du poing sur la table et engagé un bras de fer judiciaire avec SNCF Réseau. La Région suspendait également ses paiements à la SNCF (plus de 150 millions d'euros par an). En cette rentrée, l'heure semble être à l'apaisement.
 
Un début de dialogue s'est engagé le 24 août dernier lors de la rencontre entre Hervé Morin et le patron de la compagnie ferroviaire, Jean-Pierre Farandou ainsi que Luc Lallemand, PDG de SNCF Réseau. L'entreprise publique promet alors à la collectivité locale des améliorations, des améliorations matérialisées sous formes de mesures concrètes, ce mercredi 2 septembre, concernant la gestion des travaux sur les voies : la nomination d'un chef de projet senior pour coordonner et superviser la préparation des chantiers en Normandie et en Île de France ou la mise en place de "plans alternatifs" en amont de chaque chantier pour parer tout aléa.

Du coaching pour la ponctualité

SNCF Réseau annonce également qu'une "équipe dédiée au service de la ponctualité des trains" au départ de Paris Saint-Lazare sera chargée, de décembre à mars, du "coaching des équipes de SNCF Réseau, de SNCF Gares & Connexions et des transporteurs". Un effort va également être accompli sur le traitement de la végétation avec un renforcement des effectifs et la mise en place d'un plan d'action avec l'Office des forêts sur l'axe Paris-Caen Cherbourg. Enfin, on nous promet une meilleure coordination entre les salles de crise de Paris-Saint-Lazare et de Normandie.
Dans un communiqué publié ce 2 septembre, Hervé Morin annonce également avoir "obtenu de Jean-Pierre Farandou un geste pour les abonnés, qui bénéficieront d’une forte réduction sur leur abonnement d’octobre." Néanmoins, le président de la Région Normandie dit maintenant attendre des résultats, concernant les mesures annoncées, et réclame des "actions" en matière d'information voyageur. Le patron de la SNCF est attendu à Rouen le 22 octobre prochain. Il devrait, selon l'entreprise publique, annoncer à cette occasion des moyens supplémentaires pour la Normandie.

Ça rame chez Bombardier

L'autre dossier épineux concerne le matériel roulant et plus particulièrement les nouvelles rames Omnéo commandées chez Bombardier. Là encore, Hervé Morin n'a pas mâché ses mots dénonçant durant l'été chez plusieurs de nos confrères les "lacunes" et les "mensonges" de l'industriel. Car si elle a bien sa part de responsabilité dans les retards et difficultés subis par les usagers normands, la SNCF n'a pas manqué de pointer les retards de livraison des nouvelles rames, des retards qui l'ont contrainte à remettre en service du "matériel vieillissant".
 
Seules six rames Omnéo ont été livrées à ce jour. Sur les 40 commandées auprès de Bombardier, 35 devaient être livrées avant le 31 décembre 2020. Le calendrier ne sera pas tenu, l'industriel en convient mais explique avoir dû interrompre son activité en raison de la situation sanitaire. "Le 13 mars dernier, nous avons eu la mise à l’arrêt de l’usine de production de Crespin (ndlr : où sont construits les Omnéo), la reprise en mode dégradé a eu lieu le 11 mai et le retour avec l’effectif complet le 2 juin.", indique ainsi Philippe Molitor, le responsable média de Bombardier à nos confrères d'Actu.fr.
 
L'industriel, qui accuse des retards sur d'autres commandes que celles de la Région Normandie, a annoncé "un plan d'investissement massif pour garantir la montée en cadence de la production". Une centaine de CDI auraient été signés ces deux dernières semaines sur le site de Crespin. Bombardier s'est engagé à livrer une douzaine de rames en Normandie d'ici la fin de l'année. Sur les réseaux sociaux, certaines associations d'uagers relayent une information selon laquelle six rames en proveance d'Occitanie pourraient arriver en Normandie. De son côté, la Région nous indique que la SNCF étudie la possibilité, en attendant la livraison des Omneo, de faire venir des rames d'ailleurs, en solution de secours. Mais la collectivité indique ignorer pour l'heure la provenance géographique du matériel et surtout qu'elle ne déboursera pas un centime dans l'opération. 




 
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