Mort à la Techno parade : pourquoi la vidéo morbide circule toujours sur Internet

La mère de famille a appris le décès de son fils sur les réseaux sociaux. / © yann foreix / Maxppp
La mère de famille a appris le décès de son fils sur les réseaux sociaux. / © yann foreix / Maxppp

La mère de Christopher a reconnu son fils sur cette morbide vidéo publiée sur Facebook avant que les gendarmes ne la préviennent. Elle veut déposer plainte. Les auteurs de ce genre de vidéo sont pourtant rarement condamnés par les tribunaux.

Par Xavier Collombier


Christopher est mort à l'issu de la Techno Parade en grimpant sur la statue de la République. Le jeune normand arrivait en haut de la statue avec une foule hurlant et l'incitant à monter toujours plus. Il voulait s'arrêter. Comme plusieurs témoins le racontent à Europe 1," tout le monde l'acclamait pour qu'il monte plus haut, il a écouté les gens et il est mort". La scène est filmée par de multiples téléphones portables. 
L'horreur se retrouve vite sur Facebook et est partagée jusqu'à Bayeux sur le compte de la mère de la victime. A BFMTv au téléphone,  Nadège, la mère, du jeune homme chauffeur-livreur à Paris, effondrée s'en est pris à ces badeauds coupables selon elle "d'assassinat".
Juridiquement, les responsabilités dans ce genre d'affaire sont difficile à établir. Au pénal, seule la responsabilité de la mairie de Paris et celle des organisateurs peuvent être engagées. 
Quant à la condamnation des auteurs des vidéos et de leur mise en ligne, elle est clairement improbable. Pour la justice, ils ne peuvent être considérés comme complices d'un crime." Ce comportement, tout à fait répréhensible moralement, l'est difficilement pénalement. Néanmoins, il existe quelques pistes, comme notamment l'atteinte à l'intimité de la vie privée, même si, s'agissant d'un lieu public, cette infraction sera difficile à qualifier. Une action civile de la famille a cependant de bonnes chances d'aboutir, auquel cas les diffuseurs de ces vidéos devront les retirer d'internet et indemniser la famille de la victime pour le préjudice subi." explique Maître Grégoire Etrillard, avocat au barreau de Paris au Figaro.

Facebook, très à cheval sur le respect des règles en matières de pornographie, n'a pas hésité à supprimer des profils diffusant des reproductions du tableau "l'Origine du Monde " de Courbet. Les règles en matière de violence sont beaucoup plus floues. En 2013, la vidéo d'une décapitation par un cartel de la drogue mexicain est restée plusieurs jours en ligne au nom de la liberté d'expression et de l'interprétation du premier amendement de la constitution des Etats-Unis. 
"Notre décision de ne pas supprimer ce contenu est basée sur le fait que les gens ont le droit de décrire le monde dans lequel nous vivons, de présenter et de commenter les actions" expliquait à l'époque Facebook.

Sur un autre réseau social, Twitter plebiscité par les plus jeunes, la vidéo a tourné en boucle tout le week-end. 48 heures après, les réactions qui l'emportent sont à l'indignation générale.



Twitter depuis a semble-t-il réagi en faisant retirer la vidéo. Le lien le plus échangé du week-end a été vidé de son morbide spectacle.

 

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