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Des cyclistes en colère dénoncent la baisse du nombre de crochets à vélos dans les prochains Intercités normands

Une trentaine de personnes représentant quelque 13 associations de cyclistes se sont réunies pour protester contre la diminution du nombre de places dédiées aux vélos dans les trains intra-régionaux normands. / © Didier Bert / France 3 Normandie
Une trentaine de personnes représentant quelque 13 associations de cyclistes se sont réunies pour protester contre la diminution du nombre de places dédiées aux vélos dans les trains intra-régionaux normands. / © Didier Bert / France 3 Normandie

Des cyclistes ont manifesté devant la gare de Caen samedi pour dénoncer la diminution du nombre d'espaces dédiés aux vélos à bord des futurs trains Intercités de Normandie. Une députée européenne écologiste est venue accentuer la pression sur la Région, en porte-à-faux avec la législation de l'UE.

Par Cécile Sauzay

Ils ont pris le train, le vélo, ou les deux - c'est encore mieux. Ils sont venus de toute la Normandie, certains de Paris, pour déployer banderoles, mégaphones, et pancartes... Certains portaient même des gilets jaunes, mais rien à voir avec le défilé qu'on entendait au loin dans le centre-ville caennais : ces manifestants-là - une trentaine tout au plus - sont venus donner de la voix pour la défense du vélo dans le train. Car dès 2020, les nouvelles rames de train normandes ne comporteront que 3 emplacements à vélo chacune, contre 18 actuellement. Une aberration pour les treize associations qu'ils représentent. 

Cette diminution du nombre d'espaces dédiés aux vélos menace le respect de l'accord de Paris sur le climat et l'attractivité touristique du territoire, selon eux. "Imaginez une famille de quatre personnes qui décide de faire une balade à vélo près de Deauville, illustre Marc Lerochais, de l'association Les Dérailleurs. Dès l'année prochaine, une personne devra rester sur le quai. C'est incohérent et incompréhensible." 

Les militants craignent que les touristes parisiens et étrangers se tournent vers d'autres régions limitrophes, qui ont fait la part belle aux transports multi-modaux, comme les Hauts-de-France (12 emplacements dans les rames du Paris-Boulogne-sur-mer) ou la région Centre-Val-de-Loire, qui permet d'embarquer 9 bicyclettes dans les Intercités qui desservent les chemins des Châteaux de la Loire. 

La région en porte-à-faux avec une directive européenne

Les nouveaux trains "Omneo", fabriqués en ce moment et dont une partie est déjà prête - pour mise en service l'année prochaine -, en ne prévoyant que trois crochets par rame, vont à l'encontre de la législation européenne, en l'occurrence la directive des droits des passagers ferroviaires. Adoptée en novembre dernier par le Parlement européen, elle prévoit que tout train rénové ou neuf puisse embarquer au minimum huit vélos par rame. 

Karima Delli, la députée européenne écologiste qui préside la Commission des transports à Strasbourg, est venue à Caen défendre la mesure qu'elle a portée personnellement, récitant à notre micro les arguments qu'elle avançait déjà devant les eurodéputés :"Le transport représente 30% des émissions de gazs à effets de serre dans le monde, explique l'élue. C'est le seul secteur qui ne réduit pas ses émissions, donc il faut mettre le paquet sur les alternatives comme le vélo". 
 


Pour les associations, il s'agit de peser sur les décisionnaires régionaux, à qui le gouvernement de Manuel Valls avait confié la gestion des transports ferroviaires en 2016.

Le cortège, une trentaine de cyclistes, s'est élancé depuis la gare jusqu'à l'abbaye aux Dames, pour remettre une lettre à Hervé Morin et l'enjoindre à corriger le tir pour les futures rames qui sortiront des ateliers dans les prochaines année, ce à quoi le vice-président de région en charge des transports a promis de réfléchir - sans toutefois préciser quelle proportion de trains avait déjà été construite jusqu'ici. 

Incohérent avec le développement des voies vertes en Normandie

La diminution du nombre d'emplacements pour les bicyclettes semble incohérente avec les autres chantiers soutenus par la région, à commencer par l'aménagement d'une immense voie verte, via les projets de La Seine à Vélo et de la Véloscénie. Il s'agir de deux pistes cyclable géantes qui relieront Paris, Le Havre et Deauville. La cible : les touristes ponctuels, parisiens ou étrangers, qui viennent découvrir la Normandie le temps d'un week-end. 
 
Le projet Seine à Vélo, soit 440 kilomètres de sentiers aménagés pour les cyclistes, est censé voir le jour dès 2020. / © Vélos & Territoires
Le projet Seine à Vélo, soit 440 kilomètres de sentiers aménagés pour les cyclistes, est censé voir le jour dès 2020. / © Vélos & Territoires


Pourquoi avoir réduit le nombre d'emplacements dans ce cas ? Par voie de presse, la Région souligne le fait qu'une consultation citoyenne avait été menée sur Internet avant commande. Quelque 10 000 personnes avaient donné leur avis sur les services qu'ils estimaient primordiaux dans les trains : les espaces pour les cyclistes étaient arrivés 7èmes, derrière le wifi ou la vidéoprotection - entre autres. 

 



 

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