Le spectre de la saison noire : Et si les clubs de Caen perdaient (encore) tout ?

Début mars, le sport caennais pouvait envisager un printemps radieux, auréolé de montées et de maintiens. Toutefois, l'enthousiasme vacille, notamment depuis l'élimination prématurée des Drakkars dès l'entame des playoffs. Et si les clubs caennais déchantaient encore ?

Brillants lors de la saison régulière, les Drakkars de Caen ont été piteusement éliminés dès le premier tour des playoffs d'accession à la Ligue Magnus. Face à Chambéry, 7e du classement, les hockeyeurs caennais partaient favoris, mais ils n'ont jamais existé face aux Savoyards, qui les ont battus trois victoires à une. 

On a arrêté de penser au chemin, et on a pensé à la destination. Depuis un mois, on sentait qu'on avait plus difficultés, j'ai alerté les joueurs, mais on voit que ça n'a pas marché. On n'a pas basculé en mode playoff. C'est un échec collectif et une désillusion.

Julien Guimard, entraîneur des Drakkars de Caen

Même si le HCC n'envisageait la montée dans l'élite que du bout des lèvres, et que ses finances l'en auraient peut-être privée, l'élimination prématurée est un sacré coup de massue. Le club comptait notamment sur les recettes de la billetterie des matchs de playoffs pour gonfler son budget, et se renforcer l'an prochain. C'est raté !

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Brillants lors de la saison régulière, les Drakkars de Caen ont été piteusement éliminés dès le premier tour des play-offs d'accession à la Ligue Magnus. Face à Chambéry, 7e du classement, les hockeyeurs caennais partaient favoris, mais ils n'ont jamais existé face aux Savoyards, qui les ont battus trois victoires à une.  Analyse de Julien Guimard, entraîneur des Drakkars de Caen ©France Télévisions

Dans la foulée de cette fin de saison en eaux de boudin, peut-on envisager une soupe à la grimace pour l'ensemble du sport caennais ? Alors que les signaux semblaient revenir au vert début mars, le spectre d'une mauvaise saison réapparaît. 

Malherbe, le Top 5 ou la désillusion

Car côté foot, le Stade Malherbe tire un peu la langue. Revenu dans le Top 5 après ses victoires contre Angers et Pau, Caen vient de perdre deux fois d'affilée pour la première fois depuis fin septembre. S'il convient de relativiser ces revers, face à Auxerre, leader, et au Paris FC, invaincu à l'extérieur depuis six mois, force est de constater que le SMC n'a pas de marge. 

Dans un championnat de Ligue 2 plus serré que jamais, le SMC a reculé à la 8e place. Si le Top 5 reste à un petit point, Laval (4e) et Saint-Etienne (3e) ont creusé l'écart, possédant six points d'avance. Dans le même temps, Pau (11e), ne pointe qu'à deux longueurs derrière le club normand. Après avoir terminé 6e en 2022 et 5e en 2023, une non-participation aux barrages d'accession à la Ligue 1 serait considérée comme une régression et un échec pour le club normand. Il reste neuf matchs aux hommes de Nicolas Seube pour éviter le désenchantement. 

Handball et tennis de table vers l'accident industriel ?

Cela dit, n'oublions pas que les Malherbistes reviennent de loin. Malgré l'automne noir marqué par la pire série de l'histoire du club (11 matchs sans victoires, dont sept défaites), Caen a quasiment validé son maintien. Ce n'est pas rien de le dire. 

A fortiori au regard de ce qui se passe dans deux autres clubs phares de la ville. Derniers du classement de Proligue, les Vikings du Caen handball n'ont gagné que 4 des 21 matchs disputés en championnat. Il leur reste sept rencontres pour se sauver, dont des confrontations cruciales avec leurs adversaires directs pour le maintien. Quoiqu'il advienne, la saison est d'ores et déjà manquée pour un club qui avait atteint les playoffs l'année passée.

Autre dégringolade sportive inattendue, celle des pongistes du Caen TTC. En juin 2022, ils luttaient pour le titre en Pro A. Un an et demi plus tard, c'est pour la survie dans l'élite que les Caennais se battent. S'ils ont relevé la tête ces dernières semaines, en battant Montpellier (3-0) et en allant glaner deux points chez le leader Pontoise (2-3), ils restent sous la menace de Chartres et Thorigné-Fouillard. 

Dans cette Pro A, tout se décidera lors d'une semaine décisive. Du 21 au 28 avril, le Caen TTC disputera quatre matchs (!) et affrontera ses trois concurrents principaux pour la permanence dans l'élite. 

Le CBC, enfin la Pro B ?

La question se pose chaque année inlassablement depuis trois ans. Les basketteurs caennais vont-ils remonter en Pro B. Descendu en 2019, annus horibilis du sport caennais (le CBC, les Vikings, l'USOM et le SM Caen avaient été rétrogradés), le CBC lutte pour retrouver l'antichambre de l'élite. 

Battu in extremis en demi-finales des playoffs les deux dernières années, Caen croit fort que cette saison soit la bonne, car l'équipe de Stéphane Eberlin se retrouve pour la première fois en mesure de jouer la montée directe lors de la phase 2 du championnat. Dans leur nouveau Palais des sports plein à craquer à chaque match, les Caennais sont intraitables (13 victoires en 14 matchs), mais ils demeurent irréguliers à l'extérieur. 

Actuel 4e, le CBC a les cartes en main, et le potentiel pour retrouver enfin la Pro B. Pour un club qui possède l'un des plus gros budgets de Nationale 1, ainsi que l'un des effectifs les plus larges et qualitatifs, manquer une nouvelle fois l'accession serait vécu comme un échec sérieux. Quoi qu'il en soit, sur tous les terrains, la fin de saison s'annonce pleine de suspense et de rebondissements. Quant à la gloire, il faudra encore attendre pour savoir.