Pourquoi la facture d'énergies va exploser de 250% à l'Université de Caen ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Kanwaljit Singh .

La crise énergétique touche tous les secteurs. C'est aussi le cas de l'Université de Caen. Sa facture de gaz et d'électricité passera de 4 à 14 millions d'euros en deux ans. Des chiffres qui donnent froid dans le dos au sein de l'établissement.

Le chauffage est limité à 19 degrés depuis longtemps dans les bâtiments de l'Université de Caen. Ce n'est pas une nouveauté ! Mais avec la crise énergétique, les prochains hivers vont être rudes financièrement pour l'établissement. La direction consulte ses prévisions d'énergies et la facture s'annonce salée  :

Nous avons payé 4 millions d'euros en 2021. Cette année, il faudra payer le double et la facture risque d'atteindre les 14 millions d'euros en 2023 !

Sandy Campart, vice-président de l'Université de Caen

Avec un coût de l'énergie qui s'envole de plus en plus chaque jour, les universités sont loin d'être épargnées. Au campus de Caen, les frais de chauffage et d'électricité vont exploser de 250% en deux ans.

Pour participer à l'effort national de sobriété énergétique, les universités proposent leurs solutions. La faculté de Strasbourg, par exemple, va rallonger les vacances de Noël pour fermer plut tôt, ouvrir plus tard et donc faire des économies. Mais pour Caen et ses antennes délocalisées, les nécessités économiques ne se feront pas sur le dos des étudiants : "nous refusons de rallonger les vacances scolaires. Faire ça, c'est reporter les factures d'énergies sur les étudiants, leur famille ou encore notre personnel" explique Sandy Campart. Il ajoute : "nous ne voulons pas non plus faire de cours en distanciel ou instaurer le télétravail car nous avons déjà vécu ça avec le covid".

La sobriété énergétique et les nécessités économiques ne se feront pas sur le dos des étudiants !

Sandy Campart, vice-président de l'Université de Caen





Le campus de Caen, c'est 33 000 étudiants, 2 700 employés et plus de 300 000 mètres carrés de surface. Certains bâtiments sont très énergivores mais là aussi compliqué de les fermer. Dans les couloirs, certaines salles abritent des laboratoires de recherches et d'innovation : "nous avons des cultures sous serre qui demandent de la chaleur mais aussi des unités de conservations réfrigérées. Il y a de nombreux travaux en cours et nos laboratoires collaborent avec des acteurs économiques de la région. Nous devons les maintenir, c'est impossible de cesser les activités".



Pareil du côté des bibliothèques de l'établissement. Les étudiants s'y retrouvent pour travailler ensemble et se documenter.



Aucune compensation de l'Etat pour le moment



L'Etat assure qu'il ne peut pas aider les universités pour le moment. Il faut donc chercher de l'argent dans les fonds propres : "on utilise pour le moment l'argent épargné par les facultés en cas de besoin. On est en position de déficit pour fin 2022, on va tenter de maintenir les finances mais c'est difficile et si ça continue comme ça durant les prochaines années, notre fond sera totalement épuisé et on ne pourra plus investir ailleurs". Sandy Campart consent qu'il s'agit là d'un cas de force majeure : "c'est inédit oui mais on attend de l'Etat une compensation, on met la main à la poche mais il faut que le Gouvernement participe aussi à l'effort financier et qu'il prenne des mesures concernant l'inflation énergétique. Cette année on peut payer mais c'est un grand point d'interrogation pour l'année prochaine".

Il faut dire que la hausse du coût de l'énergie n'est pas le seul poids financier en cette rentrée. En effet, le Gouvernement a décidé au printemps de relever le point d'indice des fonctionnaires de 3,5% mais pour 2022, c'est à l'Université de payer la différence, soit une facture imprévue de 6 millions d'euros pour l'établissement.



Une chaufferie biomasse prévue pour 2023

L'Université doit présenter un projet pour lutter contre le réchauffement climatique. Elle doit rendre sa copie pour la fin de l'automne avec pour objectif une baisse de 10% de la consommation d'énergies. L'installation d'une chaufferie biomasse prévue pour fin 2023 y contribuera : "ce nouveau système avec une chaudière qui consomme du bois nous aidera à baisser le montant de la facture". La direction réfléchit également à la mise en place d'un nouveau calendrier universitaire et espère aussi que l'Etat investira dans des murs qui respecteront la sobriété énergétique.

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