Sniffy : cette poudre en vente libre inquiète les parents, qu'en pensent les médecins ?

Vous avez peut-être entendu parler de cette poudre "à sniffer", dite énergisante, en vente libre sur internet et dans les bureaux de tabac, qui enflamme la toile depuis quelques jours. Faut-il s'inquiéter de l'engouement des jeunes pour le Sniffy ?

Qu'est-ce que le Sniffy ?

C'est une poudre blanche qui contient notamment de la caféine, de la créatine et de la taurine : des substances psychostimulantes et excitantes. Les arômes proposés tels que la fraise bonbon ou le fruit de la passion laissent penser que le public visé est plutôt jeune.

Sur le site internet du fabricant, il est présenté comme un "énergie Boost" et vanté par les commentaires de quelques consommateurs comme "une véritable explosion d'énergie", "la poudre énergisante parfaite pour rester concentré au travail", ou encore "un excellent produit pour les amateurs de fitness". 

Selon le Docteur Nicolas Cabé, spécialiste en addictologie au CHU de Caen et Maître de Conférences à l'Université de Caen, comme avec tout produit dit énergisant, l’effet est modeste, voire inexistant. Pas de risque donc d'addiction au produit, mais "on risque de voir des jeunes habitués à sniffer".

Un produit qui porte bien son nom, ou mal selon les points de vue

La particularité de ce produit et son originalité pour certains, c'est sa forme de consommation. Il est vendu avec une paille pour inhaler la poudre. 

En choisissant d'appeler ainsi cette poudre "à sniffer", le rapprochement avec la cocaïne est malheureux pour le Docteur Nicolas Cabé. Selon lui, c'est "un coup de com qui présente une symbolique très particulière."

Ce produit débanalise le geste de snif, sans message de prévention. 

Dr Nicolas Cabé, spécialiste en addictologie

Car ce qui inquiète réellement les médecins, c'est justement cette inhalation. 

La voie inhalée n'est pas sans risque

"C’est particulier de se mettre quelque chose dans le nez", rappelle le Docteur Cabé. "Il y a risque d’irritation et de fragilisation de la muqueuse nasale." Le risque est d'autant plus grand si la paille est partagée.

Avec la cocaïne, on constate que l'usage d'une paille va créer des micro lésions et provoquer des contaminations virales, quand on fait tourner.

Dr Nicolas Cabé, spécialiste en addictologie

Même s'il est encore trop tôt pour dire si ce produit risque d'encourager une pratique avec des produits à risque tels que la cocaïne, l'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) appelle le corps médical à signaler "sans délai, tout évènement néfaste dont vous auriez connaissance, en lien avec l'usage de ce produit", sur le site du ministère de la santé. 

Faut-il interdire ou réglementer ?

Plutôt que d'interdire cette nouvelle substance, le Dr Cabé aimerait une meilleure réglementation pour ce type de produits.

Il faut se poser des questions sur comment on peut déposer un produit pareil, avec un nom pareil, vendu avec une paille, alors que pour le moindre médicament, il faut des années avant qu’il soit validé.

Dr Nicolas Cabé, spécialiste en addictologie

Pour lui, "on est sur du neuromarketing pour faire de l'argent, comme c'est le cas avec des boissons sans alcool vendues dans des bouteilles en verre, similaires aux bouteilles de champagne, ou avec les bonbons aromatisés goût mojito".

Le neuromarketing étant l’application des neurosciences au marketing pour comprendre et influencer le comportement des consommateurs. 

Avant le Sniffy, les Puffs avaient créé la polémique. Un texte de loi est actuellement en cours d'adoption pour interdire ces cigarettes électroniques jetables.

L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité