Université de Caen : un nouveau diplôme pour étudiants en exil

© Thierry Cléon
© Thierry Cléon

Quand étudier, c’est s’intégrer. L’université de Caen propose depuis cette rentrée 2019 un nouveau diplôme. Sa particularité : il est ouvert aux étudiants en exil, titulaires du niveau baccalauréat.
 

Par Stéphanie Lemaire


Ils sont dix à intégrer cette toute nouvelle filière universitaire, où l’apprentissage du français tient une place importante. 19 heures de cours de la langue de Molière, c’est un prérequis à la maîtrise des autres enseignements.

 
Esam, étudiant Diplôme universitaire Passerelle Etudiants en exil. / © C Leloche
Esam, étudiant Diplôme universitaire Passerelle Etudiants en exil. / © C Leloche

« Quand je suis arrivé ici (en 2016) je ne parlais pas le français, je connaissais seulement « bonjour, ça va ? ». Là maintenant quand je vous parle, je comprends tout, mais je dois améliorer mon niveau en écriture parce que c’est très important pour continuer les études universitaires »  Esam Sharfeldin, étudiant soudanais



Esam possède l’équivalent d’un niveau DUT, obtenu à l’université de Khartoum au Soudan. En France, son horizon c’est d’intégrer l’école d’ingénieur en informatique de Caen à la rentrée 2020.

Pour cela il devra valider 3 semestres complets. A ses cours de français s’ajoutent de l’anglais, de l’informatique, de l’histoire et des cours de … coutumes.  
Pas inutiles pour ces élèves qui proviennent pour la grande majorité d’entre-eux de Syrie, ou de Turquie, du Venezuela et du Soudan.

Des étudiants qui réussissent 


Ici, tous ont en commun le statut de réfugié politique, et le niveau Bac au minimum. Certains sont à Bac+2.

 
L'université de Caen promeut le Dupex / © tweeter
L'université de Caen promeut le Dupex / © tweeter
 


Le Diplôme universitaire Passerelle pour étudiants en exil a donc vocation à les « raccrocher » à un cursus universitaire en France.

Pour y parvenir, un accompagnement est proposé aux étudiants pour leurs démarches administratives notamment. Et ils ont droit aux bourses, aux aides de la CAF et à un logement au CROUS.

"Ces étudiants ont les meilleurs taux de réussite. Ils sont là pour réussir, avec leur difficultés qui sont de tous ordres : financières, psychologiques, traumatiques, sociales ou familiales."        Benoît Véron, vice-président délégué à l'international porteur du projet Dupex 



Au total, 19 diplômes de ce genre ont été reconnus par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation partout en France.
 

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