Dans le Calvados, après la défaite, le parti socialiste se met au régime sec

Le siège du parti socialiste, rue Paul Toutain, à Caen / © France 3 Normandie
Le siège du parti socialiste, rue Paul Toutain, à Caen / © France 3 Normandie

Les défaites à la présidentielle et aux législatives se sont ajoutées à celles des municipales de 2014 et des régionales de 2015. Dans le Calvados, la fédération du PS a vu ses ressources fondre. Elle va lancer une souscription à la rentrée pour tenter de se renflouer

Par Pierre-Marie Puaud

"La situation est préoccupante", admet le secrétaire de la fédération. Depuis quelques semaines, Christophe Le Foll se démène pour tenter de maintenir les finances à flot. "Je restructure" dit-il. "Il y a des dépenses que j'ai supprimées. Je renégocie les contrats avec les fournisseurs et les imprimeurs. Et puis on a deux salariés qui se donnent corps et âme. La priorité, c'est le versement des salaires et des cotisations. Je vais voir comment préparer l'avenir. Peut-être faudra-t-il leur trouver un autre emploi".

Revers politiques... et financiers


En l'espace de deux ans, les ressources financières de la fédération se sont effondrées. Dans le Calvados, le PS a d'abord perdu les villes de Caen et de Ouistreham ainsi que plusieurs intercommunalités. Au mois de décembre 2015, les socialistes ont encore été défaits aux régionales. Or, chaque revers électoral a une incidence sur les finances, puisque les élus reversent une part de leurs indemnités. Et comme ce ne sont pas les soirs de défaite qu'affluent les nouveaux militants, le nombre d'adhérents à jour de cotisation n'a cessé de reculer. Enfin, la moitié du budget de la fédération provient du siège de la rue de Solférino à Paris. Mais après la déroute aux législatives du mois de juin, la dotation de l'état a été divisée par trois. Le PS va devoir diviser d'autant les subventions allouées aux fédérations.

Le reportage de Jean-Yves Gélébart et Jean-Michel Guillaud


Le Parti socialiste n'envisage pas de déménager


Les portraits des pères fondateurs accrochés au mur sont aujourd'hui d'une cruelle ironie. Les photos de Blum et Jaurès, les affiches électorales de Mitterand et de Jospin rappellent les belles heures du parti socialiste dans un local désormais bien trop grand dont la fédération n'est que locataire. Mais il se dit que le propriétaire serait des plus compréhensifs. Le parti socialiste n'en est donc pas à faire ses cartons. Mais Christophe Le Foll doit trouver de l'argent frais pour boucler les fins de mois. Une souscription sera donc lancée à la rentrée. "On a déjà connu une situation analogue en 1993, même si la situation était très différente". À l'époque, les socialistes s'étaient refait une santé politique (et financière) en remportant les législatives de 1997 après l'épisode inespéré de la dissolution décidée par Jacques Chirac. toute une époquye.... Aujourd'hui, les militants espèrent donc des jours meilleurs. Mais pour l'heure, l'horizon semble bien bouché.

Sur le même sujet

SUIVEZ LES ELECTIONS SENATORIALES 2017 SUR FRANCE INFO

Langrune-sur-Mer: Vanessa Melet a disparu depuis un an, ses parents se battent contre l'oubli

Près de chez vous

Les + Lus