Calvados : blocage et début de conflit social à la cimenterie Calcia de Ranville

Les manifestants CGT ont bloqué l'accès à la cimenterie.

L'accès à la cimenterie Calcia de Ranville, dans le Calvados était "bloqué" ce mercredi 7 février par des manifestants CGT dénonçant la politique salariale de l'entreprise, ainsi que des suppressions de postes au niveau national, selon le syndicat.

Une espèce de ras-le-bol


"Les camions ne rentrent pas", a précisé en début d'après-midi Bertrand Moreau, délégué central CGT de Ciments Calcia, propriété du groupe allemand Heidelberg Cement.

Cette action en cours "depuis ce matin 6h" fait suite à l'échec de la négociation annuelle sur les salaires. Il y a "une espèce de ras-le-bol" général, "cela fait 10 ans" qu'il n'y a pas eu d'accord avec la direction, rapporte-t-il. L'entreprise qui emploie environ 1.300 salariés sur dix sites en France va appliquer unilatéralement une augmentation générale de 1,3%, selon lui.

"Risques psycho-sociaux"


Au-delà de la question salariale, M. Moreau a dénoncé "des conditions de travail qui se dégradent", des "risques psycho-sociaux" en augmentation et des suppressions d'emplois qui se multiplient depuis le rachat en 2016 de Calcia par Heidelberg Cement, poids-lourd du secteur.

Un plan social qui prévoit 22 suppressions nettes de postes a été récemment annoncé à la cimenterie de Cruas, en Ardèche, qui s'ajoutent aux "60 postes supprimés l'année dernière" au siège de Calcia dans les Yvelines, selon le délégué CGT.

Dans le même temps, le groupe allemand "annonce fièrement à ses actionnaires que, grâce au rachat de notre entreprise, il a encaissé des synergies à hauteur de 450 millions d'euros, au-delà de ses espérances", rapporte-t-il.

Concernant Cruas, le plan n'est "pas acté" et des négociations sont en cours pour parvenir à un "accord préalable de méthode", assure le porte-parole de la direction. Le groupe va "garder l'usine" mais aussi "la réorganiser".

L'entreprise souhaite éviter les licenciements secs, en s'inspirant du plan réalisé au siège et qui a abouti, selon la direction, à "quasiment 100% de reclassement" par le biais de mobilités internes ou encore de départs volontaires.