Calvados : Le Festival Argentique de St Aubin sur Mer invite trois grands artistes russes

C'est la première édition de ce festival qui se tiendra tous les 2 ans. Pour ce premier opus, les organisateurs ont invité la Russie. Trois grands artistes russes sont à découvrir ainsi que deux français russophiles qui nous ont servi de guides. A voir absolument jusqu'au 15 Août.

Saint Aubin sur Mer, petit bourg de la côte fleurie au charme discret, souhaite devenir le temps de l'été un centre d'exposition et d'animation voué à l'argentique, cette vieille technique photographique. L'ambition muncipale est même d'y créer, tous les 2 ans, une biennale où le public pourra découvrir des talents venus du monde entier.

Pour ce premier opus, l'invitée d'honneur est la Russie. Préparée par deux photographes russophiles, l'édition 2021 est d'une très haute qualité et permet de découvrir de magnifiques talents. 

Reportage S.Daniel, Thoams Tavitian avec la participation d'Aurélien Le Duc et Olivier Marchesi, photographes

durée de la vidéo: 02 min 08
St Aubin sur Mer : Le Festival Argentique invite trois grands artistes russes

 

 La Russie d'avant la Révolution d'Octobre de Sergueï Prokudin-Gorsky

Sur un mur de pierre du parc de la Médiathèque, elles s'alignent et laissent éclater leurs couleurs incroyables. Les douze agrandissements des clichés de Sergueï Prokudin-Gosky nous dévoile une Russie disparue, à la fois rurale, colorée, exotique. Les photos originales ont été réalisées avant la grande Révolution d'Octobre 1917 qui chassa les tsars et la monarchie de ce grand pays. Cosaques en grande tenue, rabbin entouré de ses élèves, famille de paysan dans son champ, cette russie a en partie disparue emportée par le vent de l'Histoire.

Les cosaques de Sergueï Prokudin-Gorsky
Les cosaques de Sergueï Prokudin-Gorsky

25 photos réparties dans différents lieux de la ville ( Médiathèque, Mairie, la Digue) permettent de découvrir le travail d'un photographe d'exception.

Sergey Prokudin-Gorsky, né en 1863 et mort en 1944, invente, autout début du XXe siècle un procédé photographique original de mise en couleur sur un support argentique. Missionné par le Tsar Nicholas II, il parcourt l’Empire Russe, à bord d’une voiture de chemin de fer équipé d’une chambre noire, pour photographier la diversité de ses paysages et de ses modes de vie. 
 

Igor Mukhin, le Doisneau russe de l'Underground moscovite

Passionné par l'oeuvre de ce grand photographe considéré comme le Doisneau russe, Olivier Marchesi lui a consacré des livres, dont l'un, sous l'égide de la Maison Doisneau de Paris. Laissons-lui le plaisir de faire les présentations.

Les adolescents moscovites des années 80 sous l'objectif d'Igor Mukhin
Les adolescents moscovites des années 80 sous l'objectif d'Igor Mukhin

"Igor Mukhin interroge inlassablement la rue moscovite et nous livre avec «Générations » l’histoire de 35 années de transformations sociétales à l’oeuvre en Russie.
Le livre et l’exposition "Générations, de l’URSS à la nouvelle Russie" constituent une synthèse des travaux d’Igor Mukhin, de ses débuts dans la photographie alors qu’il fréquente l’underground rock soviétique, à ses travaux les plus récents consacrés à l’évolution de la rue moscovite, où se télescopent l’héritage soviétique et une modernité débridée.
Dans son oeuvre nous voyons s’incarner l’esprit du temps de chacune des trois époques autour desquelles s’articule cette rétrospective : la perestroïka, la transition socialisme capitalisme et la nouvelle Russie. Au fil de ces images, nous embarquons dans une machine à remonter le temps qui, à la manière d’un roman russe, convoque la grande et la
petite histoire." ( texte d'Olivier Marchesi)

L'exposition des 16 photographies d'Igor Mukhin est à voir à la Halle. Entrée libre jusqu'au 15 Aôut

 

Aleksey Myakiskev ou le photographe de la russie éternelle

Dans la Halle sur le mur opposé à celui du grand Igor Mukhin, l'oeuvre d'Aleksey Myakiskev déploit ses paysages enneigés. Rien à voir avec le travail précédent. Cette fois-ci, nous partons dans un coin reculé de la grande Russie, Kolodozéro. Son nom l'indique un peu ironiquement : un endroit de nulle part un peu au Nord ouest de la Russie où les rues ne connaissent pas l'alsphate, ni les maisons l'eau courante.

Kolodozéro d'Aleksey Myakiskev
Kolodozéro d'Aleksey Myakiskev

Au bord du lac Kolodo, Aleksey Myakiskev a séjourné chez le pope local un personnage central dans la petite communauté, un géant débonnaire dévoué à ses ouailles. Sur les clichés, on découvre cette petite communauté humaine soudée où la vie est à la fois dure et simple.

Aleksey Myakiskev a obtenu le Prix Albert Khende la photographie en 2020

 

Olivier Marchesi et Aurélien Le Duc au Cent 79

Ils ont chacun à leur façon eu envie de découvrir et d'immortaliser la Russie.

Olivier Marchesi :

Après 4 ans passés à vivre à Moscou et à sillonner les grands espaces russes, Olivier nous offre à voir un travail très léché. On sent le vent et le froid s'engouffrer, ou la douceur d'un après-midi d'été au bord d'un lac. La communion avec la nature est mystique, solitaire.

Exposition " Pour vous il n'existe ni patrie, ni exil" d'Olivier Marchesi

Aurélien Le Duc

Aurélien a préféré s'attacher aux humains qui vivent dans une russie de nulle part. Paysages habités, intérieurs intimes, rien n'arrêtent la force de vie de ces hommes et ces femmes rencontré et immortalisés sous son objectif. Ses clichés réalisés depuis 2013 sont exposés pour la première fois.

Exposition " Est ce ainsi que les hommes vivent" d'Aurélien Le Duc

Leurs deux expositions cohabitent dans un nouvel espace créé pour le Festival  au Cent 79.  

A St Aubin sur Mer, dans le cadre du Festival Argentique, toutes les animations et les expositions continuent jusqu'au 15 Août

 

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