Deauville déroule le tapis rouge au cinéma américain : le festival ouvre ses portes ce vendredi

La 47e édition du festival du cinéma américain de Deauville débute ce vendredi soir, une édition qui devrait être marquée par le retour des Américains, absents l'an dernier, et des spectateurs dans les salles.

Comme chaque année, à la rentrée, Deauville se met à l'heure américaine. Cette 47e édition du festival du cinéma américain, qui s'ouvre ce vendredi 3 septembre, se déroule de nouveau sur fond de crise sanitaire. Mais 2021 semble marquer un retour à la normale pour ce grand rendez-vous des amoureux du septième art. Les Américains, absents l'an dernier, font en effet leur grand retour sur les planches.

Deux grandes stars ce weekend

Ce weekend d'ouverture sera ainsi marquée par la présence de deux grandes stars. Ce samedi, le réalisateur Oliver Stone viendra présenter "JFK, l'enquête", un documentaire qui, trente ans après son film "JFK" avec en tête d'affiche Kevin Costner, revient sur l'assassinat du président américain. Présenté à Cannes au début de l'été, le film n'a pour l'instant pas de distributeur. Dimanche, sera l'acteur Johnny Dep qui foulera le tapis rouge pour présenter, hors compétitition, "City of lies". Il y incarne Russell Poole, policier à la retraite enquêtant sur les meurtres des rappeurs Tupac Shakur et Notorious BIG.

Bande-annonce "City of lies"

Plus tard dans la semaine, Dylan Penn viendra défendre "Flag Day", le film de son père, Sean, en compétition lors du dernier festival de Cannes. Le comédien Michael Shannon, lui, reviendra sur sa carrière lors d'une "conversation" qui aura lieu le samedi 11 septembre. Outre la présence de ces têtes d'affiche, le festival pourra compter, contrairement à l'an dernier, sur la présence en nombre des équipes des 13 films présentés cette année en compétition. "J'ai douze équipes de films qui sont présentes, ce qui prouve que les Américains n'ont pas peur de venir à Deauville", s'est réjouit le directeur du festival Bruno Barde auprès de l'AFP.

Vers un retour du public ?

Autre retour attendu par les organisateurs, celui du public dans les salles. L'an dernier, le festival avait accueilli 38 000 spectateurs, contre 60 000 en moyenne les années précédentes. S'il faudra porter le masque et montrer son pass sanitaire pour assister aux projections, 2021 est également synonyme de disparition des jauges dans les salles, des salles qui affichent déjà complet pour les journées de vendredi et samedi, ont indiqué les organisateurs. Un signe encourageant pour la suite ?

Plus d'une cinquantaine de films seront présentés durant les 12 jours du festival. Longtemps vitrine de l'industrie hollywoodienne qui venait présenter ses blockbusters attendus à l'automne sur les écrans français, Deauville est aujourd'hui, avant tout, un coup de projecteur sur le cinéma indépendant américain. Le jury, présidé cette année par la comédienne et chanteuse Charlotte Gainsbourg (qui viendra également présenter le film qu'elle a consacré à sa mère, Jane Birkin), devra départager 13 films. "La compétition est très hétéroclite avec quasiment tous les genres représentés : fantastique, polar, western, drame, comédie, même deux récits sur le monde de la pornographie", indiquait récemment Bruno Barde à nos confrères du JDD. Des genres variés mais des thématiques communes, comme la quête d'identité ou l'envie de changer de vie, selon le directeur du festival.

Interdit aux moins de 18 ans

Et le jury entrera dans le vif du sujet ce samedi avec "Blue Bayou" de Justin Chon, présenté à Cannes dans la catégorie "Un certain regard", et "Pleasure" de la réalisatrice suédoise Ninja Thyberg, une plongée dans l'univers du X interdite aux moinns de 18 ans. Les festivaliers pourront également découvrir  "Pig" avec Nicolas Cage, un comédien "en roue libre" ces dernières années selon certains critiques, qui revient sur les écrans avec un film encensé par la critique outre-atlantique. Egalement en compétition, "La Proie d'une ombre" de David Bruckner, "John and the Hole", de Pascual Sisto (également sélectionné à Cannes) ou "Down with the King" de Diego Ongaro avec le rappeur Freddi Gibbs.

Bande-annonce Pig avec Nicolas Cage

On vient de le voir, des passerelles existent entre Cannes et Deauville. Le partenariat initié l'an dernier sur la 46e édition avec l'un des plus grands (si ce n'est plus grand ?) festival du cinéma au monde est renouvelé cette année. Thierry Frémeaux, le délégué général du festival de Cannes sera présent ce vendredi à Deauville pour l'ouverture de la 47e édition et la projection en avant-première de "Stillwater" de Tom McCarthy, tourné à Marseille, avec Matt Damon et Camille Cottin. Cinq autres films présentés cette année à Cannes seront projetés durant le festival normand.

La France à l'honneur

Outre, comme chaque année, un jury exclusivement français, Deauville ouvre cette année une "Fenêtre sur le cinéma français", avec la présentation en avant-première de six films "made in France" comme "L'amour, c'est mieux que la vie", du plus deauvillais des cinéastes français, Claude Lelouch. Le réalisateur a déclaré en octobre dernier à nos confrères de RTL qu'il s'agirait de son dernier film. Il sera accompagné de plusieurs comédies à l'affiche de son long-métrage (Sandrine Bonnaire, Elza Zylberstein et Gérard Darmon, entre autres). Christophe Honoré et Yvan Attal viendront également présenter leurs derniers films, "Guermantes" pour le premier, "Les choses humaines" pour le second, dans le cadre de cette "Fenêtre sur le cinéma français".

Une 47e édition à suivre sur France 3 Normandie

Comme chaque année, Jacques Perrotte et Sabine Daniel de Là où ça bouge vous feront vivre, midi et soir dans vos éditions régionales, les temps forts du festival du cinéma américain. Ce vendredi soir, c'est le directeur Bruno Barde qui sera leur invité. A noter que le "18 h 30", présenté par Frédéric Nicolas et Véronique Arnoult, sera en direct de Deauville ce mercredi 8 septembre. Le même jour à 23 h 30, France 3 Normandie vous proposera un documentaire indéit, "Deauville et le rêve américain".

Ce documentaire, réalisé par Daphné Baiwir, retrace l’histoire du festival et propose un regard croisé sur le cinéma indépendant américain, avec les témoignages, entre autres, de Michael Douglas, Claude Lelouch, Stéphane Brizé, Gilles Jacob et Ira Sachs.

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