En passant par la Normandie, il fait le tour de France en courant pour la santé de la planète et celle des enfants

Parti des Hauts-de-France le 14 août dernier, le Greenicotour est arrivé en Normandie. Nicolas Vandenelsken effectue un tour de France en courant. Son message : bougez-vous pour la planète et pour votre santé.
Nicolas Vandenelsken, ici à Trouville, veut parcourir plus de 4000 kilomètres en courant pour sensibiliser ses concitoyens au dérèglement climatique
Nicolas Vandenelsken, ici à Trouville, veut parcourir plus de 4000 kilomètres en courant pour sensibiliser ses concitoyens au dérèglement climatique

Ce dimanche matin, quand d'autres sont encore sous la couette, Nicolas Vandenelsken, 29 ans, effectue l'ascension du pont de Normandie en courant. A ses côtés, Laura pédale sur son vélo charriant une remorque. Le ciel au-dessus de leurs têtes, typiquement normand, n'entame en rien leur volonté. Deux heures plus tard, les voilà cheminant sur les petites routes du Pays d'Auge. Laura souffre dans les côtes. Nicolas, à peine essouflé, poursuit sa foulée en poussant sa camarade. "On a fait 31 kilomètres aujourd'hui. C'est la seizième étape et le corps réagit plutôt bien."

Nicolas est parti de sa région, les Hauts-de-France, le 14 août dernier. A raison de 36 kilomètres en moyenne par jour, il compte arriver à Paris le 11 décembre prochain, le terminus d'un tour de France qui, si tout se passe bien, l'aura vu traverser 11 régions et 41 départements sur 4158 kilomètres. Le projet a été baptisé le GreeNico Tour. 

Car arrivés à leur destination du jour, Trouville, Nicolas et Laura entament la deuxième partie de leur journée. Tous deux déploient leur "fresque du climat" sur les planches, face à la plage. Sur le large panneau de toile sont réunis tous les maux dont souffrent notre planète, reliés les uns aux autres en un grand jeu de pistes dont le fil conducteur est dérèglement climatique. Et le duo d'inviter les passants à "jouer" avec eux, dévoilant causes et conséquences de la fin de la biodiversité marine et terrestre  - "Si une espèce meurt, toute la chaîne alimentaire, qui en découle, est impactée derrière" - ou de la montée des eaux.

Avoir un enfant aujourd'hui : "Dans quel monde je vais le faire vivre ?"

"Savez ce que ça entraîne le fait qu'il y ait beaucoup de CO2 dans les océans ?", demande ainsi Laura à une maman et sa fille. Cette fois-ci, les participants connaissent déjà la réponse. "J'ai ma fille qui me dit : je ne suis pas sûr de faire un enfant, parce que dans quel monde je vais le faire vivre. Et je trouve ça horrible que les ados, les jeunes aujourd'hui se posent cette question là. Mon fils, c'est pareil. Il me dit : j'aimerais bien mais ce n'est pas sûr", raconte la mère de famille.

Autre moyen d'interpeller et de sensibiliser les personnes rencontrées sur ce tour de France, la collecte de déchets sur le parcours, du plogging, du ramassage en courant. Et la collecte du jour n'a rien de reluisant. "Aujourd'hui, on a ramassé 82 masques, c'est l'équivalent de deux ou trois jours et ça nous choque", explique Laura, "C'est un nouveau déchets qu'on a que depuis un an et demi et le nombre de masques qu'on ramasse par jour, c'est incroyable. Quand les gens voient passer le vélo avec cette brochette de masques, ça les fait réagir. Et ce n'est que le visible. Or, il y a beaucoup d'invisible."

 Et le duo d'appeler à un véritable changement de comportement. "Il faut sortir de la caricature du bobo-écolo", plaide Nicolas Vandenelsken, "Quand on réfléchit vraiment à ce qu'on achète, on ne dépense pas forcément plus et on n'a pas besoin d'être riche. On sait aussi que c'est 10% des personnes les plus riches qui polluent le plus." Cette réflexion a lentement mâturé dans la tête du jeune homme. "C'est venu de cinq ans de boulot dans l'événementiel sportif. J'ai un peu saturé et j'ai pris pas mal de recul. J'ai voulu agir avec les valeurs du sport, en agissant sur le terrain."

"Les faire bouger, pour leurs corps mais aussi pour la planète"

Pour monter ce projet, Nicolas s'est préparé durant neuf mois : entraînement sportif, création d'une association, recherche de partenaires et lancement d'une cagnotte pour financer ce Tour de France (il espère collecter autant d'euros que de kilomètres à parcourir). "Courir 36 kilomètres par jour, ce n'est pas commun, du coup ça interpelle automatiquement. Si je l'avais fait à vélo, ça aurait eu moins d'impact", pense-t-il.

Quand il explique son projet, Nicolas parle de "sport-planète" et de "sport-santé". Sa fresque du climat et ses séances de plogging (ramassage des déchets en courant), il les destine d'abord aux enfants. En cette fin d'été, il est intervenu dans des centres aérés. Avec la rentrée, il compte désormais s'inviter dans les écoles. "Quand j'étais petit, j'étais obèse puis j'ai été anorexique", raconte ce jeune homme à la ligne aujourd'hui olympique, "J'aime aussi sensibiliser sur le sport santé parce qu'il y a de plus en plus de gamins qui sont très sédentéaires et ça, ça m'embête. L'idée, c'est de les faire bouger, pour leurs corps mais aussi pour la planète.

Pour Nicolas, cette aventure, riche de rencontres, est également humaine. Laura n'est pas la première à l'accompagner. C'est Julie qui a partagé avec lui les huit premières étapes de son tour de France. Dans quelques jours Laura passera à son tour le relais au guidon du vélo. Nicolas a lancé un appel sur les réseaux sociaux pour trouver ses compagnons de voyages. La route est encore longue avant d'atteindre Paris.

 

 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement sport santé société