Le rêve de Jean-Pascal Zadi continue. Originaire de Ifs près de Caen, le réalisateur obtient deux nominations pour les Césars 2021 : « Tout simplement Noir » concourt dans la catégorie meilleur premier film, et Jean-Pascal Zadi lui-même dans celle de meilleur espoir masculin.
« Ces deux nominations aux Césars, comment dire… C’est du bonheur ! C’est inattendu ! » Au lendemain de l’annonce de la liste des nominés pour les Césars 2021, Jean-Pascal Zadi peine à trouver les mots. Et ceux qui lui viennent en premier sont finalement les mêmes que les réalisateurs emploient souvent dans ces moments-là.
« Quand on voit les autres réalisateurs dire je ne m’y attendais pas, on se dit c’est des mythos, il font semblant d’être surpris. Mais en fait non, c’est vrai ! Ça surprend vraiment, je fais pas mon mytho du show-biz ! » s’excuse presque le réalisateur normand.
Depuis l’été dernier, et malgré la crise qui plombe tout le cinéma français, Jean-Pascal Zadi vit un véritable rêve éveillé. Sa comédie « Tout simplement noir » sortie le 8 juillet dernier a réuni plus de 800.000 spectateurs (chiffres du CNC) . Il a cartonné dès sa sortie en prenant tout de suite la tête du box-office français.
Son parcours ne le prédestinait pas à un tel succès. D’abord rappeur, Jean-Pascal Zadi s’essaie à la réalisation de clips de rap avant de se lancer dans le cinéma. Celui qui a réalisé « Tout simplement noir » avec lui a également suivi un parcours atypique. « Avec John Wax on n’est pas issus du sérail. » La joie de cette nomination aux Césars dans la catégorie meilleur premier film, il la savoure et la partage avec son ami John Wax.
Quand tu apprends que tu es nommé deux fois aux #César2021.
— france.tv (@francetv) February 10, 2021
Félicitations @JeanPascalZadi ! ? pic.twitter.com/cIUmVuEx9I
« La nomination comme meilleur espoir masculin, elle est plus personnelle, ça fait plaisir à l’égo. Ça m’encourage aussi, ça veut dire que je ne me suis pas trompé. »
"Une bonne visibilité pour les Noirs et les Normands !"
Dans sa comédie « Tout simplement noir », Jean-Pascal Zadi tourne en dérision les communautarismes. Lors de la sortie de son film en juillet, il nous expliquait que « le Noir français n'est pas uniforme. Il ne vient pas obligatoirement de banlieue. Il y a des Noirs qui vivent dans la campagne. Il y a des Noirs qui vivent en Corse. Il y a des Noirs qui vivent en Normandie." Et c’est son cas : Né en région parisienne de parents ivoiriens, Jean-Pascal Zadi a grandi à Ifs, près de Caen.
Ces nominations aux Césars pour son film sont pour le Normand « l’occasion de faire d’une pierre deux coups : une bonne visibilité pour les Noirs et pour les Normands ! » Et Jean-Pascal Zadi poursuit, en riant : « Je ne suis pas sûr qu'on ait été beaucoup représentés aux Césars jusqu'ici ! »
C’est un honneur de représenter Ifs, le collège de la Guérinière, le lycée Augustin Fresnel à Caen, Hérouville, Guillaume le Conquérant, et la Côte d’Ivoire en même temps !
"En face, il n'y a que des gens super talentueux !"
Si la nomination est une chose, la consécration au cinéma, c’est bien d’obtenir la statuette ! Et quand Jean-Pascal Zadi regarde la liste des nominés, qu’il cite presque par cœur, il se dit que l’Académie des Césars « a voulu apporter de la diversité, des nouveaux talents. On a notre place dedans, mais en face il n’y a que des super films avec des gens super talentueux ! »
Malgré une année noire pour le cinéma, quelques pépites ont en effet réussi à émerger. Dans la catégorie du meilleur premier film, face à « Tous simplement Noir » figurent «Deux», de Filippo Meneghetti, «Garçon chiffon», de Nicolas Maury, «Mignonnes», de Maïmouna Doucouré et «Un divan à Tunis», de Manele Labidi.
Du côté des meilleurs espoirs masculins, Jean-Pascal Zadi est dans les startings blocks aux côtés de Guang Huo («La nuit venue»), Félix Lefebvre («Ete 85»), Benjamin Voisin («Ete 85») et Alexandre Wetter («Miss»).
« Je n’ai pas de pronostic, nous confie Jean-Pascal Zadi. Evidemment que j’espère avoir un César, mais il ne faut pas que ça prenne trop de place, au risque d’être déçu après. »
Ma femme m’a dit ce matin, prépare un discours pour la cérémonie et mets le dans ta poche. Pour repartir après avec mon papier dans la poche si je n’ai pas le César ? ! Non, je ne vais pas faire ça !
Et s’il l’avait, ça changerait quoi dans sa vie de réalisateur, de comédien ? « Un César, ça représentait un truc inaccessible à l’époque, ça représente le prestige. Maintenant le rêve et la réalité se mélangent… Ca peut faire tourner la tête quand on est jeune. Mais moi j’ai 40 ans, j’ai trois gosses, c’est trop tard pour me faire tourner la tête. »
Trop tard pour qu’un César lui fasse perdre pied, mais il n’empêche, Jean-Pascal Zadi poursuit son rêve éveillé, et le poursuivra même au-delà de la cérémonie des Césars prévue le 12 mars prochain. Il écrit actuellement son prochain film, toujours avec John Wax. Par ailleurs, « Carrément craignos » la suite de sa série « Craignos », débarquera en mars sur France.tv.
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