La Presse à l’école : des élèves du lycée hôtelier Rabelais posent un regard sur le journalisme

Des élèves du lycée Rabelais, à Ifs, ont travaillé main dans la main avec la rédaction de France 3 Normandie pour réaliser deux reportages de leurs choix, diffusés ensuite dans nos éditions spéciales, le 14 octobre. L’occasion de saisir le rapport des lycéens aux médias traditionnels.

Ce jour-là, les robots pétrisseurs du laboratoire de boulangerie côtoient les caméras d’un plateau télé. Amandine se tient un peu en retrait de cette installation faite par France 3 Normandie en vue d'une opération spéciale de la Presse à l’école. Sous son regard curieux, une édition régionale va se tenir en direct dans les laboratoires de l’établissement.

Cette immersion a pour Amandine une autre saveur puisque cette élève au lycée Rabelais, en 1ère pro Boulangerie-Pâtisserie, a participé à l’élaboration de reportages diffusés ce jour-là dans le journal.

Plusieurs semaines auparavant, elle a rencontré une journaliste, Pauline Latrouitte, qui a aidé une dizaine d’élèves du lycée à organiser, tourner puis monter et mixer un reportage.

De quoi amener ces élèves à reconsidérer leur point de vue sur le journalisme et les médias.

Comment s'informent les lycéens et étudiants du lycée Rabelais ?

Désamour, manque d’intérêt, méfiance : c’est ce qui qualifie les relations entretenues par les 18-25 ans avec les médias traditionnels selon le Baromètre de confiance dans les médias Kantar/Onepoint pour La Croix, paru en mars dernier.

Au lycée Rabelais, la grande majorité des élèves interrogés affirment s’informer d’abord grâce aux réseaux sociaux, parmi lesquels Instagram, TikTok et parfois Twitter. 

"Je suis particulièrement les stories de certains influenceurs et parfois je fais des recherches dans google actualités quand quelque chose m’intéresse. Mais les informations en tant que telles, ça ne m’intéresse pas " précise Salomé Mabout, en 1ère professionnelle Boulangerie.

Si la télévision est évoquée, c’est souvent parce que leurs parents ou grands-parents la regardent et s'intéressent aux journaux télévisés. Lilian Mallejac affirme s’informer "un peu par la télé mais c’est surtout parce que mon père regarde."

Phénomène similaire pour les ondes radio. Si elle est écoutée, c’est avant tout pour la musique et si les informations sont entendues, c’est en raison des habitudes des parents.

"Les réseaux sociaux ont une puissance de feu en terme de captation de l’attention  supérieure aux médias traditionnels", explique Cécile Dolbeau-Bandin, maître de conférences en Information et Communication à l’université de Caen. " Leur support c’est le smartphone, qui accompagne les jeunes partout, toute la journée."

Cécile Dolbeau-Bandin poursuit : " l’information arrive directement aux jeunes, ils n’ont pas besoin d’aller la chercher. Les algorithmes des réseaux leur présentent ce qui les intéresse déjà, avec pour risque de les enfermer dans une bulle d’information qui ne leur présente pas d’opinion divergente."

Les lycéens et étudiants interrogés au lycée Rabelais méconnaissent pour la plupart ce danger, et ne s’interrogent pas sur le fonctionnement des réseaux sociaux. Pourtant, ils se disent tous "assez méfiants par rapport à ce qui circule sur Tik-Tok ou Insta", comme Salomé. La plupart ont conscience que les fake-news les guettent au détour d’un post ou d’une vidéo.

Tristan Dumoulin, futur boulanger en formation au lycée Rabelais, a participé à l’opération La presse à l’école en élaborant un reportage. Il reconnaît que " le fait de montrer le travail du journaliste, et d’être transparent en ouvrant les portes de la rédaction, ça donne confiance. C’est cette transparence qui compte."

Deux reportages réalisés par les élèves

Les élèves ont travaillé, pendant dix séances, avec les équipes de France 3 Normandie. Le premier atelier, un peu "théorique" a porté sur les fausses informations et la vérification des sources. Après avoir vu des exemples concrets, nous avons testé une liste d'outils qui permettent de ne pas se faire manipuler. Et ensuite place à la pratique. Dix lycéens se sont mis dans la peau de journalistes pour apprendre à concevoir un reportage de A à Z. 

Les élèves ont eu carte blanche pour choisir leurs sujets de reportage et ont souhaité mettre en lumière des personnalités courageuses. Le premier groupe s'est intéressé aux salariés, en situation de handicap, qui travaillent à l'Esat de Colombelles. Ils ont réalisé le portrait de Sabrina, devenue chocolatière, pour montrer comment le chocolat fait le lien entre les êtres humains.

Le deuxième reportage raconte l'engagement des pompiers de la caserne de Ifs, au sein de l'association "pompiers missions humanitaires". Les élèves ont rencontré des hommes dévoués entre deux missions, à Haïti et en Roumanie.

Si vous souhaitez, vous aussi, soutenir cette association, vous pouvez cliquer sur leur site internet.

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