VIDEO. Lisieux. "La direction ne veut clairement plus qu'on travaille", le ton monte à Sidel

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La tension est de plus en plus palpable chez ce fabriquant de machines de conditionnement où 109 salariés doivent être licenciés. L'usine doit fermer fin 2023. ©France 3 Normandie

Un représentant des salariés de l'entreprise Sidel à Lisieux affirme avoir subi des intimidations, samedi 25 février 2023, par des membres de la direction. La tension est de plus en plus palpable chez ce fabriquant de machines de conditionnement où 109 salariés doivent être licenciés. L'usine doit fermer fin 2023.

Certains sont dépités, d'autres sidérés face à la découverte qu'ils font en embauchant ce lundi matin. Des grillages ont été posés par la direction autour des machines de fabrication, ce qui empêche plusieurs salariés de l'usine Sidel à Lisieux (Calvados) de reprendre la production.

"C'est choquant, la direction ne veut clairement plus qu'on travaille dans l'atelier, elle privilégie les machines des clients mais le bien-être des salariés et tout ce qui se passe en ce moment, ils n'en ont rien à faire" nous explique un employé. "Les négociations se passent mal, on nous met la pression et maintenant ces grilles, ça fait beaucoup" ajoute-t-il.  

L'incompréhension est générale face  : "Elles ne sont pas tout à fait terminées, on doit continuer à travailler dessus ! La cadence de montage a été diminuée car les négociations ne se passent pas très bien et là, la direction bloque l'accès aux salariés pour monter les machines, on ne comprend pas où ils veulent en venir" nous explique Pierre Moullec, représentant UNSA de Sidel.

La direction communiquera bientôt officiellement sur le sujet. Mais, en attendant, elle explique avoir mis en place ces barrières dans le but de protéger les machines en les isolants par crainte de malveillance.

Un représentant du personnel film la scène

Une incompréhension totale car en réalité c'est durant le week-end dernier, en catimini, que les membres de la direction de l'entreprise ont mis en place les fameuses barrières. Alerté par un voisin de l'usine, Stéphane Herfort, représentant du personnel et délégué UNSA, se rend sur place. Là, il surprend plusieurs membres de la direction en train d’installer des grillages autour des machines et décide de filmer la scène. Il est très vite pris à parti et dénonce une intimidation : 

"Quand ils se sont aperçus que j'étais en train de filmer, la RH Europe m'a demandé d'effacer la vidéo et m'a dit que si cette vidéo paraissait sur les réseaux sociaux ou dans les médias, elle porterait plainte contre moi".

Stéphane Herfort, représentant du personnel à SIDEL

Un vigile m’a fermement interdit de sortir, sauf si j’effaçais la vidéo. J’ai refusé", raconte le syndicaliste, qui a fait appel aux forces de l’ordre. "Quand les vigiles ont entendu qu’une patrouille allait intervenir, ils m’ont laissé partir".

Depuis 50 ans à Lisieux

L'entreprise lexovienne qui fabrique des machines pour conditionner des boissons ou des produits alimentaires est bien connue sur Lisieux. Créé en 1965 par Jean Delapierre sous le nom de Ouest Conditionnement, l'entreprise spécialisée dans les machines à emballer sous film plastique est rachetée au début des années 90 par Sidel, à l'époque numéro 1 mondial des constructeurs de machines à fabriquer des bouteilles en plastique. 

L'usine Sidel de Lisieux (14) appartient aujourd'hui au groupe suédois Tetra Laval. Selon les salariés, elle a atteint ses objectifs et affiche un carnet de commandes bien rempli. Le site lexovien avait même été récompensé par le groupe Tetra il y a moins d'un an pour sa rentabilité et sa productivité.

Depuis l'annonce de la fermeture du site à la fin de l'année dernière, les échanges sont compliqués voir quasi-inexistants entre la direction et les salariés. Les représentants du personnel dénoncent une volonté de la direction de délocaliser la production en Asie. 

Vendredi 24 février, les négociations autour du plan social sont restées au point mort. L'usine de Lisieux doit fermer fin 2023.