Normandy beach race : pour certains, cet événement est un "non-sens écologique"

Pour la troisième édition, la Normandy beach race s'est tenue à Ouistreham (14) du 10 au 12 septembre 2021. Si l'événement a attiré plus de 100 000 personnes, cette course de véhicules rétro n'est pas du goût de tout le monde. Les écologistes dénoncent cette manifestation à "contre-courant".
Motos et automobiles datant d'avant 1947 se sont affrontées dans le cadre de la Normandy beach race, sur la plage de Ouistreham, du 10 au 12 septembre 2021.
Motos et automobiles datant d'avant 1947 se sont affrontées dans le cadre de la Normandy beach race, sur la plage de Ouistreham, du 10 au 12 septembre 2021. © Jean-Yves Gelebart / France Télévisions

Les moteurs vrombissent sur la plage Riva Bella de Ouistreham, dans le Calvados. Motos rétro, voitures vintage... Les véhicules d'antan attirent les regards. Pendant trois jours, des participants roulent à pleine vitesse sur 200 mètres de sable. A Ouistreham, la Normandy beach race, veut faire revivre l'ambiance des rendez-vous mécaniques des années 1940-50. C'est la troisième édition de cet événement gratuit qui a eu lieu de vendredi 10 septembre à dimanche 12 septembre 2021. 

A bord de leur véhicule, les participants s'élancent sur 200 m de sable.
A bord de leur véhicule, les participants s'élancent sur 200 m de sable. © Jean-Yves Gelebart / France Télévisions

Si la manifestation attire les visiteurs en masse, elle n'a pas que des adeptes. Des associations comme Alternatiba, Attac 14, Uni.e.s pour le Climat, Vélorution Caen et des militants écologistes dénoncent la tenue de cette course sur sable.

Pour le faire savoir, ils ont organisé un rassemblement alternatif écologique, appelé "la vélorution à la plage". Dans un communiqué, ils expliquent vouloir proposer "un moment convivial et festif zéro déchet et zéro carbone".

"Un non-sens écologique"

En fin de matinée ce dimanche, une trentaine de cyclistes s'élance au départ de Caen pour réjoindre Ouistreham. Les chansons A bicyclette de Bourvil ou encore La Mauvaise réputation de Brassens résonnent sur la quinzaine de kilomètres parcourue par le peloton. "On n'est pas dans la confrontation. L'idée c'est d'amener le débat sur la place publique", explique Frédéric, membre du collectif Vélorution Caen et Uni.e.s pour le climat.

Pour les cyclistes qui ont fait le déplacement jusqu'à Ouistreham, la Normandy beach race est "un non-sens écologique", estime Frédéric.

Une trentaine de cyclistes a pédalé de Caen jusqu'à Ouistreham pour dénoncer l'organisation de la Normandy beach race.
Une trentaine de cyclistes a pédalé de Caen jusqu'à Ouistreham pour dénoncer l'organisation de la Normandy beach race. © Jean-Yves Gelebart / France Télévisions

Des retombées économiques "exceptionnelles"

Depuis vendredi 10 septembre, plus de 100 000 personnes se pressent pour assister au défilé des véhicules de collection qui s'affrontent. Le maire de Ouistreham Romain Bail vante les "retombées économiques exceptionnelles". Pour l'élu, l'événement est un atout pour faire vivre commerçants, restaurateurs et hôteliers.

"Nous avons fait une évaluation des premières retombées potentielles sur ce week-end. Elles sont estimées à plus de 3 millions d'euros pour Ouistreham et la communauté urbaine de Caen La Mer", estime Romain Bail.

 

La Normandy beach race est un doigt d'honneur à la COP 26 pour le climat, qui se tiendra à Glasgow en novembre prochain.

Sophie Börner, conseillère municipale d'opposition EELV

Une plage propre après la manifestation

Les organisateurs de la course et la ville de Ouistreham s'attachent à respecter les normes environnementales. "C'est extrêmement encadré. On travaille avec la préfecture, la mairie et le DDTM, qui protège le territoire maritime", détaillent les organisateurs de l'événement.

D'après eux, "les cahiers des charges sont très pointus. Aucun véhicule ne roule avec du liquide de refroidissement, tous les véhicules roulent avec de l'eau". Et une "opération plage propre" est prévue à la fin de l'événement, insiste-t-on du côté de l'organisation.

"C'est du greenwashing !", s'indigne la conseillère municipale d'opposition EELV Sophie Börner. Avant d'ajouter : "ce nettoyage de la plage ne compensera pas toutes les pollutions émises par les moteurs à plein gaz pendant le week-end". Frédéric du collectif Vélorution et Uni.e.s pour le climat poursuit : "Monsieur Bail, n'a pas compris les enjeux climatiques de son époque".

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