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Lisieux : une communauté religieuse accusée d'esclavagisme

C'est au centre l'Ermitage de Lisieux qu'une jeune femme aurait été obligée de travailler 18 heures par jour, sans salaire ni liberté, pour le compte des Travailleuses Missionnaires
C'est au centre l'Ermitage de Lisieux qu'une jeune femme aurait été obligée de travailler 18 heures par jour, sans salaire ni liberté, pour le compte des Travailleuses Missionnaires

Le 17 mars dernier, une jeune femme a porté plainte pour exploitation par le travail et réduction en esclavage contre la communauté des Travailleuses missionnaires, une communauté déjà dans le collimateur d'une association d'aide aux victimes de dérives religieuses.

Par CM

Le 17 mars dernier, la jeune femme a entrepris une étape importante dans sa reconstruction. En 2011, cette croyante d'origine africaine prend la fuite du centre l'Ermitage de Lisieux avec son seul passeport en poche. Une dizaine d'années auparavant, elle s'est engagée au sein de la communauté des Travailleuses missionnaires (rattachée à la communauté donum Déi), une organisation présente sur les cinq continents. Elle gère notamment la chaîne de restaurants l'Eau vive.

C'est notamment dans cette chaîne de restaurants, à Marseille tout d'abord, puis à Domrémy, Rome et enfin à Lisieux, à partir de 2007, que la jeune femme va travailler dans des conditions peu "chrétiennes". Des journées de 18 heures de labeur, aucun salaire ni liberté, raconte-t-elle.  

Cette communauté est dans le collimateur de l'Avref, l'association d'Aide aux victimes de dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles. Celle-ci a recueilli de nombreux témoignages et publié un « Livre noir des Travailleuses Missionnaires de l'Immaculée ». Le président de l'Avref, Aymeri Suarez-Pazos, évoque "des personnes dans une situation de détresse incroyable (...) travaillant de 6 heures à 24 heures, qui n'avaient pas accès au médecin en général, certaines femmes sont mortes d'épuisement". 

En 1999, par le biais d'une convention, cette communauté s'est mise au service du sanctuaire de Lisieux pour l'accueil des pélerins. "J'ai été surpris, consterné et en même temps paisible et lucide sur l'attente qu'il nous faut vivre pour connaître les résultats de l'enquête", déclare Mgr Olivier Ruffray, recteur de la Basilique de Lisieux. La plainte déposée le 17 mars dernier va permettre de faire la lumière sur les pratiques de cette communauté. En attendant, 30 des 40 travailleuses de Lisieux ont été transférées à Besançon et remplacées par de véritables salariées.

Reportage de Catherine Berra et Cyril Duponchel
Intervenants:
- Aymeri Suarez-Pazos, président de l'AVREF
- Mgr Olivier Ruffray, recteur de la Basilique de Lisieux

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