Pompiers en grève : "Tous les mois on enterre des collègues, on n'en peut plus"

Les sapeurs-pompiers de toute la France sont partis manifester à Paris ce jeudi pour réclamer des mesures sur la santé au travail et le manque d'effectifs. Au service départemental d'incendie et de secours du Calvados, les personnels déplorent une profession à risque, pas encore reconnue comme telle.

Les sapeurs-pompiers sont en colère. Pour la première fois, toutes les organisations syndicales se déplacent à Paris pour manifester leur mécontentement sur leurs conditions de travail.

Les soldats du feu s'inquiètent sur plusieurs points. À commencer par les fameux PFAS, les polluants éternels. "Les imperméabilisants qu'on utilise pour protéger nos tenus incendies contiennent des PFAS, les émulseurs qui servent à faire la mousse possèdent des PFAS. On est confrontés beaucoup plus que d'autres types de population à ces polluants", a affirmé au micro de france info Jean-Baptiste Auger, pompier à Châteauroux et représentant du syndicat CGT.

"Nous sommes les oubliés de la République"

Les soldats du feu revendiquent notamment une meilleure reconnaissance au niveau de la prévention des risques chez les sapeurs-pompiers.

Je pense qu'on est une profession à risque et on n'est pas reconnu comme telle. Il n'y a pas de compensations financières, il n'y a rien du tout.

Gaëtan Lechevalier, secrétaire général de la CGT du SDIS du Calvados

Les pompiers de toute la France ont défilé à partir de 14h entre la place de la République et celle de la Nation. Quelques échanges tendus ont eu lieu entre les soldats du feu et les forces de l'ordre. 

L'imposant cortège de pompiers, équipé de fumigènes et drapeaux syndicaux, a dénoncé un manque d'effectifs. "On veut se faire entendre pour que notre métier soit pris en considération, souligne Gaëtan Lechevalier. La police est prise en compte avec le risque attentat. Les autres services également parce qu'il y a les Jeux Olympiques. Aujourd'hui, les pompiers, nous sommes les oubliés de la République". 

"La moyenne d'âge d'un pompier, c'est 64 ans"

Le risque est quotidien pour les soldats du feu, qui rappellent eux-mêmes être "les premiers intervenants" lors d'incendies, de catastrophes ou accidents.

La dangerosité des interventions, couplée à la multiplication des interventions ces dernières années, les exposent de plus en plus à des problèmes de santé.

"Quand on part sur un incendie, les plastiques qui brûlent sont extrêmement cancérigènes. Aux Etats-Unis et dans pas mal de pays européens c'est reconnu, mais pas en France, déplore Gaëtan Lechevalier, secrétaire général de la CGT du SDIS du Calvados. Tous les mois, on enterre des collègues. On n'en peut plus. La moyenne d'âge d'un pompier, c'est 64 ans. Pour nous, c'est inacceptable. Il faut que le gouvernement prenne en compte la réelle difficulté de notre métier".

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