Amiante à Condé-sur-Noireau: la cour de cassation annule les mises en examen

L'ancienne usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau à l'abandon le 16 mai 2013, au coeur du scandale de l'amiante en France / © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
L'ancienne usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau à l'abandon le 16 mai 2013, au coeur du scandale de l'amiante en France / © CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Suite à l'annulation des mises en examen de huit personnes, dont Martine Aubry, dans le dossier de l'amiante des salariés de l'usine Ferodo-Valeo, l'Andeva s'était pourvue en cassation. La cour a confirmé ce mardi l'annulation de ces mises en examen.

Par CM et PMP

Ce mardi, c'est tout un pan de l'instruction du dossier de l'exposition à l'amiante des salariés de l'usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noireau qui s'effondre. Depuis deux ans, le travail mené au pôle de santé publique était suspendu au sort des mises en examen prononcées à l'encontre de huit personnes, dont l'actuelle maire de Lille, Martine Aubry. Celles-ci avaient immédiatement contesté leurs mises en examen. Après un long bras de fer juridique, elles viennent d'obtenir gain de cause. La cour de cassation a annulé définitivement ce mardi ces mises en examen.

Parmi ces huit personnes figuraient des industriels, des scientifiques et des hauts-fonctionnaires, tous soupçonnés d'avoir oeuvré au sein du Comité Permanent Amiante (CPA), un lobby ayant défendu l'usage de l'amiante dans les années 80, une époque où certains pays commençaient à l'interdire.

En 2012, la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy qui était alors en charge du dossier avait aussi prononcé une mise en examen à l'encontre de Martine Aubry. Entre 1983 et 1987, l'actuelle maire de Lille était la directrice des relations du travail au ministère du travail : la juge la soupçonnait d'avoir tardé à faire appliquer des directives européennes qui auraient pu protéger les travailleurs de l'amiante.

Pour les victimes, l'espoir d'un grand procès de l'amiante s'éteint avec la décision rendue ce mardi par la cour de cassation. A Condé-sur-Noireau, ce mardi après-midi, c'est un sentiment d'écoeurement qui dominait. "On nous dit à nous, les malades de l'amiante, circulez, il n'y a rien à voir", déclare Jean-Claude Barbé, vice-président de l'ALDEVA. 

19 ans après les premières plaintes, seuls les anciens directeurs des usines Ferrodo-Valéo de Condé-sur-Noireau et un ancien médecin du travail, aujourd'hui tous âgés, sont encore poursuivis dans ce dossier. En 2013, les maladies causées par l'amiante ont emporté cinquante personnes dans le secteur de Condé-sur-Noireau.

Reportage de Rémi Mauger et Emilien David
Intervenants:
- Jean-Claude Barbé, vice-président ALDEVA
- Jean-Claude Catherine, association ALDEVA

Condé-sur-Noireau: réactions après la décision de la cour de cassation

 

Sur le même sujet

Des haies utiles à la faune et aux chasseurs

Près de chez vous

Les + Lus