Un vélo canadien de la seconde guerre mondiale débarque au centre Juno Beach de Courseulles-sur-Mer.

C'est un objet très emblématique du débarquement canadien du 6 Juin 1944 qui a été offert au Centre Juno Beach de Courseulles-sur-Mer. Un vélo de parachutiste donné le jour J par un soldat canadien à un jeune adolescent de Banville. Le début d'une amitié de quarante ans entre les deux hommes.

Ce vélo canadien a débarqué sur les plages de Normandie le 6 Juin 1944.
Ce vélo canadien a débarqué sur les plages de Normandie le 6 Juin 1944. © Centre Juno Beach

Christian Costil avait quatorze ans en Juin 1944 quand il a rencontré Marius Aubé, un soldat canadien débarqué à Graye-sur-Mer le jour J.

Christian Costil, jeune adolescent de Banville en 1944
Christian Costil, jeune adolescent de Banville en 1944 © Famille de Christian Costil

 

L'adolescent habite la commune voisine de Banville et se lie d'amitié avec le parachutiste qui lui offre son vélo quand il doit quitter la Normandie avec son régiment.

Marius Aubé va rester tout l'été dans le Calvados et fréquenter souvent la ferme où habite le jeune Christian. Mais la guerre continue et le soldat canadien part vers l'Allemagne avec son régiment. Commence alors une longue correspondance entre les deux hommes, Marius écrit à Christian en 1945 alors qu'il se trouve toujours outre-Rhin. Une fois rentrée chez lui, à Sherbrooke au Canada, le soldat continue de prendre des nouvelles de son jeune ami normand et cela va durer quarante ans, jusqu'au décès de Marius en 1988. 

Marius Aubé appartenait au Royal Canadian Army Service Corps
Marius Aubé appartenait au Royal Canadian Army Service Corps © Famille de Marius Aubé

Marius est revenu au moins deux fois en Normandie mais par un mauvais concours de circonstance, les deux hommes ne se sont jamais revus . Ils ont échangés par courrier très régulèrement pendant quatre décennies.

Une lettre de Marius à Christian écrite en 1981 ou le vétéran évoque son intention de revenir en Normandie.
Une lettre de Marius à Christian écrite en 1981 ou le vétéran évoque son intention de revenir en Normandie. © Famille de Christian Costil

 

Une seconde carrière pour le vélo canadien

Christian Costil va garder son vélo pliant canadien pendant soixante-seize ans. Après avoir travaillé à la ferme familiale jusqu'à ses vingt-huit ans, il est embauché chez EDF pour relever les compteurs. Une mission qu'il va accomplir avec son vélo, qu'il loge sur la banquette arrière de sa 2CV et qu'il ressort à chaque étape pour relever les compteurs électriques de maison en maison, jusqu'à sa retraite en 1985. Le vélo est ensuite entreposé à l'abri jusqu'au décès de Christian en Novembre 2020. Ses deux filles respectent ses dernières volontés et remettent le vélo, comme le souhaitait leur père, au Centre Juno Beach de Courseulles-sur-Mer.

 

Un très beau cadeau pour le centre Juno Beach

Ce vélo pliant canadien est en effet un objet très rare sur le marché des souvenirs du débarquement. On estime qu'un peu plus d'un millier de ses vélos ont débarqués sur Juno Beach le 6 juin 1944. L'Airborne Folding Bicyle était attribué dans les unités aéroportées mais également aux unités d'infanterie ou des services. Ils servaient aux soldats à se déplacer plus vite et en silence sur les chemins du bocage normand. A l'usage, ils étaient plus encombrants qu'utiles et les soldats les abandonnaient souvent.

Soldats et vélos canadiens s’apprêtent à débarquer à Bernières-sur-Mer dans le Calvados
Soldats et vélos canadiens s’apprêtent à débarquer à Bernières-sur-Mer dans le Calvados © Archives du Canada/Centre Juno Beach

Pour le Centre Juno Beach, ce vélo est un cadeau de grande valeur qui sera exposé comme il le mérite.

Ce vélo, on va l'exposer dans le hall du musée, parce qu'il est tellement emblématique du débarquement canadien. On va le garder en l'état et on va raconter aux futurs visiteurs sa longue et merveilleuse histoire.

Nathalie Worthington, Directrice du Centre Juno Beach

Outre le vélo canadien, les filles de Christian Costil ont également offert au Centre Juno Beach plusieurs lettres échangées entre leur père et Marius Aubé. Quand il réouvrira ses portes au public, les visiteurs pourront découvrir toute l'histoire de Christian, Marius et du vélo canadien.

Mon papa avait un amour presque charnel pour ce vélo qu'il a gardé toute sa vie, mais il était très pudique et parlait rarement de sa rencontre avec Marius.

Joëlle Letellier, l'une des deux filles de Christian Costil

Ils pourront également découvrir d'autres objets donnés par des anonymes ou des associations canadiennes, comme une très belle bannière que les soldats canadiens de retour au pays recevaient chez eux, ou l'uniforme d'un matelot canadien en parfait état avec ses médailles et son livret militaire. Grâce à cette donation et aux recherches du Centre Juno Beach, les filles de Christian ont pris contact avec la nièce de Marius au Canada. Une nouvelle histoire peut-être, qui prolongera celle entamée il y a soixante-seize ans par Marius et Christian.

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