Centrales nucléaires, usines Seveso. Des exercices de sûreté pour mieux se préparer en cas d'accident

Pour être prêt en cas d’accident nucléaire ou industriel, de nombreux exercices de sûreté sont organisés chaque année. Des mises en situation qui, selon les autorités sont très souvent réussies. Retour sur certains exercices et leurs objectifs.

 

Nous sommes le mercredi 15 Septembre dans la commune de Belleville-sur-Mer.

Une sirène retentit à 12h45. Aux abords de la mairie, des gendarmes à moto, des policiers et de la rubalise. Rien de grave, c’est une mise en application d’un scénario catastrophe à la centrale nucléaire de Penly, située à une dizaine de kilomètres. Il a été imaginé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Suite à de nombreuses défaillances, tous les matériels de secours tombent en panne. Les conséquences sont graves : de la radioactivité a été détectée dans la commune de Belleville-Sur-Mer.

 toutes les collectivités, tous les acteurs se sont mobilisés, ont été réactifs, prêts 

Alain Gueydan, sous-préfet de Dieppe

Sur ordre de la préfecture, il faut évacuer la population.

Sur le papier tout est fait pour intégrer la population à cet exercice. Dans la réalité, 1 seul habitant, Alain Danoizel, s’est porté volontaire.

Il explique avoir accepté de participer à cette évacuation « dans la mesure où cela me permet de voir comment cela va se passer au cas où un accident devait réellement se produire. Je pourrais également aider d’autres personnes, les guider si besoin »

Un exercice réussi selon le sous-préfet de Dieppe Alain Gueydan.. Le représentant de l’Etat estime que « toutes les collectivités, tous les acteurs se sont mobilisés, ont été réactifs, prêts »

Que se passera-t-il en cas d’accident nucléaire ?

Alain Corréa, porte parole du collectif Stop EPR ni à Penly ni ailleurs

 

Sur le fond oui mais pas sur la forme. C’est le sentiment d’Alain Corréa,  porte-parole du collectif  Stop EPR ni à Penly ni ailleurs. Il suit l’exercice de près, notamment à Yvetot où un centre d’accueil et de regroupement des évacués a été installé.

« Ce n’est pas du tout représentatif. Dans la réalité il pourrait y avoir  jusqu’à 30 000 personnes, parfois paniquées. S’il y a contamination on ne sait pas ce qu’il se passerait, je vous laisse imaginer l’angoisse des gens »

 

Le militant poursuit en prenant l’exemple de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen le 26 Septembre 2019.

« L’alerte a été donnée cinq heures après le début des évènements. Que se passera-t-il en cas d’accident nucléaire ? »

Pour agir au mieux, d’autres lieux tentent de se perfectionner.

Décontaminer 100 personnes par heure

Au Centre Hospitalier de Rouen, des formations face aux risques chimiques, nucléaires et radiologiques sont proposées deux fois par an. Elles permettent de se former à la décontamination de personnes en cas d’accident.

10 volontaires suivent chaque session, soignants ou non.

Karl, diététicien, y participe. Il explique

« Si jamais il y a une situation d’urgence, cette formation me permet de participer à l’effort et de me rendre utile »

Grâce à ces mises en situation, l’hôpital de Rouen tient à disposition un vivier de 90 experts. Les équipes doivent être en mesure de décontaminer 100 personnes par heure.

 

 

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