Chenilles processionnaires : c'est le moment de les éradiquer

C'est la saison des chenilles processionnaires. Ces insectes, qui sévissent aux beaux jours, peuvent représenter un véritable danger pour l'Homme et les animaux. Et les sociétés spécialisées dans leur éradication connaissent un pic d'activité : depuis cinq ans, elles sont en effet de plus en plus présentes en Normandie.

Vous les avez peut-être déjà aperçus sur des chênes, un peu partout en Normandie. Ces nids, qui peuvent mesurer jusqu'à 1 mètre et contiennent plusieurs dizaines de chenilles processionnaires du chêne... Celles-ci sont des nuisibles qui font désormais partie de notre quotidien, mais dont il est préférable de se débarrasser, en raison des risques qu'elles font courir à la population et aux animaux.

Découvrez le sujet de F. Lafond et E. Lombaert :

De plus en plus de chênes touchés

C'est à Piseux, près de Verneuil d'Avre et d'Iton (Eure), que Boris Coeuret intervient ce mardi 23 mai. Président de BC27, une société spécialisée dans la dératisation et la désinsectisation, il pulvérise directement sur les feuilles de chêne infectées un produit nocif, le BT (bacillus thuringiensis)

Celui-ci, autorisé en agriculture biologique, n'a, en principe, aucun impact sur les mammifères. "On intervient maintenant parce-qu'elles [les chenilles processionnaires, ndlr] ne sont pas encore en phase urticante", précise Boris Coeuret. "On pulvérise le produit sur l'ensemble du chêne pour éviter ce phénomène urticant et les problématiques que ça peut engendrer."

L'année dernière, il avait traité 500 chênes. Cette année, il en est déjà à 800. "On a pu voir qu'on était de plus en plus infesté par la chenille processionnaire du chêne", constate-t-il. "Ce qui est évoqué, c'est surtout le réchauffement climatique."

Attention aux animaux de compagnie

Reconnnaissables à leur façon de se déplacer en file indienne, les chenilles processionnaires du chêne - larves d'un papillon de nuit - prolifèrent partout en France à l'approche de l'été. Et les hivers plus doux ont favorisé leur développement depuis quelques années.

Problème : très volatiles, leurs poils sont aussi extrêmement urticants. Y compris pour les animaux de compagnie, comme les chiens, les chats ou encore les chevaux.

"On risque des éruptions de boutons, qui peuvent s'enflammer. Pour les personnes anaphylactiques, on peut se retrouver avec un choc, et pour les gens qui sont allergiques, c'est directement le médecin et les antihistaminiques", précise Philippe Huard, technicien service environnement à la ville d'Evreux, où le combat est mené contre ce fléau depuis 2019.

Autre problématique : les chenilles processionnaires du chêne grignotent les feuilles de l'arbre sur lesquelles elles peuvent s'installer par milliers... Et peuvent ainsi provoquer d'importants dégâts sur la végétation.