Coronavirus : la poste “exceptionnellement fermée samedi“ et ”une nouvelle organisation” à venir

80% des facteurs ont effectué leur tournée en France mardi 17 mars 2020. / © Pascal BROCARD / MAX PPP
80% des facteurs ont effectué leur tournée en France mardi 17 mars 2020. / © Pascal BROCARD / MAX PPP

La Poste fait partie des établissements qui continuent d’assurer leurs services, en pleine période de confinement. L'établissement annonce sur Twitter une fermeture exceptionnelle samedi  21 mars.

Par Olfa Ayed

Mise à jour du 20 mars : La Poste annonce une fermeture exceptionnelle samedi 21 mars et explique que "les nouvelles organisations feront l'objet d'une information spécifique aux postiers et à l'ensemble de la population".

Coronavirus : les salariés de La Poste inquiets, la Direction assure mettre "tout en œuvre pour les protéger"

(article publié le 19 mars)
La Poste fait partie des établissements qui continuent d’assurer leurs services, en pleine période de confinement. En Normandie, des salariés s’inquiètent pour leur sécurité tandis que la Direction assure avoir commandé "gants, masques et gels".

"C’est le stress, l’angoisse, des agents en pleurs, les collègues viennent avec leur propre matériel de protection", témoigne un membre de la CGT, salarié de la poste de Lisieux. Mardi 17 mars 2020, la France est entrée dans une période de confinement pour "au moins 15 jours". De nombreux établissement publics et privés ont dû fermer leurs portes. La Poste, elle, continue son activité.
 

Dans un communiqué publié le 16 mars dernier sur les réseaux sociaux, le Groupe a fait savoir sa détermination à assurer ses services "en tant qu’entreprise de service public et "opérateur d’importance vitale pour le pays" (…) dans le respect absolu de la santé de ses collaborateurs et de ses clients."
 

Pourtant, des salariés ne se sentent pas protégés :

Les conditions de travail sont catastrophiques ! On n’a pas de gel hydroalcoolique, on n’a pas de gants, on n’a pas de masques, les cas de collègues qui ont les symptômes se multiplient , ces collègues se font prescrire un arrêt de travail, mais nous on est en contact et on continue à bosser


"On ne peut pas pratiquer les gestes barrières c’est pour ça que des collègues utilisent leur droit de retrait", s’alarme ce salarié du bureau de Lisieux.

"On demande qu’on ferme la poste 15 jours", annonce le salarié de Lisieux, car certains se sentent "sacrifiés", comme le souligne le communiqué de la CGT FATP, publié le 18 mars sur les réseaux sociaux.
 


Des centres de tri de "150 à 200 salariés" à Mondeville


De son côté, la Direction se veut rassurante. Contactée, elle estime s’être "emparée du sujet très tôt. Des personnes qui ont des symptômes sur le lieu de travail sont invités à rentrer chez elle", assure-t-on. "Le personnel qui revenait d’Italie on l’a isolé 15 jours même sans symptômes. On ne se posait pas de questions."

Pourtant, dans des centres de tri comme celui de Mondeville, "entre 150 et 200 travaillent", déclare le salarié de Lisieux. "La distance d’un  mètre est respectée et tout est repensé pour ne pas qu’on se croise", explique la Direction qui souligne que du personnel en charge de l’hygiène et de la sécurité y veille.

Et si du côté des salariés on s’inquiète des mesures barrières difficiles à faire respecter dans les bureaux de poste "sans vigiles", la Direction reconnaît des "grosses incivilités" de la part des clients et rappelle :

Il faut se rendre au bureau de poste si c’est nécessaire


"On ne minimise pas la peur, on la comprend, on met tout en œuvre pour les protéger eux et les clients", insiste-t-on au sein du Groupe La Poste. On a commandé des masques et les facteurs, la quasi totalité sont équipés, ils ont accès à de l’eau et du savon". 
 


D’après le communiqué du Groupe, publié le 16 mars, le service postal continuera et ce "en fonction de l’évolution sanitaire et de l’absentéisme des équipes". Mardi 17 mars, 80% des facteurs ont effectué leur tournée en France.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus