Coup d'envoi de la saison de ligue 2 : le HAC, le Stade Malherbe et QRM retrouvent le chemin des stades

La saison de ligue 2 débute ce samedi 24 juillet. Trois clubs normands sont en lice : le Havre, doyen du foot français, Malherbe, le plus gros club de la région, et QRM, Petit Poucet de retour en ligue 2.
© France Télévisions

La Normandie terre de ligue 2 ? Cette saison, le championnat compte trois clubs normands : le Stade Malherbe de Caen, le Havre Athletic Club football et Quevilly-Rouen-Métropole. Ce n'était pas arrivé depuis la saison 2003-2004. L'occasion pour les supporters d'assister à six derbys dans la saison. Le premier d'entre eux sera seino-marins et aura lieu au Havre le 21 septembre. Les Ciel et Marine affronteront QRM, fraichement promu en ligue 2.

Le coup d'envoi de la saison c'est ce samedi 24 juillet à 19 heures :

Les supporters vont eux aussi retrouver le chemin des stades mais dans des conditions particulières. Le passe sanitaire (vaccination complète ou tst PCR négatif) est obligatoire pour pouvoir assister aux matchs.

Pour ceux qui n'auront pu rentrer au stade, il sera possible cette année de voir partiellement les rencontres de ligue 2 en clair à la télévision. Le géant Amazon, détenteur de 80% des droits de diffusion, a nouvé un partenariat avec le groupe l'Equipe.

 

Le HAC : un bel anniversaire pour le doyen ?

Souvent raillé par des supporters caennais en proie à un compexe de supériorité, le HAC mérite pourtant le respect, ne serait ce que par sa longévité. Le club havrais vient de dévoiler son tout nouveau maillot, un maillot célébrant ses 150 ans. 

Mais pour célébrer cet annniversaire comme il se doit, il faudra se montrer plus performant que la saison passée (12e au classement final). Les supporters havrais ont tout de même de quoi se consoler : leur club n'a pas eu à batailler jusqu'aux ultimes minutes pour assurer son maintien contrairement aux frères ennemis de l'autre côté de la Seine. Il aura juste sauvé sa tête lors de l'avant dernière journée de championnat.

Outre des résultats en dents de scie, la saison passée a également été marquée en avril dernier par des rumeurs de vente du club normand, le tout dans un contexte de crise sanitaire et financière (le fiasco des droits tv avec Mediapro) pour le football français. Le président Vincent Volpe a depuis démenti ces rumeurs et réaffirmé son engagement au sein du club.

Lui aussi est toujours là, c'est Paul Le Guen. L'entraîneur entame sa troisième véritable saison (il est arrivé en mai 2019) avec les Ciel et Marine. "On repart pratiquement avec le même effectif cette saison. Notre objectif est de progresser collectivement et individuellement, et de faire progresser les jeunes. Ceux qui étaient là, mais aussi ceux qui nous ont rejoint. Ils ont les moyens de s'installer dans l'équipe, et même de l'améliorer", confiait-il récemment à nos confrères de l'Equipe tv.

Pour autant, le coach souhaite recruter un attaquant et un défenseur, en plus du jeune Thierno Baldé (19 ans), prêté par le PSG. Des recrutements qui devront se faire avec un budget contraint. "Si la DNCG (le gendarme financier du foot français) ne nous a fait aucune remarque, c’est uniquement parce que l’actionnaire, Vincent Volpe, s’est engagé, personnellement, a apporté les garanties nécessaires", indiquait récemment Pierre Wantiez, le directeur général du HAC à nos confrères de Paris-Normandie

Autre difficulté pour Paul Le Guen, la présence de plusieurs joueurs à l'infirmerie. Pour affronter Guingamp en ouverture du championnat, l'entraîneur du HAC ne disposera pas de tous ses atouts. Blessé au visage le 1er mai dernier, Jean-Pascal Fontaine ne doit pas retrouver les terrains avant la fin août. Le gardien Mathieu Gorgelin, blessé à l'épaule, et Fernand Mayombo, souffrant de la cuisse, seront eux aussi absents. Sans compter le nouvel arrivant Thierno Baldé, revenu du match de préparation contre contre Lens avec un genou gonflé. 

Malherbe : le poids-lourd en pleine reconstruction

"Maintenant c'est l'ère zéro qui démarre", déclarait à l'issue du dernier match de la saison passée Pierre-Antoine Capton, le président du Conseil de surveillance et co-actionnaire du Stade Malherbe de Caen. Le producteur de télévision allié au fond investissement d'Oaktree a eu son lot de sueurs froides pour sa première année aux manettes du club normand. Si les rouge et bleu sont parvenus à sauver leur tête in extremis, la saison 2020-2021 aura été une longue descente aux enfers, à l'images des trois dernières années depuis l'éviction par les actionnaires du président Jean-François Fortin qui, ironie de l'histoire, voulait impliquer d'avantage dans la gestion du club le chef d'entreprise trouvillais (Capton).

L'ère zéro donc, qui passe d'abord par le rétablissement de la situation financière du club, aggravée par la crise sanitaire. Si les nouveaux propriétaires ne sont pas venus les mains vides, l'entreprise Malherbe n'a pa pû faire l'économie d'un plan social : une vingtaine de personnes dans les services administratifs et communication. L'effectif sportif, pléthorique pour un club de cette envergure, a dû lui aussi être revu à la baisse. 13 joueurs sont partis durant l'été.

L'ère zéro, c'est aussi celle de la refondation sportive. Et dans le rôle de l'architecte, le président Olivier Pickeu a recuté un homme qu'il connait très bien, Stéphane Moulin, l'ancien entraîneur du SCO d'Angers. Pour lui et ses hommes, le travail a commencé le 18 juin dernier. La préparation estivale du Stade Malherbe s'est soldée par trois victoires, deux nuls et une défaite. Le 17 juillet dernier, les rouge et bleu ont réussi à s'imposer en demie-finale du challenge Emiliano Sala face à un club de ligue 1, certes un FC Nantes également convalescent, mais un résultat encourageant pour la suite. "Pour chaque joueur, le rôle qui lui est dévolu est bien compris. C'est intéressant. Après, on a encore du travail", reconnaissait alors le nouvel entraîneur. Ce vendredi, veille de reprise, Stéphane Moulin se montre à la fois satisfait du travail accompli ces dernières semaines tout en restant prudent.

La prudence semble être le maître-mot cette saison au sein du Stade Malherbe de Caen, où on évite désormais de parler de remontée en ligue 1, contrairement aux années précédentes. 

Si les dirigeants souhaitent travailler avec un effectif resserré, celà n'empêche pas de nouvelles arrivées. Le 20 juillet, le club normand a annoncé la signature de Franklin Wadja. Le footballeur camerounais de 26 ans, arrive du FC Lorient au sein duquel il a engrangé peu de temps de jeu ces deux dernières saisons. La deuxième recrue du mercato estival suscite sans doute plus d'enthousiame chez les supporters. L'international tunisien Ali Abdi, 27 ans, s'est engagé pour deux ans avec le Stade Malherbe. La saison passée, au Paris FC, il a marqué neuf buts et fait deux passes décisives.

QRM : le Petit Poucet pas encore prêt mais motivé

S'il y a bien un club normand qui a brillé la saison passée, c'est assurément Quevilly Rouen Métropole. Alors que les deux poids lourds ont terminé leur championnat dans la deuxième partie de tableau, le club de la métropole rouennaise a obtenu la montée en ligue 2, une ligue 2 qu'il avait côtoyé brièvement lors d'une seule saison (2017-2018). 

Et à entendre son entraîneur, Bruno Irles, il ne compte pas faire de la figuration. "Mon objectif c'est d'être performant en ligue 2", affirme le coach avant de reconnaître que "aujourd'hui, on n'a pas tous nos atouts".  Ce samedi, QRM entamera le championnat à l'extérieur à Dunkerque avec un effectif diminué - Ottman Dadoune et Sami Belkrachia sont tous deux blessés - et surtout incomplet.

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QRM : dernier entrainement avant le retour en ligue 2

Si Till Cissokho et Yann Boé-Kane ont récemment rejoint les jaune et or, Bruno Irles doit pour le moment piocher dans l'équipe de National 3 pour aligner 11 joueurs sur le terrain. "Contrairement au HAC et à Caen qui partent avec un effectif de 25 joueurs à affiner, nous on part d'un effectif de 10 joueurs qu'on a maintenu du groupe National et donc j'ai beaucoup plus de joueurs à faire venir."

On sera capable de performer dès samedi

Bruno Irles, entraîneur de QRM

Pas de quoi pour autant angoisser l'entraîneur. "Est ce que ça sera facile de prendre des points contre nous ? La réponse est non et vous pouvez compter sur nous, on l'a prouvé l'an dernier. Et l'écart avec la ligue 2 n'est pas si important donc on sera capable de performer dès samedi." Si l'écart est peu important d'un point de vue sportif, à en croire Bruno Irles, il n'en est pas forcément de même d'un point de vue financier en en termes de notoriété. Deux facteurs qui pèsent sur le mercato. "On est QRM, on arrive en ligue 2, les gens vous connaissent moins qu'Auxerre.

Bruno Irles veut se donner le temps. "Il vaut mieux être patient et avoir de bons joueurs. Je pourrais prendre tout de suite dix joueurs qui sont sur le marché, avec l'accord de ma direction, mais ça ne correspond pas à ce que je veux. Je suis exigeant sur les profils, sur ce que je souhaite pour être performant en ligue 2. Et s'il faut être patient, on sera patient."

Patient, il faudra également l'être avant de pouvoir jouer à la maison. Pour s'adapter notamment aux normes de la ligue 2, le stade Robert Diochon sera en travaux jusqu'à la fin de l'été. QRM jouera à "domicile" à d'Ornano. "J'ai fait mes débuts à d'Ornano en tant que joueur", rappelle Bruno Irles, "Je suis ravi d'y retourner."

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