Course à pied, vélo, natation : le sport est-il vraiment bon pour votre santé ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Marie Lorillec
Course à pied, vélo, natation : le sport est-il vraiment bon pour votre santé ? Joffrey Drigny, médecin du sport, répond à cette question et à d'autres idées reçues sur la pratique sportive.
Course à pied, vélo, natation : le sport est-il vraiment bon pour votre santé ? Joffrey Drigny, médecin du sport, répond à cette question et à d'autres idées reçues sur la pratique sportive. © ALEXIS SCIARD / MAXPPP

Courir est-il mauvais pour les articulations ? Après un certain âge, le sport est-il dangereux ? Y a-t-il un âge pour démarrer une activité physique ? Un médecin du sport répond à ces questions et s'attaque à quelques idées reçues.

Le sport est bon pour le cœur 

C'est vrai : "le sport est bon pour le cœur", explique Joffrey Drigny, médecin du sport, "La pratique régulière d’une activité physique va diminuer le risque de maladies cardiovasculaires, le risque de mortalité liée aux maladies cardiovasculaires et elle va diminuer aussi le risque de diabète, d'hypertension artérielle ou d'hyper cholestérolémie."

"Plus on pratique, plus les bénéfices sont importants.

Joffrey Drigny, médecin du sport

Cependant, deux types de public sont plus suivis que d'autres, précise le spécialiste : "les personnes qui ont déjà une maladie cardiovasculaire ou qui ont eu une maladie dans leur famille, celles qui présentent des facteurs de risque identifiés et aussi les sportifs qui ont une pratique d’activité physique très intensive comme les sportifs de très haut-niveau".
Mais en général on va garder en tête le fait que le sport est très bon pour le cœur et comme le disait un physiologiste suédois, il est plus urgent de recueillir un avis médical quand on prévoit de rester inactif, que quand on veut débuter une activité physique quand elle est d’intensité modérée.  

Le running est mauvais pour les articulations 

C’est faux. "Les cellules du cartilage et les cellules osseuses ont besoin d’être soumises à des contraintes pour se régénérer et avoir un tissu de bonne qualité" explique Joffrey Drigny, médecin du sport. "Contrairement à ce que l’on peut croire, le footing est plutôt bon pour les articulations. Les études tendent à démontrer que ceux qui pratiquent le footing de manière régulière sont moins sujets à développer de l’arthrose du genou que les gens qui sont sédentaires ou inactifs."

Par contre, chez ceux qui pratiquent le running en compétition, ce risque est légèrement augmenté. Mais il faut retenir que le jogging est bon pour les articulations, surtout si on fait attention à son choix de chaussures et si on court sur des surfaces variées.

Un bémol malgré tout : "si vous avez déjà des douleurs articulaires, je vous déconseillerais de démarrer l'activité physique par un sport traumatisant avec impact, comme la course à pied" précise le médecin.  

Une séance de sport par semaine, ca suffit 

C’est faux. "Les recommandations sont de 150 minutes d’activité physique par semaine, généralement par séance de 20/30/40 minutes" explique Joffrey Drigny. "Les études montrent que même avec une séance de 10 minutes, on a un impact sur la santé". Faire des séances de 10 minutes nous permet également de varier le type d’activité et d’avoir des bénéfices variés. "Je vous conseillerais plutôt d’éviter de faire de grosses séances longues qui, en plus, peuvent être traumatisantes".  

Le sport muscle le cerveau 

C’est vrai. "La pratique d'une activité physique augmente la vigilance et la mémoire de travail" rappelle Joffrey Drigny, médecin du sport. "Le sport améliore aussi l’estime de soi et il diminue le risque d’anxiété". 

Le sport diminue les risques d’accidents vasculaires cérébraux, le risque de démence, il y a aussi un bénéfice sur la santé mentale.

Joffrey Drigny, médecin du sport

 

Les sports de contact et les sports de combat avec des risques de commotion cérébrales peuvent avoir un impact négatif sur le cerveau, à long terme. Mais en général, les fédérations sportives tendent à encadrer ces pratiques.  

Le sport intensif est mauvais pour les enfants 

C’est faux. "Le sport intensif n’est pas mauvais pour les enfants. Le sport est même très bon pour les enfants car il développe ses capacités physiques. Il aide à une croissance harmonieuse et favorise le processus de socialisation."

Le sport intensif est-il mauvais pour les enfants ? ©France 3 Normandie

Pour tout cela, le sport est très bon pour les enfants. Cependant, chez les enfants qui pratiquent une activité physique intense, il va falloir être vigilant au stade de développement physiologique de l’enfant, pour qu’il ait atteint sa maturité. 

"On va éviter la sur-spécialisation des enfants trop tôt" précise le praticien, "c’est-à-dire le faire pratiquer qu’un seul type de sport puisque la récurrence des mouvements risque de développer des blessures. Il faut être vigilants et entourage familial ou sportif qui soit bienveillant pour le sportif.  "Chez les jeunes filles qui pratiquent des sports dont la performance est favorisée par la petite taille ou le faible poids, il faut être particulièrement vigilant sur le respect des fonctions physiologiques" explique le médecin. Il faut donc veiller à une bonne alimentation de la jeune athlète et à ce que son cycle menstruel ne soit pas perturbé.

La musculation, c’est pour les jeunes 

Faux. "La musculation c’est pour tout le monde. Si on écoute les recommandations internationales, le renforcement musculaire est indiqué pour les personnes de plus de 65 ans". 

Il ne s'agit pas de soulever de la fonte, la musculation revêt bien des aspects différents. Pour les aînés, des exercices musculaires sont proposés : "Ce sont des exercices de type de bande élastique, des exercices de coordination sur une jambe par exemple qui sollicitent les muscles et le système ostéoarticulaire" précise Joffrey Drigny, médecin du sport.  

Après un certain âge, le sport est dangereux

C’est faux. Le sport est bénéfique à n’importe quel âge quand il est pratiqué de manière raisonnée et régulière. Il a été démontré que, concernant la santé cardiovasculaire, les effets les plus importants de la pratique sportive touchent les plus de 65 ans.  

Il n’y a pas d’âge pour débuter le sport 

C’est vrai.
Pour les enfants, on est plus sur du sport ludique et un développement de la croissance plus harmonieux. Le sport joue aussi sur le processus de socialisation. Sans trop de contrainte, c’est vraiment le sport plaisir pour l’enfant. Chez l’adulte, on est plus sur l’amélioration de la condition physique, l’amélioration des capacités physiques et la prévention des maladies liées à l’inactivité physique (notamment les maladies cardiovasculaires).
La personne âgée, au-delà de tous les bénéfices sur la santé physique et mentale, il y a également un impact très bénéfique pour lutter contre la dépendance, maintenir l’autonomie et augmenter l’espérance de vie en bonne santé.  

Tous les sports sont mixtes

C’est vrai. "Tous les sports sont praticables par les femmes et par les hommes" rappelle Joffrey Drigny. 

"Au cours du 20 ème siècle, on a grandement évolué sur la parité et sur l’équité dans le sport. Il reste quelques exceptions comme la natation synchronisée ou la gymnastique rythmique qui, aux Jeux Olympiques, restent des sports féminins ou encore le décathlon qui reste un sport masculin. Il n’y a pas de raison physique puisque dans d’autres compétitions internationales, ces sports sont pratiqués par tous. Le principal c’est de pratiquer le sport qu’on souhaite, puisque c’est ça le gage d’une pratique régulière".   

Le sport fait maigrir

C’est vrai et faux.
"C’est vrai puisque globalement, dans les programmes de perte de poids, on va conseiller la pratique d’une activité physique régulière".
"En revanche, c’est faux dans le sens où la plupart des études ont tendance à montrer que l’effet de l’activité physique régulière sur la perte de poids est très léger" explique Joffrey Drigny, médecin du sport. "Quand vous pratiquez un sport, vous allez développer la masse musculaire, augmenter la dépense énergétique mais aussi augmenter la sensation de faim".

"La perte de poids ne doit pas être un critère pour évaluer l’efficacité d’un programme d’activité physique ou pour encourager à poursuivre cette activité".

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