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Le violoniste Jean-Luc Ponty de retour sous les pommiers de son pays natal

Jean-Luc Ponty sur la scène de la salle Marcel Hélie à Coutances : le violoniste a vécu jusqu'à l'âge de quinze ans à Avranches avant d'aller faire carrière aux Etats-Unis où il vit depuis plus de quarante ans. / © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normandie
Jean-Luc Ponty sur la scène de la salle Marcel Hélie à Coutances : le violoniste a vécu jusqu'à l'âge de quinze ans à Avranches avant d'aller faire carrière aux Etats-Unis où il vit depuis plus de quarante ans. / © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normandie

Aux Etats-Unis, le violoniste est considéré comme l'un des précurseurs du jazz-rock. Il a joué aux côtés de Franck Zappa, Elton John, Chick Corea, et bien d'autres. Jean-Luc Ponty se produisait à Coutances ce samedi soir, non loin d'Avranches où il vécut sa tendre enfance.

Par Pierre-Marie Puaud

Parfois, il se prend la tête dans les mains, quand un mot se refuse à lui, quand son français se dérobe. "Ah non, il faut que je retrouve ma langue natale " marmone-t-il, un peu irrité. Jean-Luc Ponty vit sous le soleil de la Californbie depuis plus de quarante ans. "J'ai du mal à trouver le mot juste en français". Et soudain, la phrase se libère. Il y est question de ses rêves de gosse, et de son destin véritablement hors du commun.

Le jazz ? Un accident...

Jean-Luc Ponty est né à Avranches. C'est là qu'il a commencé à apprendre la musique avec son père. Du violon, du piano, de la clarinette. L'enfant est doué. Il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique à Paris. Étrangement, c'est dans ce qui est alors un temple de la musique classique qu'il découvre le jazz. "Un accident" dit-il "Des copains étudiants cherchaient un clarinetiste capable d'improviser pour jouer dans des fêtes, dans des clubs. Je ne savais même pas ce qu'était le jazz. J'y suis allé. J'ai adoré. Mais le lundi matin, je retournais jouer Mozart".

Jean-Luc Ponty au festival Jazz sous les Pommiers, à Coutances / © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normanie
Jean-Luc Ponty au festival Jazz sous les Pommiers, à Coutances / © Pierre-Marie Puaud / France 3 Normanie


Et puis un beau jour, Jean-Luc Ponty n'a pas sa clarinette sous la main. Il s'empare du violon pour s'essayer à l'improvisation. Il s'en souvient encore. "Ce fut une révélation, une passion". À l'époque, jouer du jazz avec un violon paraît incongru. Mais c'est ce qui va distinguer l'audacieux Jean-Luc. Il entame une carrière en solo, assez loin du Conservatoire, aux côtés d'autres musiciens défricheurs comme Eddy Louis et Daniel Humair.  En 1967, il croise John Lewis du Modern Jazz Quartet. La rencontre est déterminante. Jean-Luc Ponty largue les amarres. Il part s'installer aux Etats-Unis avec femme et enfants.

L'enfant d'Avranches, star américaine du jazz d'avant-garde


La musique c'est métaphysique. On arrive à créer des choses ensemble, en même temps, sans se parler. C'est le cas avec des gens de talent. Et moi, j'essaye simplement d'être à la hauteur


Le violoniste originaire d'Avranches intègre alors Mothers of Inventions, le groupe de Franck Zappa. Il joue aussi avec John McLaughlin, Chick Corea, Elton John. Il enchaîne les albums solo, les tournées. Mais il s'éloigne de sa terre natale. La France le demande peu. "D'abord, j'étais étiqueté rock. J'ai finalement peu joué dans les festivals de jazz. Et puis il y avait peut-être une part de jalousie. J'étais celui qui avait réussi aux Etats-Unis".

Extrait du concert de Jean-Luc Ponty avec Biréli Lagrène et Kyle Eastwood


Sur la scène de la salle Marcel Hélie, Jean-Luc Ponty joue avec le guitariste virtuose Biréli Lagrène et le contrebassiste Kyle Eastwood. "La musique c'est métaphysique. On arrive à créer des choses ensemble, en même temps, sans se parler. C'est le cas avec des gens de talent. Et moi, j'essaye simplement d'être à la hauteur". Mais ce concert, le premier de la tournée, a une saveur particulière pour le violoniste qui a pris un pied à terre à Paris afin de se rapprocher de la France. Il a toujours quelques connaissances à Avranches, des attaches, des racines. "Jouer dans la région natale, cela donne des émotions, ça ravive des souvenirs..."

Reportage de Thierry Cléon, Carole Lefrançois et Stéphanie Lemaire

 

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