Covid en Normandie : "Une tendance à l'amélioration mais lente et réversible"

Comme au niveau national, l'épidémie de covid-19 ralentit en Normandie. Mais cette tendance est fragile, rappelle l'Agence Réginale de Santé, qui annonce une accélération de la campagne de vaccination au mois de mai.

© Vaccin Covid Franck Dubray PHOTOPQR OUEST FRANCE MAXPPP

Si la tendance est à l'éclaircie sur le font épidémique, le bout du tunnel est encore loin. C'est en substance ce qu'à indiqué ce vendredi 7 mai Thomas Deroche, le directeur de l'Agence Régional de Santé de Normandie. La baisse du taux d'incidence observée en début de semaine se confirme ce vendredi avec une moyenne régionale de 218 cas sur 100 000 habitants contre 229 mardi dernier. Si cette baisse concerne tous les départements, d'importantes disparités demeurent, entre la Seine-Maritime à 255 cas et l'Orne et la Manche, tous deux sous la barre des 200. "Il faut quand même souligner que d'être à 218 cas pour 100 000 habitants, ça reste élevé en terme épidémique", temporise Thomas Deroche.

Autre motif de satisfaction, la diminution de la tension hospitalière "après trois semaines de niveau records avec 220 à 230 patients en réanimation". Depuis une semaine, le nombre de patients hospitalisés et de patients en réanimation baisse : 1392 personnes sont hospitalisées pour covid aujourd'hui contre 1467 mardi dernier, 191 personnes sont actuellement réanimation contre 221 trois jours plus tôt.

Facteur d'espoir

Des chiffres encourageants mais "ça reste un nombre très élevé, supérieur aux records antérieurs qu'on avait eus dans les vagues précédentes." Cette tension hospitalière retarde "la reprise des activités courantes" des hôpitaux et pèse sur les ressources humaines, "un point de tension majeur". Le CHU de Rouen est ainsi l'un des établissements "priorisés" par la réserve sanitaire national qui lui a fourni cette semaine en renfort sept infirmiers et cinq aides-soignants. "Ce qui est facteur d'espoir c'est qu'on a une pression sur les entrées en hospitalisation pour covid qui diminue parallèlement aux sorties qui s'entensifient."

La prudence est d'autant plus de mise que "avec les jours fériés, le retour des beaux jours et la diminution des mesures de freinage (le déconfinement), toutes les conditions sont réunies pour que les gens se retrouvent". Et se contaminent. L'ARS rappelle donc l'importance du dépistage, "un sujet de mobilisation et de responsabilisation collective". Selon Benoît Cottrel, médecin responsable de l'ARS, on recense aujourd'hui près de 50% de cas assymptomatiques "contre 20% au début de l'épidémie". Au moindre doute, il est vivement conseillé de se faire tester. "Les signes de la Covid peuvent être très minimes : un simple rhume à cette époque, une fatigue, des courbatures, des maux de tête inhabituels doivent alerter."

L'Agence Régionale de Santé note qu'aujourd'hui plus de la moitié des clusters sont localisés en milieu professionnel (69 sur 121 en Normandie). "C'est peut-être l'illustration d'une tendance à un relachement et à un respect moindre des gestes barrières", estime Thomas Deroche, qui rappelle que si la tendance est à l'amélioration, d'un point de vue épidémique, celle-ci est "lente et susceptible de revirements."

Vaccins pour tous ?

L'autre arme pour contrer l'épidémie, c'est la vaccination. Dans ce domaine, la Normandie semble faire figure de bonne élève avec des chiffres supérieurs à la moyenne française. "13,03% de la population normande est aujourd'hui totalement vaccinée (430 449 personnes) là où en France on est à moins de 12%." Plus de 80% des plus de 75 ans ont au moins reçu une injection. Ce jeudi 6 mai, la région a battu son record de vaccination avec 31 867 injections en une journée. Les autorités sanitaires comptent accélérer le rythme avec un objectif de 35 800 injections par jour au mois de mai et de 45 000 au mois de juin.

Pour y parvenir, l'ARS dit travailler à l'organisations des centres de vaccination pour "réussir à proposer des rendez-vous tous les jours de la semaine et parfois à des horaires décalées adaptées à une population qui travaille". Car, comme l'a annoncé ce jeudi le président de la République, la vaccination sera ouverte aux plus de 50 ans à partir de ce lundi 10 mai et des rendez-vous pris la veille pour le lendemain seront accessibles aux plus de 18 ans à partir du mercredi 12 mai. "La prise de rendez-vous s'effectuera en fin d'après-midi", indique Thomas Deroche, "mais les doses restent prioritairement attribuées aux plus de 50 ans". Selon le directeur de l'ARS, ces créneaux disponibles aux plus de 18 ans à partir du 12 mai seraient au nombre de 10 000 sur les 600 000 injections effectuées chaque jour au niveau national. La vaccination pour tous (les majeurs), ce sera le 15 juin.

37 centres le jeudi de l'Ascension

L'Agence Régionale de Santé veut également profiter des jours fériés et des ponts pour intensifier la campagne de vaccination. Ce weekend, 36 centres seront ouverts ce samedi 8 mai et 20 ce dimanche 9 mai. "La semaine de l'Ascension sera une semaine très importante sur le front de la vaccination", prévient Thomas Deroche, qui promet "un maximum de centres ouverts et un maximum d'opérations mobiles avec plus de vaccins et des opérations en entreprise". Pour le seul jeudi de l'Ascension, le 13 mai, 37 centres seront opérationnels dans la région.

 

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