Deux véhicules ont été retrouvés brûlés, à Houetteville et à Gauville-le-Campagne, dans l'Eure, à quelques kilomètres du péage d'Incarville où a eu lieu l'attaque mortelle d'un fourgon pénitentiaire, mardi 14 mai, informe la procureure de Paris.

Deux véhicules ont été retrouvés incendiés, mardi 14 mai, à quelques kilomètres du péage d'Incarville (Eure), où a eu lieu dans la matinée l'attaque mortelle d'un fourgon pénitentiaire permettant l'évasion d'un détenu.

Les deux véhicules brûlés ont été retrouvés à Houetteville et à Gauville-le-Campagne, deux communes de l'Eure situées à quelques kilomètres au sud du péage d'Incarville, sur la route d'Évreux, a informé la procureure de Paris, Laure Beccuau, en conférence de presse, mardi 14 mai dans la soirée.

Deux agents pénitentiaires sont morts et trois autres ont été blessés dans l'attaque.

Deux voitures brûlées

La procureure de Paris a indiqué que deux véhicules ont été utilisés lors de l'attaque du convoi pénitentiaire au péage d'Incarville : une voiture bélier et une autre suivant le fourgon pénitentiaire. Les assaillants ont tenté d'incendier la voiture bélier, sans y parvenir, avant de prendre la fuite dans l'autre voiture. Cette deuxième voiture fait partie des deux véhicules brûlés retrouvés.

"Ces véhicules font actuellement l'objet de tous les prélèvements et toutes les recherches nécessaires", a déclaré Laure Beccuau. "L'ensemble des laboratoires de police scientifique et technique seront mobilisés", a-t-elle précisé.

Le détenu évadé, Mohamed Amra, 30 ans, a pris la fuite avec les assaillants. Mohamed Amra est impliqué dans des trafics de stupéfiants et est soupçonné d'avoir commandité des meurtres liés à ces trafics, selon une source jointe par l'AFP.

L'évadé condamné 13 fois

Dans un communiqué, Laure Beccuau a d'abord indiqué que Mohamed Amra avait "été condamné à de multiples reprises, pour des vols aggravés et une extorsion". Elle a détaillé lors de sa conférence de presse, mardi, le casier judiciaire de l'évadé, informant qu'il "porte mention de 13 condamnations, la première en octobre 2009, alors qu'il était âgé de 15 ans".

Détenu depuis janvier 2022, Mohamed Amra était actuellement incarcéré "à la maison d'arrêt d'Evreux en exécution de plusieurs peines : trois mois d'emprisonnement prononcés le 14 avril 2020 par le tribunal correctionnel d'Evreux pour rodéos motorisés" ; "trois ans d'emprisonnement prononcés le 5 janvier 2022 par la cour d'appel de Rouen" pour plusieurs infractions dont association de malfaiteurs criminelle, extorsion, vol par effraction et violence avec arme ; mais aussi "18 mois d'emprisonnement prononcés le 7 mai par le tribunal correctionnel d'Evreux pour vol par effraction aggravée", a informé la procureure de Paris.

Meurtre et tentative d'assassinat

Dans ce dernier dossier, la procureure a précisé que Mohamed Amra était déjà en détention provisoire depuis avril 2023. La magistrate a ajouté qu'il était aussi provisoirement détenu depuis janvier 2022 dans un dossier instruit à Rouen pour une tentative d'assassinat à Saint-Étienne du Rouvray (Seine-Maritime).

Une autre mesure de détention provisoire avait été ordonnée en septembre 2023 dans un dossier instruit à Marseille pour meurtre en bande organisée. "Ces faits auraient notamment été commis à Aubagne (Bouches-du-Rhône)", a précisé la procureure de Paris.