Colère des agriculteurs : pourquoi le blocage de l'A13 se poursuit dans l'Eure

Le mouvement de colère des agriculteurs se poursuit, ce samedi 27 janvier. Si la plupart des barrages ont été levés après les annonces du gouvernement, plusieurs actions ont été menées, dans la Manche mais aussi sur l'A13, à hauteur de Gaillon (Eure).

Les propositions du Premier ministre, Gabriel Attal, n'ont pas apaisé la colère des agriculteurs. Ce midi, sur l'A13, entre les sorties 16 (Douains) et 17 (St-Aubin-sur-Gaillon), ils étaient encore une quinzaine, non syndiqués, à faire entendre leurs revendications. Une action qui doit se prolonger jusqu'à 15h dimanche, s'interrompre brièvement puis reprendre dès 9h30 lundi 29 janvier.

"On ne demande pas un pansement, mais un changement"

Ce vendredi 26 janvier, le Premier ministre, Gabriel Attal, accompagné du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, a annoncé dix mesures visant à simplifier "drastiquement" les procédures des agriculteurs, qui dénoncent des imbroglios administratifs qui nuisent à leurs revenus.

Mais ces nouvelles mesures sont insuffisantes, pour Jérôme Canival, cultivateur à Surtauville, près de Louviers (Eure), présent aux premières heures d'un mouvement qui réunit désormais plus de 200 agriculteurs du département. "Il y a eu très peu de choses de données", a-t-il estimé.

Quand vous vous levez le matin, vous savez combien vous allez gagner à la fin du mois. Moi, j'aimerais bien savoir déjà ce que je vais gagner à la fin de ma journée, et si je pourrai nourrir mes enfants demain.

Jérôme Canival, exploitant agricole

à France 3 Normandie

Citant l'une des promesses du gouvernement (une injection de 50 millions d'euros dédiés à soutenir la filière bio), l'exploitant a déclaré : "cela ne représente que 1 000 euros par agriculteur. Est-ce que ça va changer le marasme des agriculteurs en bio ? On ne demande pas un pansement, on demande un réel changement."

"On demande que des choses soient faites pour que les agriculteurs puissent vivre décemment de leur métier", a ajouté Jérôme Canival. "Qu'ils puissent se lever le matin fiers de travailler. Quand vous avez un caddie de 100 euros d'alimentaire, et que sur les 100 euros, il y a 6,50 euros qui reviennent à l'agriculteur... Je suis désolé de vous dire qu'on est plus que volé."

D'autres actions menées en Normandie

Afin de ne pas empêcher les automobilistes de se rendre ou de revenir du travail, les agriculteurs ont choisi de ne pas bloquer l'autoroute aux heures de pointe. L'A13 est donc fermée dans les deux sens de circulation entre Gaillon et Vernon durant le blocage. Elle reste ouverte normalement entre 6h30 et 9h30 et 17h30 et 20h30.

D'autres actions ont lieu en parallèle ailleurs en Normandie. À Avranches (Manche), les entrées du supermarché E.Leclerc ont été bloquées en fin de matinée par plusieurs dizaines d'exploitants et leurs tracteurs.

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Blocage d'un supermarché à Avranches. Images de T. Cléon. ©France 3 Normandie

La FNSEA et les Jeunes agriculteurs de la Manche ont également mené, dans la matinée, une action conjointe au E.Leclerc de Coutances, afin de dénoncer la concurrence déloyale des produits importés.

Du côté de Bernay (Eure), enfin, des agriculteurs se sont réunis devant l'enseigne Intermarché, aux côtés de la Coordination rurale de l'Eure.