Deux habitantes du Vaudreuil, dans l'Eure, bientôt reconnues "Justes parmi les nations"

Deux habitantes du Vaudreuil (Eure) ont caché et protégé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’un d’entre eux a fait les démarches pour qu’elles soient reconnues "Justes parmi les nations".

"Elle a comblé tout ce qui me manquait, elle a tout fait pour que je sois heureux". C’est encore avec beaucoup d’émotion que Michel Frucht parle de Marie Constantin, la femme qui l’a caché des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Ses parents Saül et Hode Frucht s’étaient réfugiés au Vaudreuil (Eure). De confession juive, ils sont arrêtés, déportés puis gazés à Auschwitz. Leurs trois enfants, Denise, Mireille et Michel sont alors recueillis par Marie Constantin et Sœur Jeanne Kreutzer. La religieuse prendra soin de ses deux sœurs dans son école privée Notre-Dame du Vaudreuil. Michel sera, lui, élevé par Marie Constantin.

"Tout le monde savait qu’ils étaient juifs"

Le maire du village, Bernard Leroy, a organisé une cérémonie dimanche 28 mai 2023 pour mettre à l'honneur le comportement exemplaire de ces deux femmes. Au-delà de leur courage, l’édile précise que tout le village savait que ces enfants étaient juifs mais que "personne n’a jamais rien dit".

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Deux habitantes du Vaudreuil (Eure) ont caché et protégé des enfants juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’un d’entre eux a fait les démarches pour qu’elles soient reconnues « Justes parmi les nations ». ©France 3 Normandie

Michel Frucht sera bien évidemment présent ce week-end aux côtés d’un ancien camarade de classe : Hubert Drouet, président du Souvenir français : "Michel m’a contacté il y a quelques années pour que j’apporte mon témoignage. D’autres amis l’ont également fait et ça a permis de constituer un dossier pour l’Etat d’Israël", explique le nonagénaire. 

Honorées à titre posthume

Le titre de "Juste parmi les Nations" peut être décerné lorsque les informations disponibles, basées sur le témoignage d’un survivant ou sur des documents divers, démontrent clairement qu’une personne non-juive a risqué sa vie, sa liberté et sa sécurité pour sauver un ou plusieurs Juifs de la mort ou de la déportation, et ce sans demander aucune compensation de quelque nature que ce soit en contrepartie. Ces conditions s’appliquent également aux personnes décédées.

Les deux femmes sont désormais décédées mais ce sont leurs proches qui recevront ce diplôme et cette médaille. Les noms de Marie Constantin et Jeanne Kreutzer s’ajouteront aux 20 "Justes parmi les nations" déjà recensés dans le département de l’Eure. Ils seront inscrits sur le mur d’honneur, dans le Jardin des Justes, à Jérusalem.