Barrage sur l'autoroute A13 : le préfet de l'Eure condamne une "action irresponsable" et saisit le procureur

L'irruption de militants qui ont jeté des branchages sur l'autoroute pour bloquer les voitures aura des suites judiciaires. Le préfet de l'Eure saisit la justice. Il souligne aussi que le maintien de l'ordre a été rendu plus difficile par la suspension de la décision d'utiliser des drones.

"Trouble grave à l'ordre public", "action irresponsable", "agissements inacceptables", le préfet de l'Eure a souhaité revenir dans un communiqué sur l'action militante de dimanche 7 mai contre le futur contournement Est de Rouen.

Vers 16 heures, l'A13 a été envahie par environ 200 manifestants chargés de branchages qu'ils ont jetés sur l'autoroute. Les voitures ont été bloquées dans les deux sens. Il n'y a pas eu d'accident, mais un enfant à bord d'un véhicule qui faisait une crise de tétanie a dû être évacué. 

Simon Babre, représentant de 'Etat dans l'Eure a saisi le parquet d'Evreux. 

"Le préfet de l’Eure, qui condamne avec force cette action irresponsable et ces agissements inacceptables, a saisi le Parquet d’Évreux dans le cadre de l’article 40 du code de procédure pénale pour que des suites judiciaires puissent être diligentées sous l’autorité du Procureur de la République."

Préfecture de l'Eure, lundi 8 mai 2023

Le préfet revient aussi sur la décision du tribunal administratif (5 mai 2023) concernant sa demande de pouvoir utiliser des drones.

Le rassemblement contre la construction du contournement Est de Rouen était présenté comme un festival  familial et aussi un "camp action".  Le juge avait suspendu l'arrêté préfectoral sur les drones.  

"Il résulte cependant de l'instruction (...) que ce festival se présente comme familial",  avait souligné le juge. "La seule circonstance qu'il soit co-organisé par le collectif "les soulèvements de la terre" (...) ne suffit pas à caractériser la possibilité de survenue de troubles graves à l'ordre public", avait estimé le juge, propos rapportés par l'AFP. 

Des trous, filins, clous dans la forêt de Bord

Le préfet de l'Eure explique que dans la forêt qui longe l'autoroute des "atteintes" ont été faites.  Il décrit des obstacles et des trous qui présentent un danger pour les agents de l'office national des forêts. 

"Des manifestants ont piégé et procédé à de nombreuses atteintes sur les arbres, notamment en y plantant des clous, les rendant impropres à toute exploitation. De même, des trous creusés en forêt, ainsi que des filins et autres entraves installés entre les arbres constituent un danger pour les agents de l’ONF, les exploitants et l’ensemble des usagers de la forêt. Un bilan des dégâts sera rapidement dressé."

Préfecture de l'Eure, 8 mai 2023

Des actions "en marge du festival -des bâtons dans les routes"

Le festival "des bâtons dans les routes" était porté par le collectif "Non à l’A133-A134", le mouvement "les soulèvements de la Terre" et "les Naturalistes des terres".

Il avait comme objectif d'alerter sur les dommages sur la faune et la flore de la construction du contournement Est de Rouen. 

Le festival avait dressé son chapiteau à quelques kilomètres de l'A13. Guillaume Grima, membre de l'association "effet de serre toi-même" et du collectif  "Non à l’A133-A134" explique que l'irruption sur l'autoroute s'est tenue "en marge du festival".

Il précise qu'il a eu connaissance que des marques ont pu être faites sur les arbres lors de marches naturalistes en forêt pour éviter que des arbres ne soient abattus. 

L'écologiste estime que le communiqué du préfet de l'Eure est une "mauvaise réaction". Concernant, l'irruption d'activistes sur l'A13, il ne la condamne pas. "Ils ont d'autres modes d'action, une culture plus radicale au vu de l'urgence climatique". 

Le festival s'est achevé par une assemblée générale ce 8 mai. Guillaume Grima annonce que la collaboration entre les mouvements et associations va continuer pour dénoncer le projet de 2 fois deux voies autoroutière payante.

Les écologistes proposent une alternative avec des liaisons en train.