Non respect des consignes de sécurité : les Ehpad d’Évreux durcissent les modalités des visites

Le centre hospitalier Eure-Seine a décidé de revenir aux mesures instaurées au début du déconfinement. Dans ses Ehpad, à Évreux, il a remis en place les visites programmées. Depuis le 1er juillet, pour protéger les résidents du Covid 19, les rencontres sont, de nouveau, supervisées.    

Evelyne CORTESE visite sa sœur de 83 ans, résidente à l'Ehpad Saint-Michel, à Évreux, dans l'espace désormais dédié aux rencontres.
Evelyne CORTESE visite sa sœur de 83 ans, résidente à l'Ehpad Saint-Michel, à Évreux, dans l'espace désormais dédié aux rencontres. © France 3 Normandie
Évelyne désinfecte ses mains, confirme son rendez-vous, remplit un formulaire, puis patiente dans la salle d’entrée. Elle n’est plus autorisée à entrer dans la chambre de sa grande sœur. Elle doit attendre qu’un professionnel de santé conduise son ainée jusqu’à l’espace de rencontres. À l’Ehpad Saint-Michel (Établissement Hospitalier Pour Personnes Âgées Dépendantes), toutes les visites se déroulent désormais dans cet espace délimité par des paravents. Sans contact, la famille s’assoit autour d’une grande table, face à son parent. Depuis le 1er juillet, c’est le retour d’un protocole restrictif…
 

« C’est difficile, surtout pour les personnes âgées. Elles aiment bien avoir beaucoup de visites. Là, c’est très court, c’est réduit. On n’a pas le temps de discuter. Ça dure une demi-heure. C’est difficile. Pour prendre un rendez-vous, il faut toujours attendre 15 jours ou 3 semaines et pendant ce temps-là, on ne peut pas les voir. »

Evelyne CORTESE, sœur d’une résidente  de l'Ehpad Saint-Michel, à Évreux

Le comportement des visiteurs est en cause

Demande de rendez-vous : au moins 3 jours à l’avance. Délai de la visite : 30 minutes maximum. Impossible de proposer une durée plus longue, explique l’établissement. Il faut limiter les entrées afin d’empêcher le virus du Covid 19 de pénétrer dans la structure. Seule une visite est donc autorisée dans tout le bâtiment, toutes les 45 minutes. Les entretiens se succèdent autour de la même table. Cela permet aux équipes de contrôler le respect des gestes barrières. Tous les Ehpad du Centre hospitalier d’Évreux ont décidé de réinstaurer les visites programmées, face au non-respect de ces gestes barrières. Les visiteurs s’étant relâchés.  
 

« Dans les chambres, on a surpris des visiteurs qui avaient retiré leurs masques et qui ne respectaient pas du tout les gestes barrières. »

Cécile PLATEL, cadre santé à l’Ehpad Saint-Michel

« On comprend bien la difficulté pour les familles de respecter ces gestes barrières dans l’intimité d’une visite en chambre et cette envie d’étreindre ou d’embrasser son proche, néanmoins, ça inclut un facteur risque important pour nos résidents qui sont des personnes âgées fragiles et vulnérables. »

Nadège CHICHIGNOUD, cadre de pôle gériatrie au CH Eure-Seine


Le centre hospitalier d’Eure-Seine prévient : il ne tolèrera aucun manquement.
 

« Tout manquement constaté aux nécessaires mesures barrières lors des visites conduirait immédiatement à la fin de la visite en cours. »

Direction du Centre Hospitalier Eure-Seine

Compréhensifs, les résidents vivent mal ce durcissement

La joie de vivre d’Elise BREVAL s’efface quand elle pense à la période de confinement. Le retour des visites, de nouveau, programmées et encadrées fait remonter de douloureux souvenirs. Les larmes aux yeux, à 85 ans, elle raconte comme son isolement a été difficile. Ne pas voir ses enfants a été très douloureux.

 

« C’était très difficile de ne pas voir sa famille, les petits enfants, les enfants. »

Elise BREVAL, 85 ans, résidente de l’Ehpad Saint-Michel  


La Normandie, un cas à part  

Le Centre hospitalier Eure-Seine justifie la rigueur de ces mesures par la situation particulière de la Normandie. Partout dans le monde, le virus Covid 19 est encore actif. Les autorités sanitaires craignent donc une reprise de l’épidémie. La cellule de crise du CH Eure-Seine rappelle qu’en Normandie, le taux de reproduction Ro – correspondant au nombre moyen de personnes qu’une personne malade va contaminer – était récemment passé au rouge. Le seuil d’alerte fixé à 1,5 avait atteint 1,72.
La vigilance est donc accrue à Évreux, où, le nouveau coranavirus s’était déjà développé dans plusieurs Ehpad du secteur.
 

« Effectivement, dans l’Ehpad Auguste Ridou, nous avons eu des cas documentés. Il y a effectivement eu cette situation difficile, pour certains de nos résidents. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il n’y a aucun cas documenté sur l’Ehpad Auguste Ridou.»

Nadège CHICHIGNOUD, cadre de pôle gériatrie au CH Eure-Seine

 

« Il y a des cas à Rouen, Verno et Pacy-sur-Eure, cela commence à Breteuil, Verneuil et il y en aura dans les jours à venir, à Évreux ».

Guy LEFRAND, médecin et maire LR d’Évreux

Ces mesures sont en place jusqu’à nouvel ordre. Entre deux rendez-vous, les familles sont invitées à utiliser des systèmes d’appels vidéo.
 
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