Un mois après l'attaque du fourgon pénitentiaire à Incarville, le point sur l'enquête

Deux agents pénitentiaires ont été tués en mission le mardi 14 mai lors de l’attaque de leur fourgon au péage d’Incarville, dans l’Eure. Un mois plus tard, un accord a été signé avec l'administration pénitentiaire pour renforcer la sécurité des agents. Le fugitif, Mohammed Amara et les membres du commando restent activement recherchés.

"Leur mort ne restera pas impunie", a martelé le Premier ministre Gabriel Attal, le 22 mai dernier dans l'ancienne prison de Caen lors de l'hommage national à Fabrice Moello et Arnaud Garcia. Les deux agents pénitentiaires ont été assassinés le 14 mai par un commando armé au péage d'Incarville (Eure). Ils escortaient un prisonnier multirécidiviste et dangereux, Mohamed Amra, dans le cadre d'une mission d'extraction.

Mais un mois plus tard, de nombreuses interrogations demeurent en suspens : les enquêteurs sont-ils sur le point de retrouver le fugitif et ses complices ? Où en est l'accord que réclament les syndicats de l'administration pénitentiaire pour renforcer leurs conditions de travail ?

Un accord pour renforcer la sécurité des agents

Un protocole d'accord relatif à la sécurité des agents pénitentiaires a été signé entre le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti et l'Intersyndicale de l'administration pénitentiaire, jeudi 13 juin. Il fait suite à un relevé de décisions, prévoyant "la sécurisation des véhicules, de l’évolution des matériels et de l’armement", des agents assurant les transferts pénitentiaires.

Selon Wilfried Fonck, secrétaire national UFAP, "il faut aller au-delà d'une simple rustine". "Les décisions qui ont été actées (...) sont réclamées par les organsiations syndicales et les personnels depuis dix ans. Il aura fallu la mort de deux collègues et trois bléssés grièvement pour mettre en place des choses qui tombaient sous le bon sens", explique-t-il au micro de France Bleu Normandie, ce vendredi.

Il faut replacer les personnels au centre de la prise en charge, et non pas celle des détenus.

Wilfried Fonck, secrétaire national UFAP

Autre mesure défendue par le garde des Sceaux : l'accélération du déploiement des dispositifs de brouillage des téléphones en détention et de dispositifs anti-drones, "pour passer de 18 à 38 établissements équipés de brouilleurs entre 2024 et 2025 et de 38 à 90 dispositifs anti-drones sur la même période".

"Nous ne sommes ni satisfaits, ni soulagés, parce que nous savons mlaheuresement que ce relevé de décisions ne résoudra pas la crise que le milieu carcéral traverse. Il faut replacer les personnels au centre de la prise en charge, et non pas celle des détenus", répond Wilfried Fonck. 

Où est Mohamed Amra ?

La question se pose. Un mois après son évasion meurtrière, Mohamed Amra et ses complices sont toujours activement recherchés par les forces de l'ordre. Et ce malgré la multiplication des signalements, en grande majorité localisés en Normandie, qui se sont avérés infructueux.

"Il y a plusieurs centaines d'enquêteurs et le Parquet de Paris mobilisés pour qu'on le retrouve. On le doit à la justice, aux familles et l'administration pénitentiaire que je vais rencontrer cet après-midi", a déclaré Éric Dupond-Moretti hier, interrogé par Pauline de Malherbe sur le plateau de BFM.

Il y a plusieurs centaines d'enquêteurs et le Parquet de Paris mobilisés pour qu'on le retrouve.

Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice

Au lendemain de l'attaque, Interpol a émis une notice rouge pour retrouver la trace du suspect de 30 ans, aussi surnommé "La Mouche". Une volonté partagée par le Premier ministre qui s'était directement adressé aux fugitifs lors de l'hommage national : "Aux criminels, lâches et odieux, ne dormez pas tranquille, nous vous traquerons, nous vous trouverons et vous punirons. Le glaive de la justice ne faiblira pas".

Depuis, la révélation des écoutes de la cellule de Mohamed Amra a mis en évidence sa personnalité manipulatrice et son implication dans des affaires de narcotrafic. En 2022 à Marseille, il aurait notamment commandité, depuis sa cellule, la séquestration et l'assassinat d'un rival, dont le corps a été retrouvé carbonisé dans une voiture.

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